A gauche du spectateur
LA VIERGE GLORIEUSE
Christ1. » Raphaël, il est vrai, ne se représentait pas S* Paul sous cet extérieur peu relevé que l’apôtre luimême avoue dans sa deuxième aux Corinthiens : Prœsentia corporis infirma ’. Il tâchait de concevoir une image qui répondit à ce puissant esprit. La peinture ne disposant que des formes extérieures, comment rendre aux yeux, autrement que par des lignes hardies, simples, austères, la grandeur morale de « cet homme vraiment digne du troisième ciel’? » Il fallait chercher la beauté de la doctrine dans la beauté du type, et Raphaël l’a trouvée avec un bonheur de conception digne en tout de son modèle. — Du côté opposé, S'° Marie-Madeleine s’avance également sur le premier plan à la gauche de S" Cécile et en face de S* Paul. Le corps vu de profil à gauche* et la tête tournée de trois quarts vers le spectateur, elle tient de ses deux mains le vase mystérieux où brûle le parfum de l’éternel amour. Ses traits sont de la plus grande beauté. Le voile qui descend des cheveux sur les épaules et jusque sur la poitrine, la robe rose et la tunique lilas virant au bleu et au blanc, s’arrangent avec élégance sur toute la figure. « Dans le commerce de l’homme, dit Philon, les
I. Bossuet, Panégyrique de S‘ Paul, t. XVI, p. 255. î. II Cor., x, 10.