Un aigle noir est aux pieds de l’évangéliste
3. Ce S* Jean porte la main gauche à sa poitrine. On ne voit que sa tête et le bout de sa tunique qui est d’un gris lilas.
4. S1 Augustin, dont la tête nue est vue de profil à gauche, est vêtu d’une chape dorée. On ne voit que le haut de sa figure. Il tient de la main droiio une crosse d’or, et lève la main gauche en signe de l’admiration qu’il éprouve en écoutant la parole de S1 Jean.
LA VIERGE GLORIEUSE. 589
est parfait lorsqu’il plaît h son ouvrier '. » Dieu, après avoir créé un tel homme, le devait aimer particulièrement. Raphaël, qui avait peint déjà* et qui devait peindre encore1 * 3 de si beaux S's Jean, a donné, dans ce tableau, une des plus touchantes images qu’il soit possible d’imaginer du disciple favori de Jésus.
La Sainte Cécile de Bologne est au nombre des œuvres que l’admiration universelle a consacrées du nom de divines. Raphaël, dans toutes les parties de ce chefd’œuvre, a trouvé par delà les lignes savantes de l’art je ne sais quoi de grand qui émeut et subjugue. C’est l’idéal, ou plutôt c’est un fragment de l’idéal ; car l’idéal lui-même, nous le poursuivons sans cesse sans pouvoir l’atteindre jamais. L’idée de l’incomplet est inséparable de l’homme. Toutes les belles figures du tableau qui nous occupe, si vivantes par l’esprit, n’en appartiennent pas moins à la terre ; l’émotion qui les soulève est contenue dans des cœurs mortels, et toujours il s’y mêle comme une triste saveur, quelque chose qui ressemble à de la douleur et qui même est bien près des larmes. « Dans le ciel, dit l’Écriture, on n’aura plus besoin de flambeau. » Sur la terre, on
1. Iloc est perfeclum quod nrlifici suo placel. (De Genes. contra Manich., lib. I, cap. vin, n. 13; t. I, col. 650.)
S. Notamment dans le Couronnement de la Vierge (V. t. Il du présent ouvrage, p. 565 et 580), et dans la Mise au tombeau (Md. p. 467).
3. Dans le üpnsimo (V. t. Il, p. 289) et dans la Transfiguration.
a beau s’entourer de lumières, jamais l'obscurité ne se dissipe complètement