Matth., xi
9î LES VIERGES DE RAPHAËL.
trouvé aussi debout et entourant la Vierge de ses bras. — La même feuille des dessins de la collection de Windsor où nous avons vu tout à l’heure la première ébauche de l’une de ces Madones, nous présente en même temps le germe de l’autre. Déjà, d’un trait de plume, l’enfant Jésus est indiqué tel qu’il sera dans le tableau. — Un autre dessin, plus arrêté, se trouve à Vienne dans la collection de l’archiduc; il montre le mouvement plus juste des deux figures et leur enlacement presque définitif. — Vient enfin le tableau dans lequel la Vierge et le Sauveur se pressent l’un contre l’autre avec un mutuel amour. Alors on se rappelle l’homélie de S1 Amédée : « Elle (la Vierge) portait Celui qui porte l’univers; elle allaitait un Fils qui comble toutes les créatures de ses dons... Sur ses épaules s’appuyait Celui qui meut tous les êtres de sa vertu; dans ses bras, sur son sein, reposait Celui qui est le repos éternel des âmes saintes *. »
La Vierge est assise de côté sur un banc où se tient aussi l’enfant Jésus. Ce banc occupe le premier plan du tableau, dont un paysage remplit tout le fond. Par un mouvement plein d’aisance et de grâce, la Vierge se tourne vers nous et montre presque de face son visage, qui se détache avec une grande poésie sur le ciel pâle et profond. Le voile, quasi imperceptible , descend de la tête et flotte autour de la figure. L’harmonie des tons, bien qu’un peu effacée,