‹ Les vierges de RaphaëlChapitre 32 sur 226 · I. Bossuet, Deuxième sermon pour la fête de l'Annonciation · texte numérisé non relu

I. Bossuet, Deuxième sermon pour la fête de l'Annonciation

Hî LES VIERGES DE RAPHAËL.

Jean-Baptiste « n’était pas la lumière1, » mais éveillé dès le sein de sa mère à la voix de Marie, il avait dû « rendre témoignage à la lumière* » encore cachée. La Vierge lui avait transmis, lors de la Visitation, le pardon, la grâce, l’amour. Une femme, Elisabeth, avait alors reconnu et proclamé la Mère de Dieu; un enfant, Jean-Baptiste, reconnaît à son tour et enseigne au monde Dieu-enfant; et le spectacle de ces deux enfants qui s’aiment et s’embrassent, continue l’enseignement des deux mères qui s’étaient visitées et saluées. Jésus donne quelque chose de sa nature divine au petit S' Jean, afin que l’homme ait, dès sa naissance, quelque ressemblance avec Dieu. Voilà ce que l’art de la Renaissance, nous l’avons vu dans notre Introduction , a exprimé avec une infatigable persévérance. Raphaël arrive à son tour; il recueille, résume, couronne cette belle tradition, et au groupe divin de la Vierge et de l’enfant Jésus, exalté par lui tant de fois et sous tant d’aspects divers, il ajoute la figure du petit S1 Jean. Dans ces deux enfants, c’est Dieu et l’homme qu’il unit étroitement l’un à l’autre; et ce rapprochement, cette union, cet accord suprême, il les place sous le patronage immédiat de la Vierge. Il attribue ainsi à Marie, dès sa vie évangélique, le ministère d’intercession qu'elle conservera dans l’éternité; il la montre comme le lien qui rattache le monde

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