Elle est décrite sous le n° 135 de cette collection
î. Voir le n° 55 du catalogue de cette galerie. — La galerie de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, possède également un tableau connu sous le nom de Vierge à la Prairie. Cette peinture rappelle, quoique d’assez loin, la Vierge de Taddeo Taddei. C’est une œuvre d’école, à laquelle Raphaël est resté étranger, la Vierge est tournée à gauche. Le petit S1 Jean est à genoux, tenant de la main gauche une petite croix de jonc, et de la main droite un parchemin qu’il présente au Bambino. Sur ce parchemin est écrit : Ecce Agnus Dei. L’enfant Jésus enfin, assis sur le genou droit de sa Mère, veut s’élancer vers son précurseur. Un fond de paysage complète le tableau, qui a été mutilé et a maintenant une forme octogonale.
LA VIERGE AU CHARDONNERET (A la galerie des Offices, à Florence).
Parmi les patriciens avec lesquels Raphaël s’était lié chez Baccio d’Agnolo, il faut nommer, après Taddeo Taddei, Lorenzo Nasi : « Ebbe anco Haffaello amicizia grandissima con Lorenzo Nasi 1...» Lorenzo Nasi venait d’unir sa vie à celle d’une femme aimée, et ce fut pour consacrer cette union que Raphaël peignit la Vierge au Chardonneret *. Sur cette Vierge il concentra toutes les grâces de la femme, devant elle il rassembla toutes les joies de l’enfance, autour d’elle il évoqua tous les enchantements de la nature. Quel trésor pour une maison ! et quelles douces perspectives sans cesse offertes au regard de ses hôtes ! Ce tableau est d’ailleurs en harmonie complète avec le sentiment de bonheur et de sécurité qui remplissait l’âme de Raphaël à ce moment où la vie, en lui prodiguant les émotions les plus douces, ouvrait devant lui les horizons les plus vastes.
La Vierge au Chardonneret est une des plus pures