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i. V. dans ce volume, p. 1S7.
ce qu’elle était précédemment, n’en est pas moins puissante. C’est le groupe divin qui prend d’une manière absolue, sans exclusion, sans système, possession de l’art tout entier. Devant ce tableau, comme en présence de la Dispute du Saint-Sacrement et de l’École d’Athènes, on sent le souille de l’esprit nouveau qui ranime et rajeunit les antiques traditions; on saisit les raisons d’une alliance entre la beauté classique et le sentiment chrétien, et l’on voit avec quelle complaisance la nature, interrogée par l’art, se prête à cet accord. Ainsi, sous la limpide image de la Vierge comme au milieu des Slanze , la Renaissance se montre avec son grand caractère d’humanité, de tolérance, surtout de bonté ; et les efforts poursuivis depuis Giotto par de longues et laborieuses générations arrivent enfin avec Raphaël au but vers lequel ils tendaient.
La Vierge de la maison d’Albe 1 2 fut peinte on ne sait pour qui. Elle passa dans les Etats napolitains sous le pontificat de Clément VII, et fut placée dans l’église des Olivétains, à Nocera de’ Pagani, par les soins de Paolo Giovio, évêque de cette ville. Puis on la retrouve à Naples en la possession du marquis del Carpio1, et ensuite à Madrid dans la maison d’Albe, dont elle a pris le nom et où elle était encore à la fin
1. C'est un tableau circulaire dont le diamètre est do 1m,40 environ.