‹ Les vierges mères et les naissances miraculeusesChapitre 1 sur 16 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

EMILE NOURRY 14, rue Notre-Dame-de-Lorette, 14

Tom droiti réitrvét

INTRODUCTION L'horreur de la Stérilité

Les peuples jeunes, non seuletnent ignorèrent les doctrines de Maîthus, mais eurent tous, de la stérilité, une horieur profonde. Ils n'imaginaient point de fléau plus redoutable, de honte plus grande. La femme stérile était en opprobre aux siens. Elle-même se considérait comme maudite, A quoi bon, si elle n'enfantait point, le vase de ses flancs, pour qui la coupe de ses seins? Son inutile beauté s'endeuillait à ces pensées obsédantes qu'elle eût souhaité de conjurer en élevant un enfant dans ses bras.

(( Les Indiens, dit Sonnerai, sont tellement persuadés que les dieux ne leur ont accordé l'existence que pour se reproduire qu'ils regardent la stérilité comme une malédiction, n (i).

Ce sentiment était dans la conscience des peuples anciens absolument indéracinable.

(i) SoNNBRAT. — Voyage aux Indes oriental» et à la Chine tait depuis 1774 jusqu'en 1781, Paris. 1781, in-4', T. I. p. ia3- .

La nécessité d'avoir des fils leur semblait in-

j.-.i LP. .>:i '~ient que leurs mânes.

is soin et sans culte, râbles et angoissées.

''£nt promené leur in- 'iction est demeurée •"ils du Ciel. ■utaient point que la '-vve de l'amitié des générateurs, produc-

leur apparaissent-ils OMS. Engendrer leur i la plus haute et e créature humaine and des privilèges i Si les femmes, dit i des anciens Saxons,

si religieusement le lement dans l'espéi'étendre sur la terre, les y étaient portées e par l'honneur atta~

t Cité antique, Paris,

I BnftHB, De Situ Dania.

Chez les Finnois, ce n'était nullement un déshonneur pour une femme non mariée d'avoir un enfant, tout au contraire * Les femmes qui avaient eu un enfant étaient les plus recher^ chées en mariage, parce qu'elles donnaient l'espérance d'en avoir d'autres (i).

Uhorreur de la stérilité confinait jadis à l'épouvante. Et plutôt que de subir cette déchéance, les peuples jeunes imaginèrent mille moyens de remplir la maison vide et d'agrandir le cercle de famille. Un missionnaire jésuite qui séjourna longtemps à Madagascar nous en a laissé ce curieux témoignage :

(( Beaucoup de tribulations peuvent frapper le Malgache. Doué d'un esprit de résignation à surpasser Job sur son fumier, il présente à toutes un front d'airain; une seule déconcerte son impassibilité, c'est celle de la stérilité. Il n'est rien qu'il ne tente pour y échapper; et l'on peut dire, sans se tromper, que ce désir effréné de postérité a été jusqu'ici pour la nation un des fléaux de la moralité publique.

Combien de fois n'a-t-il pas brisé le lien conjugal, foulé aux pieds la fidélité, et introduit l'étranger à la place de l'époux? Tout enfant est, en effet, bienvenu dans la famille et ceux de père inconnu sont même privilégiés en quel-

(i) Journal de la Société Finno-Ougrienne, T. V, p. 102.

que sorte, par Vusage qui les élève au rang de frère de la mère, avec part égale à l'héritage paternel et maternel, ce qui revient à donner une prime aux enfants de l'étranger. » (i).

En passant de notre grande île sur le continent africain, nous retrouverons les mêmes sentiments et les mêmes agissements. Dans l'Egypte ancienne, on mesurait la prospérité de l'état à l'accroissement de la population et la privation de postérité apparaissait comme la suprême infortune (2).

Nous pourrions multiplier sans fin ces témoignages. Il nous suffira de nous arrêter à l'un des plus significatifs, j'entends celui de la Bible et des tombes hébraïques. « Chez les anciens Hébreux la plus haute bénédiction

(i) P. DE LA Vaissière. — Vingt ans à Madagascar, Paris, 1885, în-8', p. 181-182. De même dans le Queensland, quelle que soit la cause de la conception, le mari accepte toujours l 'enfant comme sien et sans discussion. A. Van Gennep. — Mythes et Légendes d'Australie, Paris, 1906, în-8', p. 21.

Sans doute doit-on attribuer à un semblable état d'esprit, l'origine de l'hospitalité extraordinaire que pratiquent certaines populations. L'abandon des femmes aux étrangers, à Kamul (Hamil) passait pour agréable aux dieux et propre à assurer l'abondance et la richesse. Même chose chez les tribus des montagnes de la Paropa misade. Fbrrier. — Voyage en Perse et dans VAfghaniS' tan, 1860, T. I, p. 433. Cette coutume aurait, dit-on, laissé des traces même en certaines régions de l'Europe.

(2) LÉON Lallemand. — Note dansSéances de VAcad. des Sciences morales et politiques, février, 1901, p. 183.

est d'avoir des descendants ati^ssi nombreux que les étoiles du ciel et que les sables de la mer (i), aussi touffus que Vherbe de la terre (2). Et ils bénissent Rebecca en lui disant : Sois la mère de milliers et de milliers de généra-tions (3). — Bénédiction et fécondité sont synonymes (4), de même malédiction et privation de postérité (5) » (6). Rachel voyant

qu'elle ne donnait pas d'enfants à Jacob, s'écrie : Donne-moi des enfants, autrement j'en mourrai (7). Quand enfin Dieu « ouvre son sein », elle s'écrie : — Dieu a ôté mon opprobre! — (8). (( Un jour viendra, dit le Seigneur, où les hommes seront si rares que chacun d'eux sera recherché par sept femmes à la fois. Toutes se disputeront son cœur et sa main, et lui diront : Nous ne demandons rien; nous offrons de nous habiller et de nous nourrir, permettez seulement que nous portions votre nom et sauvez-nous de l'opprobre! » (9). L'opprobre! l'opprobre! tel était le mot ob-

(i) Gen. XVII, 5.

(3) Gen., XXIV, 60.

(4) Gen., /, 22, Deut., XXVIII, 4.

(5) Deut., VII, 12 et suiv.

(6) L. G. Levy. — La famille dans V Antiquité israélite, Paris, 1905, in-8', p. 175.

(7) Genèse, XXX, i; XVI, 2.

(8) Genèse, XXX, 23.

(9) Jsaîe, IV, I.

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sesseur qui poursuivait la femme juive sans enfants. La stérilité était comme une menace redoutable suspendue sur le sein de la femme adultère (i). C'éta^it aussi le mot effroyable qui gardait les tombes hébraïques contre la déprédation. Les inscriptions tumulaires la prophétisaient en effet à tout violateur de sé^ pulture (2).

La femme stérile amenait elle-même à son mari une concubine et adoptait les enfants nés de cette union. Nous voyons Sara prier Abra^ ham d'aller vers Agar : Peut-être, dit-elle, aurai-je des enfants par elle (3). Nachor, frère d'Abraham, eut aussi plusieurs enfants d'une concubine appelée Ronia (4).

Jacob épouse en même temps les deux sœurs, Rachel et Lia, et, lorsque l'une et l'autre sont devenues stériles, elles se font remplacer. Lia lui envoie Zelpha et Rachel dit à son mari : « Voici ma servante Bilha, approche-toi d'elle; elle enfantera sur mes ge-

(1) Nombres, V, 21.

(2) LiDZBARSKi. — Handhuch der. nord semitishen Epigraphik, p. 142.

(3) Genèse, XVI, 2. — On rencontre encore chez les Romains des femmes stériles offrant le divorce à leurs époux, afin de lui permettre de prendre une autre femme et d'avoir des enfants. Elles s'offraient même de la choisir. R. Gagnât. — Figures de Romaines dans Conf, au Musée Guimet, Pais, 1907, in-i2, p. 37.

(4) Genèse, XXII, 24.

noux, et par elle, moi aussi, je serai mère, » (i) Elkana a épousé Hannah; et, comme elle ne lui donne pas d'enfants, il lui adjoint Pe^ nina (2).

Le désir de postérité était si grand que Von n'hésitait pas même à user, pour s'en pro* curer, de moyens abominables à nos yeux. Les filles de Loth enivrèrent leur père, se livrèrent à ses caresses et en eurent des enfants (3). Bilha qui dormait avec Jacob, dormit aussi avec Ruben, fils de ce patriarche (4). Thamar épouse successivement les deux frères, Her et Onan, fils de Juda. N'ayant pas d'enfants et craignant d'être accusée de stérilité, elle va, déguisée en prostituée, se placer sur un chemin oil devait passer son beau^père. Celui-ci ne la reconnaît point, marchande ses faveurs, y met un prix, les obtient, et en a deux enfants (5). La Bible qui nous rapporte ces faits et d'autres analogues : fornications, adultères, incestes, ne les considère point comme des crimes, mais comme des actions ordinaires dès lors qu'ils ont pour but de remédier à la stérilité. Ceux qui en sont les auteurs, n'y re-

(i) Genèse, XXX, 1-9.

(2) I Sam,, 1, 2.

(3) Genèse, XIX, 31.

(.4) Genèse, XXXV, 22.

(5) Genèse, XXXV, 22.

çoivent aucun reproche, n'éprouvent ni blâme, ni punition. Ne fallait-il point accomplir, de toute nécessité, Vessentiel commandement :

Crescite et multîplicamini (i).

La fille de Jephté, apprenant de son père le vœu condamnant sa jeunesse à la mort, lui répondit : <( Fais-moi selon ce qui est sorti de ta bouche, puisque VEternel Va vengé de tes ennemis, les Ammomites. » Toutefois, elle ajouta : « Accorde-moi ceci : laisse-moi pour deux mois, afin que je m'en aille et que je descende par les montagnes, et que moi et mes compagnes nous pleurions sur ma virginité. »

Et il dit : <( Va. nEt il la laissa aller pour deux mois. Elle s'en alla donc avec ses compagnes et pleura sa virginité sur les montagnes. Et au bout de deux mois, elle retourna vers son père, et lui fit selon le vœu qu'il avait fait, et elle ne connut point d'homme (2).

On ne pouvait souligner plus fortement que la douleur de l'infécondité surpassait toute douleur, même l'irréparable douleur de la mort.

Les Juives, dès leur jeunesse, appellent l'enfant qui doit emplir leur sein et se suspendre un jour à leurs mamelles.

Avec un tel appétit de descendance, n'estil pas évident que les époux ne pouvaient maniai) Gen,, I, 28; IX, I. — Jerem,, XXIX, 6.

(a) Juges, XI, 36-39.

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quer d'appeler la religion, voire la magie, à leur secours, « Parmi les personnes affligées de n'avoir pas d'enfants, écrit Origène, il y en a eu qui ont reçu la grâce de se voir père ou mère après l'avoir demandée par leurs prières au Créateur de l'Univers,.. On n'a qu'à lire ce qui est raconté d'Ezéchias, qui non seulement fut guéri de sa maladie, comme Isate le lui avait prédit, mais qui ne fit point de difficultés de dire avec confiance : J'aurai encore, à Tavenir, des enfants qui publieront ta justice (i). On peut voir aussi au quatrième livre des Rois (2) comment cette femme qui avait logé Elisée et à qui il avait promis un enfant par la bénédiction de Dieu qui Vinspirait, se vit effectivement mère selon les vœux du prophète. » (3)

Voici ce que le Protévangile de Jacques nous conte au sujet des parents de la Vierge Marie.

« La grande fête du Seigneur survint et les fils d'Israël apportaient leurs offrandes, et Ruben s'éleva contre Joachim, disant : a Tu n'as point le droit de présenter ton offrande, car tu n'as point eu de progéniture en Israël. » Et Joachim fut saisi d'une grande affliction...

(i) Jsaii, XXXV ni, 5-19.

(2) IV Rois, IV, 16-17.

(3) Origène, Contre else, VIII, 45.

En scrutant le passé, il vit que tous les justes avaient laissé de la postérité,.. Alors Joachim, affligé de ce souvenir, ne voulut pas reparaître devant sa femme; il alla dans le désert et il y fixa sa tente et il jeûna quarante jours et qua^ rante nuits...

Et vers la neuvième heure, Anne descendit dans le jardin pour se promener, et, voyant un laurier, elle s'assit dessous, et elle adressa ses prières au Seigneur, disant : « Dieu de mes pères, bénis-moi et exauce ma prière, ainsi que tu .as béni les entrailles de Sara et que tu lui as donné Isaac pour fils. »

En levant les yeux au ciel, elle vit sur le laurier le nid d'un moineau et elle s'écria avec douleur : <( Hélas I à quoi puis-je être compa^ rée? A qui dois-je la vie pour être ainsi mau^ dite en présence des fils d'Israël? Ils me raillent et m'outragent et ils m'ont chassé du temple du Seigneur. Hélas! à quoi suis^je semblable? Puis-je être comparée aux oiseaux du ciel? Mais les oiseaux sont féconds devant vous, Seigneur. Puis-je être comparée avM animaux de la terre? Mais ils sont féconds. Non, je ne puis être comparée ni à la mer, car elle est peuplée de poissons, ni à la terre, car elle donne des fruits en son temps, et ainsi bénit le Seigneur (i). »

(i) Brunet. Dict. des Apocryphes, I, ioi3-toi5<

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Mais la pure supplication suppose déjà une religion bien épurée. Les peuples primitifs avaient des moyens plus élémentaires de combattre la stérilité. Le concours du sorcier, l'emploi de rites magiques furent à Vorigine les ressources véritablement efficaces.

Parmi les époux sans enfants, les uns s'adressent aux pierres ou aux sources, les autres aux plantes et aux animaux et s'efforcent, par leur contact ou par une sorte de communion, d'obtenir la fécondité dont ils les croient les distributeurs. A un stade plus avancé de l'évolution religieuse, parmi les affligés, les uns invoquent les astres, d'autres les ancêtres qu'ils imaginent domiciliés dans les anciens objets de leur adoration. Enfin, grâce au progrès religieux, on imagine des dieux semblables, mais supérieurs à l'homme. Ce sont eux alors que l'on prie de descendre dans la couche des femmes stériles et de remplir auprès d'elles le rôle éminemment saint de procréateur, (i)

(i) Il s*éleva au sein de l'Islamisme une secte de religieux nomades nommés Houatns, qui prit naissance en Arabie; ils se livraient à la prière, à l*adoration, et terminaient leurs exercices de piété par s'occuper de la propagation de l'espèce; c'était, à leurs yeux, le premier des devoirs de l'homme. L'objet leur était indifférent; ils se précipitaient sans distinction sur le premier qu'ils rencontraient et sans autre idée que celle d'accomplir une loi sacrée. Abbé Bertrand. — Dictionnaire de toutes les Religions, Migne, 1849, in-4% II, 1186. V Houams, d'après Thé-

VBNOT.

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Toutes ces pratiques ont eu leurs dévots et la plupart des conceptions qui en résultaient furent d'abord considérées comme naturelles.

Plus tard, lorsqu'on se rendit mieux compte de la nécessité de l'acte sexuel et que l'on crut moins à la réussite habituelle des anciens rites, ces naissances extra-physiologiques passèrent toutes pour des miracles. Les légendes de naissances miraculeuses et de vierges-mères, forment une végétation fleurie, qui naquit sur la souche des anciennes pratiques de fécondations et des vieilles croyances qui les expliquèrent tout d'abord (i).

Une fois nées, nombre de ces légendes se propagèrent par la tradition orale ou se transmirent par la voie littéraire. Mais la plupart des légendes primitives naquirent incontestablement d'une interprétation tardive de rites anciens.

Jusqu'ici on n'a guère étudié cette catégorie

(i) « Les récits de Miracles anciens sont organiquement liés dans l'esprit populaire aux pratiques expressément destinées à renouveler ces mêmes merveilles... Il est clair, en effet, d'après nombre de récits populaires, que les enfants qui naissent à la suite de quelque rite approprié sont beaucoup moins le résultat de la semence de l'homme (au cas où quelque mâle intervient) que celui du philtre ou de l'incantation magique. » E. S. Hartland. — The Legend of Perseus, London, 1894, in 12, I, 147-148.

de légendes. Le travail le plus original qu'on leur ait consacré (i) les classe par pays. L'es-

(i) Le Comte H. de Charencey publia d*abord son travail sous le titre : « Le Fils de la Vierf^e » dont la première partie parut en 1879 dans Les Mémoires de la Société Havraise et la seconde en 1881, dans les Annales de Philosophie Chrétienne. Depuis, il l*a réimprimée avec quelques modifications sous le titre de « Lucina sine conçuhitu » dans son livre Le Folklore dans les Deux-Mondes, Paris, i8c)4, în-8', p. i2i-2e;6.

M. de Charencey pensait que toutes ces traditions diverses ne sont que des altérations d'une révélation primitive accordée par Dieu à nos premiers parents.

Ce système a eu des précurseurs. Au XVII* siècle, nous trouvons l'ébauche de cette argfumentatîon dans le livre fort curieux d'un chanoine de Sainte Geneviève, F.-J. Fronton. Dissertatio philologica de virginitati honorata erudita, adorata, fœcunda, Lutetîa?, 165;!, in-4', p. 32-4*; fD. .*;656l et dans l'apoloerie du catholicisme que nous devons à l'évêque d'Avranches. P. D. Huet. Alnetanœ Ouestiones de Concordia rationes et fidei, Cadonîi et Lutetiae, 1690, în-4*, p. 237-242 fD. 7, i«;8].

Mais ce furent surtout les Traditionalistes du XIX* siècle qui développèrent la thèse de l'origine révélée de toutes les traditions anciennes et modernes. Au reste, l'idée était alors dans l'air et des érudits qui n'appartenaient pas précisément à cette école argumentèrent pareillement. Je citerai un peu au hasard Drack. Lettre d'un rahhin converti à ses coreligionnaires (3* lettre). Elle a paru dans les Annales de Philosophie chrétienne de 1833, T. VII, p. 103-117, sous ce titre : Croyance des peuples de Vantiquité sur une Viergemère. — A. Belin. Les traditions messianiques ou Démonstration de la divinité du Christianisme par tous les peuples de la terre, Lyon, 1851, in-8*, p. 303-342. — H. d'Anselme. Le monde païen ou De la mythologie universelle en tant que dépravation aux mille formes de la vérité successivement enseignée par la Tradition primitive, le Pentateuque et l'Evangile, Avignon, 1858-59, în-8*, T. II, p. 320-398. — P. DE Prémare. Vestiges des principaux dogmes chrétiens tirés des anciens livres chinois, Paris, 1878, in-8*, p. 205-216. — Ad. Peladan. Preuves éclatantes de la

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sai bien postérieur d'Hartland (i), si remar^ qtuible à tant d'égards, donne l'impression d'un chaos. Nous les classerons d'après la nature de l'agent procréateur. Cette méthode offre un avantage qui éclatera à tous les yeux : elle met en lumière et la raison première de très vieux rites et celle des explications secondes ou légendaires qui, après y avoir été attachées, ont émigré de par le monde.

Sans doute le « miracle » qui constituait à un moment donné le noyau de diamant de ces traditions s'évanouira en fumée sous nos yeux; mais dans cette fumée même nous distingue^ rons encore une image merveilleuse, une mère portant dans ses bras un enfant qui lui rit et qui rit à la vie : prodige bien autrement clair et indestructible que tous les miracles de tourtes les légendes dorées.

Révélation par Vhistoire universelle, Paris, 1878, m-12, ch. XXI-XXII, p. 205-231. Presque tous ces ouvrages, bien oubliés aujourd'hui, ont eu leur heure de célébrité.

(i) Edwin Sidney Hartland. — The Legend of Perseus a study of tradition in Story. Custom and Belîef. London, 1894, în-i6, Tome I. The Supernatural Birih, p. 71-228.

Les pierres fécondantes et le culte des pierres

Un groupe fort homogène de légendes où les pierres empreintes jouent le rôle principal se rencontre en Asie Orientale.

Naissance de Fouh-hi ou Fo-hi. — Au temps oii SorcUju gouvernait les hommes, HoaSîu ayant vu des traces de pied humain d'une grandeur extraordinaire, désira avoir un fils semblable à celui qui les avait laissées. Son vœu fut exaucé : après quatorze mois de grossesse, elle donna le jour à Fouh-hi, ce^ lui qui devait être le premier empereur de Chine (i) et dont on reporte le règne à plusieurs siècles avant la naissance d'Abraham

(i) Lord Macartney, Voyage dans Vintérieur de la Chine et en Tartafie. Paris, an XII (1804) in-8», T. I, p. 48. — Voir également De Prémarb S. J. Recherches sur les temps antérieurs au Chou-King dans la Collection des livres sacrés de l'Orient, édit. du Panthéon, p. 32.

bis à une époque antérieure au ne (I).

de Dong, — L'avant-dernier dynastie des Hung régnait sur ■s appelé royaume de Van-lung,

quatrième ou le début du troiavant notre ère. Les Chinois é une armée considérable contre t défait son général. Le prince savait plus que faire.

Mit vivait à cette époque, dans

Phu-dong, un homme âgé de nte ans et dont la feratne avait içon miraculeuse. Près de quatre it, traversant le village de Bacait remarqué sur la terre l'empied de grandeur extraordinaire.

■même marché, cette femme se H enceinte.

ji naquit de cette étrange oonien qu'il eut déjà quatre ans, ; jamais parlé, comme le héraut

l'Annam courait le pays pour >ldats. Lorsque Dong (ainsi s'apidit l'envoyé du roi, il parla et cet homme, il le chargea d'aller

lui chercher une armure, une massue et un cheval de fer. A la suite d'un repas qui eut effrayé Gargantua, Dong acquit subitement une taille géante, revêtit Tarmure qu'on lui avait apportée, saisit la massue, enfourcha le cheval et partit prendre la tête des troupes annamites.

Grâce à lui, la victoire fut entière. Mais son œuvre accomplie, il prit la route de Kim-anh et la suivit jusqu'au mont Vu-link. Arrivé là, il quitte ses vêtements de fer, gravit la montagne et, du sommet, s'envole au ciel.

On y peut voir encore aujourd'hui la marque d'un pied imprimé dans la pierre. C'est l'empreinte que laissa ce guerrier divin en quittant la terre (i).

Ces empreintes de pas d'une grandeur extraordinaire qui rendirent fécondes les mères de l'empereur Fo-hi et du géant céleste Dong durent être celles de pas divins. Si nous en doutions, la double tradition relative à Héoutsi suffirait amplement à nous éclairer.

Conception et naissance de Héovrtsi. — (( Lorsque l'homme {Héovr-tsi, fondateur de la dynastie de Tchéou) naquit, Kiang-Yuen de-

(i) G. DuMOUTiER. Une fête religieuse annamite au village de Phu-dong (Tonkin) dans Revue d'histoire des Religions (1893), T. XXVIII, p. 67 et suivantes. Cette empreinte rappelle celle du pied de J.-C. dans Tendroît où il quitta la terre (cf / Thevenot. Voyage au Levant, p. 425-

vint mère. Comment s'opéra oe prodige ? Elle offrait ses vœux et son sacrifice, le cœur affligé de ce qu'elle n'avait pas encore de fils. Tandis qu'elle était occupée de ces grandes pensées, le Chang'Ty (Seigneur Suprême) l'exauça.

Elle s'arrêta sur une place où le souverain Seigneur avait laissé la trace du doigt de son pied, et à Vinstant, dans Vendroit même, elle sentit ses entrailles émues, fut pénétrée d'une religieuse frayeur et conçut Héou-tsi.

Le terme étant arrivé, elle enfanta son premier né comme un tendre agneau, sans déchirements, sans efforts, sans douleur, sans souillure. Prodige éclatant ! miracle divin 1 Mais le Chang-Ty n'a qu'à vouloir; et il avait exaucé sa prière en lui donnant Héou-tsi.

Cette tendre mère le coucha dans un petit réduit à côté du chemin. Des bœufs et des agneaux réchauffèrent de leur haleine; les habitants des bois accoururent, malgré la rigueur du froid; les oiseaux volèrent vers l'enfant comme pour le couvrir de leurs ailes ; lui cependant poussait des cris puissants qui étaient entendus au loin » (i).

426) et l'empreinte que l'on montre au Soudan du pied du chameau avec lequel Mahomed s'éleva au ciel : Denham, Clappbrton et Oudnby. Voyage et découvertes dans le nord et les parties centrales de V Afrique, Paris, 1826, in-8*,

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