M. Paul do Rousiers
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est juste en partie \ mais, de ce pa — néfaste,
il en est mi autre qui qous esi plus cher, c esl passé magnifique, égalementséculaire, de g randeur, de sacrifices, d'efforts librement consentis pour le bien el la prospérité de la patrie, i lé qui, |»:ir
certains côtés, peul se résumer d'un mot. Ce mot, nous le retrouvons dans un arrôl fameux du P Lemenl de Bordeaux rendu au temps mi m< vivait La Boëtie. Parcel arrêt, ou affranchissail esclaves amenés en France el le» magisti chargés dele libeller commençaient ainsi : France, mère de liberté !» Cette parole, prononcée au xvie siècle et qui ne devini une réalité que bien longtemps après avoir été proférée, renferme le secret de l'orientation à suivre encore de nosjoi C'est dan- ce double sentiment de la patrie, dé l'unité nationale qu'elle synthétise pour non-, el de la liberté, que nous trouverons la source lameiK leure de nos devoirs et de nos droits. Il faut remercier La Boëtie d'avoir été au nombre de magistrats prophétiques qui, en une formule saisissante, indiquaient à leur temps et même aux âges à venir la voie la plus droite et la plua sûre.
Mais l'amour presque exalté de La Boëtie pour la liberté avait un contrepoids dans son respect absolu de la justice. S'il avait, ce qui était très rare aux jours troublés où il vécut, le sens alors inconnu de la fraternité, de la solidarité humaine, comme
on dirait aujourd'hui, s'il es ti mail que certaines réformes s'imposaient, il ne voulait s'appuyer, pour la réalisation de ces réformes, que sur des moyens honnêtes el légaux: il repoussail l'émeute de tout min pouvoir; il était magistral et n'admettait pas (juc lou fût révolutionnaire.
Il avait une nature délicate et fière : il était très pénétréde la vraie dignité et de la vraie grandeur de L'homme et il sa va il qu'elles résident surtoutdans l'honneur et le caractère. Le caractère ne s'accommodait pas pour lui d'au eu ne de ces souplesses ou d'aucune de ces complaisances qui ne font pas reculer les courtisans : il n'était pas de ces hommes qui eussent consenti à vivre l'oreille aux écoutes et l'œil au
guet pour plaire el pour réussir. Il était incapable de capituler, parce qu'il était incapable «le défaillir. Aujourd'hui, dans le lointain des âges, quand celle figure de La Boôtie sort de l'ombre injuste ou cependant elle semble se complaire, quand il nous est donné de mieux connaître et de mieux pénétrer ce grand esprit, nous sentons qu'une sympathie instinctive nous attire et nous retient. Nous retrouvons en lui tant de ces sentiments qui nous agitent et éveillent dans noire pensée Les susceptibilités les plus jalouses :1a générosité, l'élan, le respect poussé jusqu'au scrupule de la conscience individuelle, L'amour de la justice, le culte de la liberté et de La patrie ! De plus, cet homme énergique, ce Libéral convaincu était un pacifique, niais il était
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de ces pacifiques au cumr vaillant qui luticnl sans merci <| ua ml la lutte de\ ienl néccssa ire, achanl (| ne la \ i.i ie liberté el la -(,u le |»iii\ désira ble l ioii\ ent dans le <l«\ oir accompli.
Au l>;i> du Mire (l'un recueil d'ordonnances qui servit à La Boêtie, M. Benjamin Fi lion rapporte qu'il trouva la signature du jeune écrivain précédée de <c- mots qui disent l'intime pensée du signataire: Pax et Lexî Lui aussi fui donc un de tourmentés qui ressentirent la beauté el l'indicible douceur de la paix, mais il fui de ceux qui La trouvèrent parce qu'il avait su La chercher où elle existe vraiment et où l'on est sûr de la trouver toujours, c'est-à-dire dans la Loi, dans L'ensemble des devoirs qui s'imposent à l'humanité. Ces deux mois qui renferment tout un exemple et toul un enseignement résument peut-être aussi l'existence même d'Etienne de La Boëtie.
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