‹ Les vies closesChapitre 17 sur 64 · DOVALLE ESCOUSSE LEUR AS · texte numérisé non relu

DOVALLE ESCOUSSE LEUR AS

« Giovani e moribundo. »

Inscription funéraire gravée sur la tombe de Pergo

Peuf-ôtre y a-t-il lieu de s'arrêter un instant devanl ces trois noms, inconnus aujourd'hui, qui n'évoquent plus rien à nos mémoires si courtes; mais qui, voilà plus d'un demi-siècle, eurenl une heure de fugitive célébrité, .le ne sais quoi de tragique sVsl attaché à la destinée de ces êtres jeunes, morts tous les trois victimes d'un drame sans grandeur.

Certes, Leurs traits sont bien pâles el bien effacés aujourd'hui, comme ceux de quelque pastel antique reproduisanl les contours Indécis dévisages d'enfants, mais L'ensemble de La physionomie se devine encore. Toute une génération, l'une des plus ardentes du siècle, celle d^ L830, s'esl un jour intéressée à ces hommes de vingt ans, les

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croyanl dignes d'attention et d'encouragement. Mous pouvons donc aujourd'hui encore jeter sur eux un regard passager : de leur Fatale el In existence, il est possible <l<i dégager un enseignement.

Charles Dovalle, lé moins ignoré de ces trois, Inconnus, naquit à Mon treuil -Bellay en 1807. Son milieu était celui de la vraie bourgeoisie provins ciale d'autrefois, un milieu de calme sévérité, où les exemples ei les habitudes se transmettaient de génération en génération. Son père, un soldai de la République et de l'Empire, avaii combattu aux Pyramides. Charles Dovalle fil ses études au collège de Saumur et commença son droit à Poitiers : sa famille le destinail au barreau ; quant à lui, il se destinait aux lettres. Enfant, déjà il annonçait un goûl exclusif pour les beaux-arts et la littérature.

Sa jeunesse avaii été douce; ses premiers sers

en foui foi :

Des baisers maternels, du calme dans l«i poi L, Un présent embelli île vagues espérances

Ki de frais BOUTenirs

L'avenir n'a pour moi qu'un gracieux sourire,

l'ai dix-huit ans! Mon âge es! presque le bonheur...

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