LES EFFACÉS
Quelques autres, cl celles-là sont nombreuses, mues par autant degénérosité qu'elles onl d'espérances, ne se lassent pas de L'inanité de leurs efforts, recommeueeul toujours si blessées soientelles, jusqu'au jour où la lutte les ayanl brisées,
elles disparaissent à jamais, et de ces ead;ivres
d'âmes brisées, on en rencontre, <>u en connaît, on eu foule chaque jour à ses pieds : ceux que d'injustes succès mettent au premier rang ne savent pas ou ne veulent pas savoir de combien d'immolations voisines est faite leur brutale exaltation.
Quelques-uns se font les ouvriers anonymes de la grande œuvre terminée par un autre, etqu'un autre plus heureux signera de son nom. Ceux-là conçoivent quelque projet gandiose, ils en exéeulenl une part, mais la mort avec son effacement suprême ou la vie avec ses fatigues parfois insurmontables, mettent un obstacle à l'achèvement du projet caressé. Un autre viendra cependant qui reprendra la pioche, terminera le travail projeté, et cet ouvrier de la dernière heure absorbera à son profit les efforts du premier et peut-être génial artisan.
Ceux-ci avancent dans la vie en s'apercevant que tout pour eux est duperie et mensonge, qu'ils sont, eux-mêmes, une déplorable erreur humaine.
qu'ils mentent pour ainsi dire sans cesse, comme tout ment autour d'eux. Tous les rouages du méca-
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nisme social qui lea entoure sontfaussés. I nafçe i|in les emprisonne cl les pousse fera «I je im' Bais quel composé humain, d <>ii disparaîtra (oui ce qui était personnalité el où l<* sceau des vertus natives ae se distinguera même plus.
Quelques-uns sentent gronder en eux toul un tumulte de paroles éloquentes; ils sentent leur âme envahie <l<" pensées qui se pressent etse succèdent comme un flol . el plusieurs de ces pi ils le savent, seraient <l<i nature h germer ici-l si seulement elles pouvaient être semées el con£ au vent <lu monde qui transporte les semeni mais ceux-là se taisent, ei se tairont toujours : leur éloquence intérieure ne se traduit au dehors que par un balbutiement sans nom et (e feu qui les consume ne rayonnera jamais sous l'enveloppe de glace don l ils sont enserrés. En toutes choses, ils arriveront presque jusqu'au but, mais le pas souvent infime qui les en sépare ne sera jamais franchi.
Non, les plongeurs désintéressés qui vont au fond des nuis, au prix d'efforts répétés, au prix de leur vie souvent, détacher la perle mystérieuse, ne sont pas toujours ceux qui peuvent se parer de eette perle. D'autres la porteront et jouiront de son éclat. Certes, il faut laisser le problème de la vie tel qu'il a été posé par ces mots : Désormais tu gagneras ton pain à la sueur de ton front; et il faut avouer que si. à toute époque, l'homme a
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valu surioui par ça volonté, aujourd'hui L'homme ne v;iui plus rien sans elle. Certes, il faut laisser au Labeur humais sa noblesse cl le proclamer le plus efficace et te plus grand de tous les moyens de succès. Le monde «les légendes el des rêves n'est plus, ou les fées transformaient en un coup de baguette les sorts des plus misérables : le mol de La fable peste toujours vrai : Aide-loi. le ciel l'aidera, cl rien ne remplace l'efforl individuel; cela demeure l'une des plus consolantes vérités
qui soient. Mais ne l'aut-il pas établir que tout effort n'est pas fatalement couronné de succès el que souvent, sur la route, l'homme détrempe le
sol de sueurs qui profileront à d'autre»?
Aujourd'hui où l'hymne païen du succès és1 entonné avec tant de cynisme, où ceux qui détiennent la coupe chantent evohé! Avec un rire si brutal, sans voir même que le vin dont leur coupe es! remplie provient de vignes qui ne leur appartenaient pas et auxquelles ils n'ont même p.i- travaillé, aujourd'hui où la poussée humaine es1 >i tumultueuse et si incohérente, <jue les plus turbulents el non les plus méritants son! portés au premier rang, ne faut-il pas protester bien hajul contre toutes ces méprises, véritable insulte à la
délicatesse el à l'honneur bumains? A ceux qui ont été rejetés en arrière on peut rappeler le mot grave et consolant de Pasquier : - Il faut combattre pour la vérité et oon pour la victoire,
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Aux autres que le hasard ;i mis <-u évidence on |)ciii souvenl appliquerons mots : Toul homme en ce monde est méconnu, celui-ci par les vertus qu'on lui prête, celui-là par les vertus qu'on lui refuse.