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nu- 1 m' ni ii sa mission. Il oublia qu1 ici-bas tous les êtres ont une destinée providentielle el concourent tous a la réalisation du plan divin. Il- sont v\ pour chacun de aousces mots de Renan Bur VictoT Hugo: « Il naquit sur un décret nominatif de la Providence.
Chacun en ce monde a sa voie tracée, el si insignifiant en apparence que soit le rôle joué, il était dans les vues divines que ce rôle fût tenu. L uns servent à exalter la gloire de Dieu et mettent à son service l'éclat de leurs talents. Les auti jusque dans le blasphème de leur existence, ne sont encore que le jouet, que L'instrument de cette Providence, dont ils voudraient douter.
Le spectacle de cette destinée inachevée attendrira tous ceux qu'intéresse l'histoire des âmes. Maurice deGuérin restera pour beaucoup ce jeune homme de tant d'espérance dont parlait Lacordaire, vir lantœ spei... Dans le touchant aveuglement de son affection, Eugénie comparait ce frère tant aimé à La Boétie. cet illustre compatriote, mort lui aussi, quelques siècles auparavant, dans la fleur dune jeunesse si riche. Mais La Boétie, avait Lame forte et pétrie de volonté. L'âme de Maurice, au contraire, était faible. Il avait le charme de ces créatures débiles, qui.de leur faiblesse, se sont fait une force vis-à-vis d'autrui. en reconnaissant que le moindre fardeau les accable.
qu'un rien les brise, qu'un souffle les déracine. Il sYiail fait un entourage d'amis occupés à le plaindre, et la postérité passera auprès de lui en lui envoyant encore une aumône de pitié.
Cependanl il ne faudrait pas trop compatir aux mélancolies de Guérin. Les vraies souffrances dignes d'attirer la sympathie sontcelles où le corps et le cœur surtout saignenl ei sont retournés par le mal. Celles-là méritent le respect de tous. Les souffrances qui font rêver, simplement, n'ont pas droit à la même pitié. Mais Maurice de (iuérin pleurait de ses rêves, ei les pleurs ('meuvent toujours. Les siens ont été pieusement recueillis, car ils étaient de la nature de ces larmes dont parle une jolie Légende de l'Orient et qui devenaient des perles en tombani dans la mer.
Maurice de Guérin aura été poète avant tout, et comme Ta dit à son sujet Barbey d'Aurevilly: « Les poètes passent dans la vie les mains oisive-, ne sachant les poser que sur leur cœur ou leur front, d'où ils tirent seulement quelques douces paroles, que parfois la justice de Dieu fait Immortelles. »
VLFRLI) TONNELLE