HENRI REGN M
Involontaire menl la pensée se reporte à «clic soirée du 19 janvier L871. Le jour baisse lentement. La bataille cesse ; de loin en loin; quelques coups «le fusil encore. La retraite sonne el L'apaisemenl des soirs de combat va commencer après celle sanglante journée. Regnaull es! en avant el ses amis l'appellent. Le temps <le brûler mes deruières cartouches, répond-il, el je vous rejoins, n L'ennemi riposte encore, ei dans la nuit qui tombe
une halle perdue frappe Regnault à la tempe...
Personne encore ne connaît ce nouveau et terrible coup de la mort. On es1 sans uouvelles. Clairin, l'ami fidèle, se met à la recherche du corps qu'il découvre enfin le 22 janvier.
Paris (jui ne comptait plus ses deuils el -<i> douleurs, s'émeut à celle perte fatale el «les funérailles imposantes furent faites à Saint- Augustin. Honneur el travail, voilà bien en quels mots Be résume celle existence. Regnaull est de ceux qui devraient être proposés à L'admiration constante des générations jeunes et qui auraient droit à la mention quotidienne don! on honore dans les régiments de combats, la mémoire de ceux qui sont tombés au champ d'honneur. Ceux-là, vraiment, la morl ne les raie pas du nombre des vivant-, et ils figurent à L'appel pour servir
d'exemple.
Henri Regnaull avait une belle conscience d'homme el d'artiste : il était passionné' pour son
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aimai! quelque chose plui encore que son art, Pahic. ei il lui donna bravement, noblement, son sang, Ba jeunesse, sa vie, ei ce qui vaul mieux encore, sori génie.
Voilà pourquoi qous aimons tous aujoud'hui Henri Regnault le grand peintre, mais surtout Henri Regnault le jeune héros, le soldai valeureui qui passait des nuits dans la neige, montai! des gardes par les températures glaciales, et qui, malgré ses souffrances, ne perdait ni son entrain, ni son espérance.
Voilà pourquoi le maître chargé de lui élever un tombeau, a mis des palmes entre les mains de cette jeunesse voilée qui pleure et qui porte un deuil éternel. Et, bien que l'idée première ail été généreuse, nous avons souffert quand une grande souveraine étrangère a osé toucher à cette tombe, même pour l'honorer, en y déposant une couronne1. Sans doute, au siècle des légendes, on nous aurait raconté, que devant un tel acte, la statue gardienne du tombeau avait versé des larmes véritables ; mais ces larmes chacun les répand aujourd'hui, en songeant à toute cette jeunesse fauchée, en songeant que la guerre et la mort ont des coups bien terribles puisqu'elles
1. L'impératrice Frédéric, passant à Paris, il y a quelques années, avait été fleurir la statue de Regnault à l'Ecole des Beaux- Arts.