XXIV PREFACE
notoirement que F un a bien sceu faire u que T autre luy a sagement enseigné. Car Dion escrit qu entre autres honneurs que k Sénat de Rome décerna à Trajan, il luy donna le tiltre dCOptimus Imperator, cest à dire^ tresbon
S Empereur. Et Eutropius met que jusques à son temps, quand un nouveau empereur venoit à estre receu au sénat, entre les cris Sheureux présage^ et les souhaits quon luy faisoit, on luy crioit : aQue puisses tu estre plus heureux « qu Auguste, et meilleur que Trajan ». Comment que ce
lo soit, il est bien certain que Plutarque luy dédia le recueil de ses Apophthegmes. Mais estant retiré en sa maison, après avoir longuement vescu à Rome, il se mât à escrire ceste euvre excellente des Vies, qu'il appella Parallelon, comme qui dirait V accouplement ou assortissement, pource
1$ qu'il accouple un Grec avec un Romain, mettant leurs vies Vune devant Vautre, et les conférant ensemble^ selon quHl:;^ se sont trouves^^ avoir entre eulx conformité de nature, de meurs et d'adventures, en examinant ce que Vun a eu de meilleur ou de pire, déplus grand ou de plus petit que
20 Vautre : le tout avec tant de beaux et graves discours par tout, tire:(^ des plus profonds et plus cache:ii secrets de la philosophie morale et naturelle, tant de sages advertissemens et de fructueuses instructions, si affectueuse recommandation de la vertu et detestation du vice, tant de belles allégations
as d'autres autheurs, tant de propres comparaisons et tant de hautes inventions, que le livre se doitplustost nommer un trésor de toute rare et exquise littérature, que de luy donner autre nom,Aussi dit on que Theodorus Ga:(a, personnage Grec d'érudition singulière, et digne de V ancienne
30 Greu, estant quelques fois enquis par ses familiers amis, qui le voyoyent si fort affectionné à Vestude qu'il en oubliait