PREFACE XXIII
« comme Senequeest deschirépar les langues des mesdi- « sans pour les pecheT^ de son Néron, la témérité des « jeunes disciples de Quintilian est imputée à luy mesme, « et blasme Ion Socrates d'avoir esté trop doulx à son
5 « pupille : Mais quant à toy^ tu feras bien toutes choses « prouveu que tu ne te départes point d'avec toy mesme, « et si tu te composes le premier y et disposes toutes « autres choses à la vertu, il ri y aura rien qui ne « succède selon ton désir. Je t'ay descript les moyens quil
lo « fault tenir pour bien administrer une chose publique, « et ay monstre combien les meurs y ont de pouvoir. Si « tu y veux obtempérer, tu as Plutarque pour directeur « et guide de ta vie : si non, je proteste par ceste missive « que ce nest point de la doctrine de Plutarque que tu
1$ « vas au dommage et à la ruine de V Empire. » Ceste epistre tesmoigne disertement qu'il a esté précepteur de Trajan : à quoy il semble que s'y rapporte aussi ce que Suïdas en escrit, disant : « Plutarque, natif de la ville « de Cheeronee en la Bœoce, fut du temps de l'empereur
20 (( Trajan et encore devant. Mais Trajan luy donna « l'honneur de la dignité consulaire : et voulut que les « officiers et magistrats qui seroyent en toute la province « de ïEsclavonnie ne feissent chose aucune sans son « authorité. » Voila ce qu'en escrit Suïdas, et me semble
25 bien que Trajan si sage empereur ne luy eust pas fait ce grand honneur, s'il ne sefust senty tenu à luy de quelque obligation notable : mais ce qui plus ^encore me semont à le croire, c'est que Ion voit en plusieurs faicts et dicts de Trajan la mesme droitture, bonté et justice naïfvement emprainte,
30 dont le moule et la forme est, par manière de dire, engravee es œuvres morales de Plutarque, de sorte que Ion remarque