‹ Les Vies Des Hommes Illustres Grecs Et RomainsChapitre 33 sur 43 · IX. Quoy entendu, Fabius se tira en avant pour par · texte numérisé non relu

IX. Quoy entendu, Fabius se tira en avant pour par

30 1er au peuple, là ou il ne s'amusa point à respondre aux charges que le tribun luy avoit mises sus, ains dit

2 D : et le plus grand effroy — 18 A : accusant quand et quand les autres

qu'il falloit promptement achever les sacrifices et cerîmonies du service divin, à fin qu'il s'en peust soudainement retourner au camp pour y chastier Minutius, lequel par dessus son expresse défense avoit combatu contre 5 l'ennemy. Il n'eut pas plus tost achevé ces paroles, qu'il se leva incontinent un grand bruit et un tumulte panny le peuple, pour le danger de Minutius, à cause que le dictateur a puissance de mettre en prison, et de faire mourir qui bon luy semble, sans forme de procès ny de

lo jugement : et estimoit on, puis que Fabius estoit une fois sorty hors de son accoustumee clémence et bonté, qu'il deviendroit si aspre en son courroux, qu'il seroit bien malaisé de l'appaiser. Parquoy il n'y eut celuy en toute l'assistence qui ne se teust de peur, excepté le tri-

1$ bun Metellus, lequel ayant loy de tout dire, pour la seureté que luy donne son magistrat, qui seul retient son authorité quand il y a un dictateur eleu, et demeure en son entier, estans les autres supprimez, supplia lors à grande instance le peuple de ne vouloir point abandon-

20 ner Minutius, ny ne permettre qu'il soufirist ce que Manlius Torquatus jadis avoit fait à son filz, auquel il feit trencher la teste après avoir vaillamment vaincu et desfait son ennemy : les admonestant d'oster à Fabius ceste puissance tyrannique de la dictature, et de mettre

2$ leurs affaires entre les mains de celuy qui vouloit et sçauroit bien les conduire à port de salut. Le peuple fut fort emeu par ces séditieuses paroles, mais toutefois encore n'oza il contraindre Fabius de quitter la souveraine authorité de sa dictature, combien qu'il en eust bien mauvaise

30 opinion, et qu'il fust tresmal content de luy : ains ordonna que Minutius auroit de là en avant égale puissance et

[ D; cérémonies

FABIUS MAXIMUS 8l

authorité pareille à celle du dictateur en la conduitte des affaires : ce qui jamais n'avoit encore esté ouy ne veu; mais bien tost après il fut aussi fait une autre fois, après la desconfiture de Cannes. Car estant lors Marcus

S Junius le dictateur au camp, Ion eleut à Rome un autre dictateur, qui fut Fabius Buteo, pour nommer et créer de nouveaux sénateurs, au lieu de ceulx qui estoyent morts en la bataille ; mais après qu'il en eut nommé, et remply le conseil du sénat, le jour mesme il laissa les sergens

lo qui portoyenl les haches devant luy, et renvoya la suitte

qui l'accompagnoit paj honneur, et se jetta à travers la

presse du peuple sur la place, vaquant à ses particuliers

affaires, ne plus ne moins qu'une personne privée.

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