‹ Les vieux arts du feuChapitre 5 sur 35 · I. L'Estoile · texte numérisé non relu

I. L'Estoile

superbes pour se bien parer. Autant vouloir changer le monde & mettre des portes aux champs. Or ce beau cortège va devisant d'amourettes aux sons des violons de la chambre ^ du doux accord des luths avec les voix humaines & des flûtes brochant sur le tout *.

Vous redire tels propos, ce n'est pas là ma besogne ; mais, pour le bien de mon discours, j'appellerai votre attention sur un beau paon assis sur la table au milieu d'un dormant de verdure. Ses plumes, arrangées avec art, le font paraître vivant & comme paradant devant les convives. Considérez ce capitan rodomont, le chef superbement coiffé d'une riche aigrette ainsi qu'un couronel à la montre du roi. Voyez-le se rengorgeant dans son fourreau tout constellé de saphirs, dresser sa tête mignonne au bout de son long col élégant & mince du haut, large & comme tout gonflé d'orgueil par le bas. L'émeraude ruisselle sur son dos en vagues bouillonnantes, telle qu'une lame azurée sur des écueils de turquoises. Les ailes, tachetées mieux qu'un por-

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