I. VIsU des hermaphrodites
phyre antique, semblent s'écarter doucement pour éventer ce glorieux. La queue du galant se déploie dans l'opulence de sa roue étoilée, & fait à cet outrecuidant un vaste dais tout encastillé de pierreries, tout diamanté de petits astres, tout annelé d'or écumant, tout brodé des fleurs de 1 été, tout enfilé de perles orientales, tout surémaillé d'un azur verdoyant & d'un vert azuré.
Certes ce bel oiseau porte les plus braves couleurs que puisse la nature, en se jouant, fondre aux creusets de son alchimie. Eh bien ! le génie de l'homme a su se les approprier, &, fixant ces superbes effets, en revêtir son œuvre par un art admirable dont les résultats sont rendus éternels avec l'aide du feu.
Magique élément, le feu est le grand opérateur. Oui, c'est au feu que Tart de la verrerie, de l'émail proprement dit & de la majolique, arts précieux qui n'en sont à vrai dire qu'un seul, doivent de renfermer, en une substance perdura ble, les formes les plus exquises revêtues des colorations les plus vives & les plus harmonieuses, & que rémail sur métaux doit particulièrement de pouvoir offrir au génie humain le don de fixer sa pensée dans des expressions graphiques par des moyens aussi ingénieux que leurs résultats sont éclatants & solides .
Le premier artisan de ces merveilles c'est le feu, que les anciens croyaient la substance même de la lumière émanée du soleil & répandue dans Tair par la
propulsion de Tastre, le feu, qui digère les sables, résout les pierres, fond le fer & dompte sa roideur \ Lorsque, suivant les mythes cosmogoniques de la Phénicie, les trois enfants du premier couple humain firent jaillir le feu du frottement des bois, ils procurèrent à leurs descendants immédiats de découvrir les arts simples. Cette première conquête de Thomme sur la matière devait la lui asservir de plus en plus. La tradition s'en est conservée dans toute civilisation antique & rélément libérateur est partout divinisé. Phta, dieu du feu, premier roi légendaire de Memphis, préside à cette longue période pendant laquelle les Égyptiens ne tenaient pas compte du temps. Agni, dieu du feu chez les Hindous, leur inspirateur de Tépoque védique, est l'intermédiaire entre le ciel & la terre. Chez les Iraniens, le feu est l'émanation la plus pure du Créateur. Il brûle constamment dans les prytanées de THellade; à Rome, sur l'autel de Vesta.
Là comme ici les malédictions étaient sur la maison qui, par négligence ou cas fortuit, laissait éteindre le