‹ Les vieux auteurs castillansChapitre 34 sur 34 · SI£T£ PARTIDAS · texte numérisé non relu

SI£T£ PARTIDAS

on vient de parler, tuer Famant qu'il surprenait avec sa femme , mais il ne devait point tuer celleci , il devait la livrer à la justice. Le père qui surprenait un amant avec sa fille mariée — soit chez lui y soit chez son gendre — pouvait les tuer tous deux y mais ne pouvait pas tuer l'homme seul. La Xy« et la XVI® lois prescrivent les châtiments qui étaient réservés à l'adultère. Le titre XVIII et le titre XIX sont relatifs aux liaisons criminelles qui peuvent s'établir entre parents , et aux liaisons qu'en usant de ruse, de promesse, et non de violence, les hommes entretiennent avec des veuves ou des jeunes filles. Alfonse X s'occupe ensuite des enlèvements et des violences (titre XX) ; d'autres crimes plus odieux encore contre la chasteté (titre XXI) ; des hommes qui favorisent la débauche (titre XXII), des sorciers, des devins (titre XXIII). Comme on pouvait s'y attendre , Alfonse n'enveloppe dans sa réprobation ni les astrologues dont il fait l'éloge, ni les prétendus savants qui affirmaient avoir le secret de faire de l'or et dont il ne parle pas ; mais il se montre très courroucé contre les magiciens qui évoquent les mauvais esprits et il défend que nul ne soit assez hardi pour faire des images de cire, de métal, ou n'importe comment, soit dans le but d'exciter amour d'hommes et de femmes , soit dans le but de détruire des affections existantes. Il défend encore de donner des philtres < parce qu'il arrive très souvent que ces breuvages amènent la mort de ceux qui les boivent. > Nous avons dit qu' Alfonse X se montra favorable aux juifs ; on retrouve des traces de cette bienveillance

iSO CHÂPITRB XII.

dans le titre XXIV qui les concerne. Le roi de Castille parle d'eux sans Tacrimonie qui était commune au moyen âge ; mais cette bienveillance ne rempêche pas de nettement indiquer la situation particulière qui était faite aux Israélites. Ils ne doivent occuper aucun emploi public qui leur donne la suprématie sur les chrétiens (loi III) ; ils ne peuvent avoir ni chrétiens ni chrétiennes à leur service (loi Vil) ; le commerce d'un juif et d'une chrétienne doit être puni de mort ; ils doivent, sous peine d'amende, porter un chapeau qui les fasse reconnaître (loi XI) ; du reste il leur est loisible d'avoir des synagogues (loi IV), et ils ne doivent point être inquiétés au sujet de leur foi (loi V).

Après les juifs les mores. Alfonse spécifie aussi sans rigueur quels sont leurs droits et commentais peuvent vivre mêlés aux chrétiens (titre XXV). Il est plus sévère à l'égard des hérétiques ; s'ils n'abandonnent pas leurs erreurs', il faut les livrer au bûcher ou les bannir, suivant qu'ils ont plus ou moins publiquement professé l'hérésie (litre XXVI). A ces lois succèdent quatre paragraphes sur les suicides et sur les misérables qui , pour gagner quelque argent , ne reculent pas devant l'affreux métier d'assassin (titre XXVII). Dans le titre suivant, Alfonse X ordonne des châtiments exemplaires pour ceux qui outragent Dieu , la Vierge et les Saints. Des lois sur là manière dont les prisonniers doivent être gardés (titre XXIX), nous conduisent assez naturellement au titre XXX , sur la torture « qui est une sorte de peine que trouvèrent ceux qui aiment la justice pour, par ce moyen, rechercher et savoir

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la vérité sur les méfaits qui se font secrètement et ne peuvent être connus et prouvés d'une antre façon. :» En lisant les neuf lois qui règlent tous les détails de ce lugubre sujet , il faut se rappeler à quelle époque vivait le roi législateur. Le titre XXXI traite des peines, le titre XXXII du pardon, le titre XXXIII et dernier, contenant l'explication de plusieurs mots dont le sens mal défini pourrait causer des équivoques fâcheuses, achève de prouvfir avec quel soin minutieux a été écrite cette grande œuvre des Siete Partidas *.

Malgré l'importance de ce code et quoiqu'il soit le monument législatif le plus remarquable de ces temps éloignés, il ne fut pas sur-le-champ mis en pratique. Les cités les plus importantes, s'appuyant sur leurs privilèges particuliers, repoussèrent avec ténacité un système de législation uniforme. Ce fut seulement en 1348, soixante ans après la mort de leur auteur^ que les Siete Partidas commencèrent à faire autorité dans les contrées soumises aux rois de Castille *. Elles n'ont plus cessé d'être respectées depuis

< Il n'y a pas de comparaison à établir entre les Siete Partidai et \ts ÉtaMi88ement8 de Saint-Loois qui n'offrent qae qaelqaes lois et non un ensemble régulier. (V. Recueil générai des (tncienneê lois françaises depuis l'an ^20 Jusqu'à la révolution de 1789 > tome U, Établissements de Saint-Louis, p. 56i). — Voltaire, dans son Essai sur les Mœurs, ch. LXIY, a fait un bel éloge d'Alfonse X et Pa Tengé de la sévérité de Mariana : u Le même fonds d'esprit qui en avait fait un philosophe en fit un très-bon roi* Il fut le rival des arabes dans les scienees et l'université de Salamanque, établie en cette ville par son père, n'eut aucun per« sOBoage qui l'égala, u

* Hist, d» la Ut. Esp.y p. 5i, M. Tickoor, cite dans une ioM m faft assez curieux fia'il eiu]^ruiiie ^ Vffistolre d*Eq)agn$

m CHAPriBB xn. — sim partidas.

cette époque; leors décisions ont foarni la base de la jurisprudence espagnole et ont fini par faire partie de la constitution politique de toutes les colonies de la péninsule. Par l'incorporation de la Floride et de la Louisiane aux États-Unis , le code d'Alfonse X est devenu dans certains cas une loi en vigueur dans une partie de rAmérique, c tant est grand, dit M. Ticknor^ auquel j^emprunte cette eu rieuse j*emarque, tant est grand le pouvoir d'une sage législation. >

et de Portugal de Donbam (l. IV, p. 12 1), on avocat émioeal du tribunal royal des appels affirmait n'avoir, en vingt-neuf ans de pratique , pour ainsi dire point trouvé de cas qui virtuellement on eiplieitement ne pussent être décidés par les lois des Partidat,

onjTBsa Dxvsasss irAiiToirss

Parlons encore de différents ouvrages d'Alfonse X ou qui ont été attribués à ce roi avec plus ou moins de probabilité. Au nombre de ces ouvrages, M« de Gayangos * place une production qui porte ce titre : libro Uamado Bocados de oro el quai fizo el Bonium rey de Persia (livre appelé Bouchées d'or, lequel fit El Bonium, roi de Perse). Ce sont ces Bouchées d'or qui offrent un prologue ayant de la ressemblance avec celui qui précède la Gran Conquisia; ce qui a fait penser à M. de Gayangos, comme je Tai déjà dit, que l'éditeur de ce second ouvrage s'était emparé du prologue du premier.

Je ne connais les Bouchées d'or que par une mention de M. de Pidal, qui, lui, ne parait pas les

1 la Gran Con^m'i fa de Uliramw. latr. p. V.

attribuer à Âlfonse X. Voici comment il s'exprime sur ce volume : « Le livre appelé Bouchées d'or lequd fil Bonium, roi de Perse , tel est le titre complet de ce livre très-singulier qui est un extrait de la doctrine des anciens sages de l'Orient, contenu dans la narration de ce qui arriva à Bonium quand il alla dans l'Inde pour chercher la sapience. Le traducteur ou compilateur du livre dans sa forme actuelle était certainement chrétien , comme on le voit par l'invocation à Jésus-Christ et à la Vierge qui est au commencement, mais dans tout le reste de l'œuvre il n'est pas fait une seule fois mention des dogmes chrétiens et il n'y a aucune allusion à leur égard. La langue semble du treizième ou du quatorzième siècle. On connaît jusqu'à quatre éditions de ce livre : Salamanqae, 1499; Tolède, 4510; Valladolid, 1522 et 1527*. »

On a encore regardé Alfonse X comme l'auteur du comme l'instigateur de la Vniversal Historia qui contient un abrégé de l'histoire des juifs ; d'une traduction de la Bible; du Libro del Tesoro qui, d'après ce que dit le père Sarmiento , serait une traduction du trésor de Brunetto Latini, et des Flores de Fïlosofia.

Occupons-nous maintenant des œuvres poétiques du docte roi. Chose étrange, c'est en galicien qu'il écrivit le plus grand nombre de ses vers , quatre cent un cantiques à la louange de la Vierge pour laquelle il avait une tendre piété et en l'honneur de qui il établit un ordre de chevalerie.

^ Cancionero de Baena. Intr*, p. LXXI»

œUVRES DIVERSES D'ÂLFONSE X. 185

Faut-il induire de là que le galicien était formé antérieurement au castillan , qu'il avait déjà produit des poètes célèbres avant le treizième siècle? A cet égard on n'a d'autres indices que l'assertion souvent citée du marquis de Santillana ; il dit que la poésie s'acclimata mieux que dans toute autre province d'Espagne en Galice; il ajoute qu'il y avait peu de temps tous les poètes et troubadours, qu'ils fussent castillans, andalous ou de l'Estramadure, composaient en langue galicienne ou portugaise ^ En dépit de cette allégation, la Galice ne peut montrer des chants appartenant à une époque reculée. Il est certain toutefois que la langue en usage dans cette province eut de l'importance et qu'elle jouit même d'une sorte de suprématie. Ayant peu de contact avec la Castille , elle put se développer librement et dès le onzième siècle elle s'était, à la suite d'Alfonse VI , établie entre le Duero et le Mifio. Elle ne parait pas avoir accueilli autant de mots français ou provençaux que l'idiome portugais, mais elle imita les formes rhythmiques inventées par les troubadours , c'est du moins ce qu'on peut induire des cantiques d'Alfonse X. M. de Ochoa a expliqué le choix que ce roi fit du galicien par ce fait qu'il avait passé une grande partie de sa jeunesse en Galice ; mais ce qui est fort étrange c'est qu'Alfonse X ordonna que ses vers pieux seraient chantés à perpétuité dans l'église de sainte Marie de Murcie , où il demanda à être enseveli ;

* Poeiias anterioreê al siyh XV. — Pro^mio al cond^aldbh de Portugal, p. 16,

M CHAPITRE Xm.

or, jamais le galicien ne fut compris à Muroie. On conserve à Tolède un manuscrit des cantiques d'Alfonse X ; la bibliothèque de l'Escurial en possède aussi un exemplaire plus moderne mais plus complet , le premier couplet de chaque cantique est noté comme le plain-chant^

Il ne reste que peu de vers de don Âlfonse en castillan, un fragment du Livré des Plaintes (Libre de las Querellas) et les octaves contenues dans le Tesaro — autre ouvrage que le livre en prose dont il a été parlé tout à l'heure; — et à ce petit nombre de vers on conteste encore leur authenticité. Ces œuvres poétiques furent trouvées parmi les ma* nuscrits d'Enrique de Yillena à qui on en a fait honneur, c Je ne crois pas que ces productions soient d'Alfonse X , dit Moratin , quiconque a connaissance des progrès de la langue et de la poésie Castillane leur donne deux siècles de moins d'antiquité*. ) Les vers dont il s'agit, cela est certain , sont beaucoup plus harmonieux que ceux des contemporains d'Alfonse X, ils offrent l'exemple de ce que les Espagnols appellent Copias de arte mayor. Ce sont des strophes de huit vers de douze syllabes, le premier, le quatrième, le cinquième et le huitième riment ensemble, ces consonnances identiques sont séparées au commencement et à la fin de l'octave par deux vers à rimes plates. Cette strophe est harmonieuse , elle l'est plus même que l'octave italienne qui plus tard s'introduisit en

I Tieknor, Hiêt. de la litU, p 42.

* Moratin Origenei del têatro EtpaiioL latr., page il^, note.

OEUVRES DIVERSES D'ALFONSE X. iSft

Espagne. On comprend qu'en comparant ces vers à ceux de Berceo on soit tenté d'en nier l'authen* ticité. Pourtant le roi Alfonse s'y nomme. Et quel intérêt Villena aurait-il eu à composer un pastiche. Et si véritablement il eut voulu le faire , n'eût-il pas employé les quatrains monorimes qui étaient généralement en usage à l'époque dont il aurait prétendu copier la manière? Il n'y a réellement pas de raisons suffisantes pour refuser à Alfonse X l'honneur d'avoir essayé une heureuse coupe de strophe dont il put d'ailleurs trouver le modèle dans les vers hébreux * .

Ce fut vers la fin de sa vie qu'Alfonse X écrivit le livre des Plaintes. On n'en connaît pluâ que ces deux strophes , elles sont adressées à un sujet fidèle :

€ A toi Diego Ferez Sarmiento , loyal frère et ami , et ferme vassal, ce qu'à mes hommes je tais par douleur, je veux le dire à toi qui plains mon mal. Vers toi qui as quitté ton pays et ton bien pour mes intérêts à Rome et ailleurs, que ma plume vole donc; écoute-lâi car avec une Iriste langue elle crie dolente :

€ Comme il est seul le roi de Casiille qui fut empereur d'Allemagne, dont les rois baisaient les pieds, à qui les reines demandaient aumône et pitié, celui qui rassembla à Séville une armée de cent mille hommes de chevaux et trois fois le double de piétons, celui qui fut respecté dans les régions lointaines pour ses Tables et pour son épée. j»

Cette dernière strophe, dans laquelle on peut supposer qu'Alfonse amplifiait un peu ses grau-

^ Eatudios sobre h$ judios, p. 51(3, note 6.

IM CHÂPimB xm.

deurs passées , contient une allusion à Tappui que Marie de Brienne trouva prés da roi de Gastille. Cette princesse , fille du vieux et brave comte de Brienne et femme du faible Baudouin II, que les Grecs avaient chassé de Gonstanlinople, chercha à intéresser les souverains de la chrétienté an sort de son mari. Elle arriva en France si dénuée de tout qne le bon sire de Joinville lui fit présent d'une robe. Le roi de Gastille loi fit sans doute quelque don de plus de valeur sans lui donner toutefois, comme l'ont dit des auteurs espagnols, cent-vingt quintaux d'argent^ pour la rançon de son mari — qui n'était pas prisonnier.

Il est probable qu'Alfonse X eût été fort embarrassé s'il se fôt agi de réunir une telle somme et que ses connaissances en alchimie n'auraient pas facilement comblé le vide qu'une pareille largesse eût laissé dans son trésor. Le docte roi a prétendu cependant qu'il avait le secret de faire de l'or. Il a écrit tout un traité sur ce merveilleux arcane, c'est le Tesoro qui n'a de commun que le titre avec le livre de Brunetto. Ge Tesoro est un incompréhensible ouvrage d'alchimie. Il commence par un prologue en prose dans lequel Alfonse se proclame l'anteur de ces étranges élucubrations. Ge prologue est suivi de onze octaves dans lesquelles le roi de Gastille raconte comment il apprit à faire de l'or. Gette science lui fut révélée par un savant égyptien

*■ Origenes de las dignidades teglareê, page 71, recto et Diêcurso historieo de la Ciudad de Murcia, par Francisco de Cascalez, page 25. Un peu plas loin Cascalez émet des doutes à ce sujet»

OEUVRES I»VEftâfi& ]»'i^FONSfi X. im

qu'il envoya chercher à Alexandrie. Ce sage lui enseigna à composer la pierre philosophale ; ils la firent ensemble d'abord^ plus tard Âlfonse la fit tout seul. D veut transmettre à d'autres le mystère d'une si merveilleuse transformation. Malheureusement le précieu3^ secret n'est point expliqué dana une langue connue ; aux octaves en vers succèdent trente-cinq paragraphes disposés aussi comme des octaves mais écrits en chifires. Le second livre offre à son début une octave en vers ; elle est suivie de vingt-sept octaves en chiffres qui doivent indiquer,, si Ton en croit la stance intelligible , celle qui est en vers , une manière plus prompte et plus facile d'accomplir le grand œuvre. Il est douteux que personne ait jamais essayé le moyen prescrit par Âlfonse. Son traité» à la vérité» est terminé par une clé, mais cette clé n'est elle-même qu'un nouveau hiéroglyphe. Celte production bizarre» qui ne présente quelque intérêt que dans sa partie poétique où Ton remarque de l'harmonie et de la facilité, porte la date de 1262 '. On dit qu' Alfonse X avait composé, un second traité d'alchimie intitulé : El Candado (le cadenas); mais il paraît probable à Sanchez que le Tesoro, dont le manuscrit porte les traces d'un fermoir, a pu recevoir le nom de livre au Cadenas et qu'il ne s'est agi que de cet ouvrage. Si l'on en croit le marquis de Santillana, Alfonse X savait aussi composer des vers latins, et s'il n'en écrivit pas en provençal, il fut du moins le protecteur de la gaie science. Girard Riquier, un des trouba-

i Poesias Castellanas anleriores, al sigio XV^ page 7.

M CHAP. yan. — obuyres biv. d'alfonsb x.

dours qu'il aflectionnait le plus, lui adressa, comme je l'ai déjà dit, une supplique au sujet des troubadours que l'on confondait trop souvent avec les jongleurs , et l'on trouve à la suite de cette pièce une réponse portant ce titre : € Declaratio qu'el senher rey N'Âmfos de Castela fe per la supplicatio que Gr. Riquier fe per lo nom de joglar, l'an M. ce LXXV. ^ Cette œuvre, mise sous le nom d'Alfonse X, n'est très probablement que le fait de Riquier, mais elle prouve quelle faveur la poésie provençale avait trouvée chez le roi de Castille.

Un souverain qui avait remué tant d'idées, écrit tant de livres, dut exercer une action marquée sur la littérature de son temps. C'est seulement à dater d'Alfonse X que les lettres castillanes paraissent être montées jusqu'aux classes élevées de la société. A partir de ce roi, à l'influence française qui airait prédominé jusqu'alors , se mêla l'imitation des écrivains arabes et commença à germer le goût des poésies des troubadours. Ce fut beaucoup plus tard cependant que ce goût devint assez général pour que les Provençaux apparussent comme des modèles. Quant à l'imitation des Orientaux, elle fut plus prompte , et nous en remarquerons des traces dans plusieurs des livres dont il nous reste à parler et notamment dans le Comte Lucanor.

m DÛ ÏOME PREMIER.

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