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Les vieux conteurs Français

On vante sans cesse les Con teins italiens : on ne parle pas des nôtres, du moins en France, où c'est un parti pris depuis longtemps de déprécier autant que possible la littérature nationale au profit des liltéiatures étrangères. Nous n'avons jamais partagé. Dieu merci, cette injuste indifférence à l'égard des plus précieux monuments de la langue des quinzième et seizième siècles; nous accordons même une sorte d'admiration à ces récits pleins de grâce, de finesse et de naïveté, dans lesquels brille de tout son éclat le véritable esprit français. C'est donc avec empressement ([ue nous nous sommes chargés de former ce recueil qui renfeime les chefs-d'œuvre de nos vieux Conteurs.

Les Cent Nouvelles nouvelles et YHeptaméron (du moins l'ancien texte de Gruget) n'avaient pas été réimprimés depuis plus d'un demi-siècle; les Contes et joyeux devis ^ depuis plus d'un siècle; le Printemps d'Yver, depuis deux cent vingt-trois ans : ces ouvrages, dont toutes les éditions sont rares et chères, ne se trouvaient que dans les bibliothèques d'amateurs; ils n'étaient plus guère connus que par tradition; les personnes mêmes qui se piquent encore d'être lettrées, n'avaient lu les Nouvelles de la reine de Navarre que dans la misérable contrefaçon en beau langage des éditions de Hollande : ces motifs littéraires nous ont semblé suffisants pour autoriser et encourager notre publication.

Dans ce volume, nous avons cherché à réunir les différents genres du Conte : le Conte de Louis XI et de la cour de Bourgogne, franc, naïf, libre et jovial, comme une réminiscence des fabliaux d'autrefois; le Conte de Bonaventure des Perieis, spirituel, railleui-, hardi et souvent philosophique, comme un prélude aux romans de Voltaire; le Conte de la leinc de Navarre, sage, intéressant, raisonné et entremêlé de morale , connue un seinion de ministre piotestant ; le Conte de Jacques Yver, musqué, alambicpié, //(^///i'////vt''et ro//.ui/rlisc , coujme tout ce qui a été écrit en verset en prose sous le règne de Catheiine de Médicis.

Notre intention aété défaire une édition, sinon populairt^, du moins mise à la poitée de tous ceux qui sont en état déjuger et de goûter ces IVuits, un peu Cl us, il est vrai, mais savoureux et succulants, d'une litt(''ratuie (pie nous devons conserver. Sans nouspiéoccuper, danti notre travail, des loutiues liop respectée^»

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