SCÈNE III
DELIE , seule.
0 ciel! de tous côtés le péril m'environne ! Nadir est loin de moi... mon père est menacé!
ACTli III, SCF.NE III.
Quel secours implorer lorsque tout m'abandonne? De me trahir le sort ne s'est-il pas lassé?...
JIR.
(J mon Nadir! mon bien suprême!
Pour tromper au moins ta douleur, Que la voix de celle qui t'aime Arrive encor ju>qu'à ton cœur!
Hélas! la fortune inlidèle
Fuit et nous repousse tous deux !
En vain près de moi je t'appelle,
En vain je te cherche des yeux ;
Je suis seule, et la mort cruelle
IN'e vient pas exaucer mes vœux...
O mon JNadir! mon bien suprême ! etc.
(prêlant l'oreille.)
Mais écoutons! j'entends le bruit des pas!
(avec effroi.)
Quelqu'un de ces brigands! ah ! ne nous montrons pas.
(Elle sort de côlé ; au même momenl, on voit Ali-Baba descendre de rocher en rocher. Il tient à la main le papirr sur lequel il a écrit le mot de Sésame^ au second acte; il regarde de tous côtés avec une crainte mêlée de joie et descend l'escalier du fond avec précaution.)
SCÈ]NE lY.
ALil-BABA, seul, regardant son papier qu'il serre avec soin dans ta
ceinture.
A ce mot tout-puissant, la roche s'est ouverte... Béni soit le prophète et notre cher Nadir ! Tapi dans un buisson , je les ai vus parlir !.. Tous!., je les ai comptés., leur demeure est déserte...
48 ALI-BABA
(avec joie et émotion.)
Et sans danger mon œil peut parcourir Cet amas de trésors qui va m'apparlenir !
(Il se retourne et aperçoit ses bannes de café.)
Que vois-je?... nies cafés?... ah ! scélérats maudits!... Ils me les avaient pris!..
La rage me dévore...
Pour moi quelle leçon !
Et j'hésitais encore!..
(vivement.)
Ah ! je voudrais avoir la force de Sa m son Pour leur emporter tout... voyons vile!..
(Il court à un tonneau.)
O merveille !. .
Des tonnes d'or et des monceaux d'argent.. .
Je ne sais si je veille...
L'obscurité me trompe assurément!
(Il court à la lampe en tremblant de joie et allume une petite lanterne sourde qu'il a apportée ; dans son trouble, il saisit, sans le regarder, le papier qu'il vient de mettre à sa ceinture, l'allume , et après s'en être servi, l'éteint sous son pied.)
AIR
(regardant de tous côtés.)
Mon œil se trouble et ma main tremble... Que de trésors ce lieu rassemble!..
Tant de richesses à la fois !
Je ne saurais fixer mon choix!..
(Il court d'un objet à un autre.)
Prenons d'abord Ces vases d'or !...
Non , non ! ces étoffes de prix...
Que vois-je?.. des rubis ?
(U en met sa ceinture.)