ACTE III, SCENE lY
Les rubis sont plus de mon goût ; Mais c'est égal, je prendrai tout.
(avec force.)
Oui , oui , oui , oui , je prendrai tout...
(ouvrant un coffre plein de diamans et d'or.)
Anges du ciel !.. des diamans !...
Dieux!., qu'ils sont beaux, éblouissans ! Ils sont encor plus de mon goùl ;
(Il met dans le coffre des sacs d'or, des pierres précieuses , des étoffes pôlemèle. )
Mais c'est égal , je prendrai tout , Oui , oui , oui , oui , je prendrai tout !
(11 veut soulever le coffre et parait accablé sous le poid».)
Mais mon courage me trahit...
Sous ce fardeau mon cœur fléchit...
Que faire , hélas ! tourment horrible ! Emporter tout, c'est impossible !
(ôlanl plusieurs objets qu'il jette de côté.)
Mais abandonner ces rubis...
Et ces vases d'un si grand prix!
Ces étoffes de si bon goût...
(vivement.)
Je reviendrai , je prendrai tout.
(avec délire.)
Oui, oui, oui, oui , je prendrai tout !
[ Il abandonne le coffre et met dans sa ceinture des diamans el de» lingots d'or.)
Maintenant éloignons-nous vite...
Et ce papier, qu'en ai-jc fait?
De mon salutil contient le secret!..
(se fouillant avec crainte.)
Ah ! de frayeur mon cœur palpite, Où donc est-il ?.. je l'avais là...
(en apercevant les débris à terre.)
5o ALI-BABA,
Le voilà !
(Il le saisit avec joie et l'ouvre vivcinenl.)
Mon sa D g se glace :
Tout est consumé , plus de trace !
(avec une agilaliT)ii toujours croissante.)'
Mais je pourrai m'en souvenir.
Et ce mot?...
(écoulant.)
Dieu! quel bruit a frappé celte voûte?
Ce sont eux , ils vont revenir !
(hors de lui cl cherchant en balbutiant.)
Ce mot!., c'était., je crois!., non., c'est sans cloute... Plus je le cherche et plus il s'obstine à me fuir !
(ÎMouvenient plus marqué ; la musique peint legalop des chevaux, qui se rapproche peu à peu.)
Ciel ! on approche !..
J'entends sous celte roche Le galop des chevaux , Répété par tous les échos.
(avec désespoir et rejetant tout ce qu'il a pris.)
Ce sont eux , je frissonne.
Où courir ?
Comment fuir ?
La raison m'abandoime.
CHOEUR , au loin.
Rentrons, amis, il en est temps.
ALl-BABA, ^ar^.
Quels sinistres accens!
CHOEUR , plus rapproché.
Rentrons, il en est temps.
ÀLl-BABA, se soutenant à peine.
Je frissonne !
Comn>onl luit?
Je n'ai pins qu'a raoïirir !
(Use Iraine tuul IrcmLlanl et tombe presque cpiusé sous un quartier Je roc qui le masque. Le bruit augmeule ; les voleurs entrent en désordre avecdee flambeaux.)