‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 111 sur 403 · ACTE III, SCENE lY · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE lY

Les rubis sont plus de mon goût ; Mais c'est égal, je prendrai tout.

(avec force.)

Oui , oui , oui , oui , je prendrai tout...

(ouvrant un coffre plein de diamans et d'or.)

Anges du ciel !.. des diamans !...

Dieux!., qu'ils sont beaux, éblouissans ! Ils sont encor plus de mon goùl ;

(Il met dans le coffre des sacs d'or, des pierres précieuses , des étoffes pôlemèle. )

Mais c'est égal , je prendrai tout , Oui , oui , oui , oui , je prendrai tout !

(11 veut soulever le coffre et parait accablé sous le poid».)

Mais mon courage me trahit...

Sous ce fardeau mon cœur fléchit...

Que faire , hélas ! tourment horrible ! Emporter tout, c'est impossible !

(ôlanl plusieurs objets qu'il jette de côté.)

Mais abandonner ces rubis...

Et ces vases d'un si grand prix!

Ces étoffes de si bon goût...

(vivement.)

Je reviendrai , je prendrai tout.

(avec délire.)

Oui, oui, oui, oui , je prendrai tout !

[ Il abandonne le coffre et met dans sa ceinture des diamans el de» lingots d'or.)

Maintenant éloignons-nous vite...

Et ce papier, qu'en ai-jc fait?

De mon salutil contient le secret!..

(se fouillant avec crainte.)

Ah ! de frayeur mon cœur palpite, Où donc est-il ?.. je l'avais là...

(en apercevant les débris à terre.)

5o ALI-BABA,

Le voilà !

(Il le saisit avec joie et l'ouvre vivcinenl.)

Mon sa D g se glace :

Tout est consumé , plus de trace !

(avec une agilaliT)ii toujours croissante.)'

Mais je pourrai m'en souvenir.

Et ce mot?...

(écoulant.)

Dieu! quel bruit a frappé celte voûte?

Ce sont eux , ils vont revenir !

(hors de lui cl cherchant en balbutiant.)

Ce mot!., c'était., je crois!., non., c'est sans cloute... Plus je le cherche et plus il s'obstine à me fuir !

(ÎMouvenient plus marqué ; la musique peint legalop des chevaux, qui se rapproche peu à peu.)

Ciel ! on approche !..

J'entends sous celte roche Le galop des chevaux , Répété par tous les échos.

(avec désespoir et rejetant tout ce qu'il a pris.)

Ce sont eux , je frissonne.

Où courir ?

Comment fuir ?

La raison m'abandoime.

CHOEUR , au loin.

Rentrons, amis, il en est temps.

ALl-BABA, ^ar^.

Quels sinistres accens!

CHOEUR , plus rapproché.

Rentrons, il en est temps.

ÀLl-BABA, se soutenant à peine.

Je frissonne !

Comn>onl luit?

Je n'ai pins qu'a raoïirir !

(Use Iraine tuul IrcmLlanl et tombe presque cpiusé sous un quartier Je roc qui le masque. Le bruit augmeule ; les voleurs entrent en désordre avecdee flambeaux.)

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