ENSEMBLE. < VICTOR
i Oh ! c'est bien cela!
viCTon dpart, la regardant avec plaisir. C'est qu'elle est tics bien, ma feuime. . . je iio Tavais jamais vue en costume de bal !
CLARISSE
Et vous, Monsieur?
VICTOB.
Au mari je dirai de même Qu'un tort léger peut s'excuser , Et qu'avec le pouvoir suprême Nous n'en devons point abuser, (^uc loin d'employer la vengeance , femme toujours à nos vœux se rendra , Par la bonté, parla clémeuce. . .
Dites , dites moi, n'est-ce pas cela ? N'est-ce pas cela?
(rN est-ce Oui, c c
ENSEMBLE. ^ CLARISSE appuyant.
'est bien cela !
CLARISSE
A merveille I je suis sure qu'il seia louché. . . ( elle s'arrête en le voyant rire.) De quoi riez-vous donc?
VICTOR
D'une réflexion assez drôle!., vous ne vous apercevez pas que nous venons de penser l'un et l'autre ce que nous devrions nous dire à nous-mêmes.
CLARISSE
Comment, Monsieur?..
VICTOR
Ne sommes-nous pas dans la même position 7
CLARISSE
Quelle différence! . .
VICTOR
Aucune, je vous jurel . .
l\h 1 A l'ËMME
CLARISSE
Ail! paiJounez-moi. . il ne s'agit ici que d'un mal entendu . . .
Comme nous ! des conjectures , des suppositions que l'on s'est chargé d'interpréter , que votre oncle a cru sur parole , et que vous même. . .
CLARISSE
Et ce départ subit, Monsieur , cet abandon que vous ne vous êtes pas même donné la peine de justifier ? VICTOR vivement.
J'ai eu toit, sans doute!., mais on me refusait le droit de disposer de ma femme j on voulait contraindre mes goûts , vous interdire des plaisirs qui sont toujours innocens dès qu'un mari les auioribie et les partage !. . j'aime le monde , la société, je me faisais une fête de VOUS conduire dans les bals, les réunions. . . qui mieux que vous est faite pour y briller! . . Eh ! tenez , depuis que vous n'êtes plus sous celte funeste influence, si vous saviez combien votre regard esi plus doux , plus aimable... jusqu'à votre démarche , votre tournure si gracieuse, que cette mise élégante fait mieux ressortir !
CLARISSE timidement.
Vous trouvez ?. .
VICTOR
Il n'y a pas de comparaison. Je devinais tout cela , et je jouissais d'avance de vos triomphes , de vos succès! . . ce crime, si c'en est un, mérite-t-i! une punition qui nous prépare des regrets éternels ?
CLARISSE
Des regrets éternels.
VICTOR
Oui ... ce que nous venons de voir, ce que nous venons d'entendre , ne vous a-t-il pas fait sentir tout ce qu'avaient d'affreux les divisions entre mari et femme ?
Il est certain que c'est un spectacle. . •
Il K I. ' A V O l É . 45
VICTOH.
(Jui n'est pas encourageant ( d'un ton insinuant ) et puisque le hazard , plus puissant (jue notre volonté , nous a rapprochés , tâchons de profiter de la leçon. A ce bal, où nous sommes forces de paraître , nous allons trouver des personnes de connaissance , des habilans de Dijon , qui ne nous ont pas épargnes dans leurs propos, et qui vont encore s'dgayer à nos dépens.
CLAfiISSE*
Vous croyez ?
VICTOR
Oh ! je vous en réponds ! on sera sans [)itié. . . il y a beaucoup de leuiines.
Ain : tl' .frnti/i/je.
Pour dérouler la médisance , Tous deux ayons l'air d'être bien ^ Feignons la bonne intelligence.
CLARISSE
Au fait , cela n'engage à rieu !
VICTOR
Oh ! mon Dieu , non . . cela n'engage à rien ! Pour les tromper , que vous ensemble , Il serait bien de nous parler. . .
Kt même de danser ensemble. .
Afin de mieux dissimuler.
CLARISSE
Danser avec vous I
Une seule contredanse ! c'est une faveur que vous ne refuseriez pas à un étrang'er , et cela me donnera l'occasion de me justifier.
CLARISSE involontairement.
Vous justifier?. . Ah! que je le voudrais!
VICTOR
Vous acceptez? Ah ! que je suis heureux ! Je vais letenir une place et reviens vous chercher {^avec amour) Adieu ! Adieu! chère Clarisse ; jamais vous ne fuies *i jolie et si bonne ! . .
( Il lai baise la main, et s'échappe par la droite).
^6 LAFEMMB