‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 160 sur 403 · DELPHINE, AUBRY, D'ARBOISE , CLARISSE · texte numérisé non relu

DELPHINE, AUBRY, D'ARBOISE , CLARISSE

d'arboise.

Bon voyage !

CLARISSE

Quelle assurance !.. h ce Langage , qui le croirait coupable?

D^ARBoiSE tirant le portefeuille de sa poche. Ruses de maris ! ( d Aubry^ d'un air d'intelligence. ) Nous autres hommes, nous sommes si fins quandnous voulons I

AUBRY , d'un air de confiance et d l'oreille. C'est-k dire que nous sommes de vrais misérables!. ( haut ) reprenons l'instruction.

d'arboise.

Oui, reprenons l'instruction : Ces lettres. . .

DELPHINE dpart.

0 Dieu ! que devenir ?. .

CLARISSE avec impatience.

Il m.e tarde de savoir de qui elles sont.

d'ardoise.

Eh! mon Dieu! peut-être une de tes amies intimes.

56 lafemme

DELPHINE vivement.

Comment, Monsieur, vous avez lu. . .

u'arbdise avec dignité.

Moi, Madame ? je ne me serais pas permis. . . cela regarde ma nièce ; d'ailleurs, il y a un secret que je n'ai jamais pu découvrir.

TOUS Se rapprochant.

Un secret ! . .

DELPHINE saisissant le portefeuille.

Donnez, je suis sûre que je le trouverai. . . (à part) je le tiens I . .

AUBRY

Oui , oui. . . les femmes devinent tous les secrets.

CLARISSE allant d elle.

Eh! bien?...

DELPHINE passant le portefeuille dans l'autre main , et la repoussant.

Un moment !

CLARISSE étonnée.

Que prétends-tu, Delphine?. . je veux les voir, je veux me venger. . .

DELPHINE l'arrêtant.

Te venger? et de qui? et par quels moyens?., en profitant d'un abus de confiance! en compromettant celui dont tu portes le nom par des propos de valets !

ATÎBRY.

Ah ! cependant, s'il y a un commencement de preuve par e'crit.

DELPHINE

Ne m'interrompez pas , Monsieur Aubry .

ABERY bas.

Mais, c'est que tu te trompes; tu plaides pour l'autre. . . ça m'arrive quelquefois.

DELPHINE bas.

Je sais ce que je fais; c'est pour votre bien, {haut') j'ignore ce que contient ce porlefeuille, et je voudrais ne jamais le savoir, car personne de nous n'a le droit de l'ouvrir.

DE l' AVOU É . 57

CLARISSE

i^yio clis-tn ?. .

Ai'iiKV d (J'Àvboise C'est une tin «le non-recevoir.

d'arboisr rivenient.

Et nous voulons plaider au fond.

DELPHINE de même.

Je m'y oppose ! . .

d'arboise.

Permettez . . .

AUBRY

Voilà déjà qu'on ne s'entend plus! . . comme Ix l'audience. . . quand je m*en mêle!- . .

DELPHINE

Songes-y bien, Clarisse; il y va pour toi de regrets éternels ! je suppose même que ce portefeuille renferme dos lettres de femme!. . . que t'importe, si elles oui été écrites avant ton mariage? peux-tu en f.ure un crime ii Ion mari? avons-nous le droit de leur demander compte du passé ?. . Eh ! mou Dieu! trop heureuses quand ils nous répondent de l'avenir !.. Et si ton indiscrétion allait perdre une autre personne qui a pu être imprudente , mais qui ne fut jamais coupable.

CLABISKB.

Comment?

d'arboise.

Vous la connaissez ?

DELPHINE , avec fermeté.

Eh bien ! oui , Messieurs, |e la connais.

AUBRY avec joie.

Bah 1 . . .

DELPHINE froidement.

Mats je ne la nommerai pas à cause de son luari.

CLABI9SG et d'arboise.

Son mari !

AVBBY.

Hein ? c'est une femme mariée ?. . (Entre ses cUtiti. j Diable! ce n'est plus si drôle !. . Mes idées de tantôt. . ( Bas à sa femme. ) ïu me diras qui c'est, chère amie?

DELPHINE bas.

Oh ! pour cela non.

AUBRY l>af.

Je t'en prie . . .

DELPHINE ÙaS.

Vous êtes fou ! Je n'en sais riea^ c'est un moyen d'avocat.

AUBRY bas .

C'csl un moyen d'avocat!. . . Elle est très-forte, ma femme.

DELPHINE continuant.

Qui TOUS dit qu'en publiant son nom , vous n'allez pas jeter le trouble dans son me'nage? {^ S' animant par degrés.) Qui vous dit qu'elle vous connaissait , qu'elle n'ait pas cédé alors à des sentimens légitimes , un amour d'enfance, un projet de mariage?... Je n'en sais rien; mais puisqu'on se jette dans les suppositions, il m'est bien permis d'en faire aussi. ( Avec clnlear. ) Et vous allez la punir de l'imprudence d'un autre.'. . Ah! loin d'écouter un ressentiment injuste, déchirez sans les lire, anéantissez ces semences de discorde, et qu'un oubli généreux soit votre seule vengeance. (En disant ces derniers mots elle a ouvert le portefeuille et s'est rapproche'e de la chemine'e où la flamme brille.)

CLÀBISSE.

Non! non! Delphine! que j'en lise une seule ! DELPHINE résistant.

Une seule!. . . {A part. ) Quelle ide'e ! ces vers qui sont restés entre mes mains! . . .

( Elle tire rapidement de son sein le papier que Victor lui a remis,

et le laisse tomber , comme s'il s'échappait du porleuille , en

disant : )

Non , non , te dis-je ; il faut que tout soit brillé.

CLARISSE, courant ramasser ce papier.

Ahî celle-ci. . . *

d'arboise.

Bile en a une !

* Delpliine , Clarisse, Aubry, d'Arboise.j , • '^a.

\Uiiio se rapi>rocfiunt .

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