DELPHINE, AUBRY, D'ARBOISE , CLARISSE
d'arboise.
Bon voyage !
CLARISSE
Quelle assurance !.. h ce Langage , qui le croirait coupable?
D^ARBoiSE tirant le portefeuille de sa poche. Ruses de maris ! ( d Aubry^ d'un air d'intelligence. ) Nous autres hommes, nous sommes si fins quandnous voulons I
AUBRY , d'un air de confiance et d l'oreille. C'est-k dire que nous sommes de vrais misérables!. ( haut ) reprenons l'instruction.
d'arboise.
Oui, reprenons l'instruction : Ces lettres. . .
DELPHINE dpart.
0 Dieu ! que devenir ?. .
CLARISSE avec impatience.
Il m.e tarde de savoir de qui elles sont.
d'ardoise.
Eh! mon Dieu! peut-être une de tes amies intimes.
56 lafemme
DELPHINE vivement.
Comment, Monsieur, vous avez lu. . .
u'arbdise avec dignité.
Moi, Madame ? je ne me serais pas permis. . . cela regarde ma nièce ; d'ailleurs, il y a un secret que je n'ai jamais pu découvrir.
TOUS Se rapprochant.
Un secret ! . .
DELPHINE saisissant le portefeuille.
Donnez, je suis sûre que je le trouverai. . . (à part) je le tiens I . .
AUBRY
Oui , oui. . . les femmes devinent tous les secrets.
CLARISSE allant d elle.
Eh! bien?...
DELPHINE passant le portefeuille dans l'autre main , et la repoussant.
Un moment !
CLARISSE étonnée.
Que prétends-tu, Delphine?. . je veux les voir, je veux me venger. . .
DELPHINE l'arrêtant.
Te venger? et de qui? et par quels moyens?., en profitant d'un abus de confiance! en compromettant celui dont tu portes le nom par des propos de valets !
ATÎBRY.
Ah ! cependant, s'il y a un commencement de preuve par e'crit.
DELPHINE
Ne m'interrompez pas , Monsieur Aubry .
ABERY bas.
Mais, c'est que tu te trompes; tu plaides pour l'autre. . . ça m'arrive quelquefois.
DELPHINE bas.
Je sais ce que je fais; c'est pour votre bien, {haut') j'ignore ce que contient ce porlefeuille, et je voudrais ne jamais le savoir, car personne de nous n'a le droit de l'ouvrir.
DE l' AVOU É . 57
CLARISSE
i^yio clis-tn ?. .
Ai'iiKV d (J'Àvboise C'est une tin «le non-recevoir.
d'arboisr rivenient.
Et nous voulons plaider au fond.
DELPHINE de même.
Je m'y oppose ! . .
d'arboise.
Permettez . . .
AUBRY
Voilà déjà qu'on ne s'entend plus! . . comme Ix l'audience. . . quand je m*en mêle!- . .
DELPHINE
Songes-y bien, Clarisse; il y va pour toi de regrets éternels ! je suppose même que ce portefeuille renferme dos lettres de femme!. . . que t'importe, si elles oui été écrites avant ton mariage? peux-tu en f.ure un crime ii Ion mari? avons-nous le droit de leur demander compte du passé ?. . Eh ! mou Dieu! trop heureuses quand ils nous répondent de l'avenir !.. Et si ton indiscrétion allait perdre une autre personne qui a pu être imprudente , mais qui ne fut jamais coupable.
CLABISKB.
Comment?
d'arboise.
Vous la connaissez ?
DELPHINE , avec fermeté.
Eh bien ! oui , Messieurs, |e la connais.
AUBRY avec joie.
Bah 1 . . .
DELPHINE froidement.
Mats je ne la nommerai pas à cause de son luari.
CLABI9SG et d'arboise.
Son mari !
AVBBY.
Hein ? c'est une femme mariée ?. . (Entre ses cUtiti. j Diable! ce n'est plus si drôle !. . Mes idées de tantôt. . ( Bas à sa femme. ) ïu me diras qui c'est, chère amie?
DELPHINE bas.
Oh ! pour cela non.
AUBRY l>af.
Je t'en prie . . .
DELPHINE ÙaS.
Vous êtes fou ! Je n'en sais riea^ c'est un moyen d'avocat.
AUBRY bas .
C'csl un moyen d'avocat!. . . Elle est très-forte, ma femme.
DELPHINE continuant.
Qui TOUS dit qu'en publiant son nom , vous n'allez pas jeter le trouble dans son me'nage? {^ S' animant par degrés.) Qui vous dit qu'elle vous connaissait , qu'elle n'ait pas cédé alors à des sentimens légitimes , un amour d'enfance, un projet de mariage?... Je n'en sais rien; mais puisqu'on se jette dans les suppositions, il m'est bien permis d'en faire aussi. ( Avec clnlear. ) Et vous allez la punir de l'imprudence d'un autre.'. . Ah! loin d'écouter un ressentiment injuste, déchirez sans les lire, anéantissez ces semences de discorde, et qu'un oubli généreux soit votre seule vengeance. (En disant ces derniers mots elle a ouvert le portefeuille et s'est rapproche'e de la chemine'e où la flamme brille.)
CLÀBISSE.
Non! non! Delphine! que j'en lise une seule ! DELPHINE résistant.
Une seule!. . . {A part. ) Quelle ide'e ! ces vers qui sont restés entre mes mains! . . .
( Elle tire rapidement de son sein le papier que Victor lui a remis,
et le laisse tomber , comme s'il s'échappait du porleuille , en
disant : )
Non , non , te dis-je ; il faut que tout soit brillé.
CLARISSE, courant ramasser ce papier.
Ahî celle-ci. . . *
d'arboise.
Bile en a une !
* Delpliine , Clarisse, Aubry, d'Arboise.j , • '^a.
\Uiiio se rapi>rocfiunt .