‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 159 sur 403 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les Mêmes, AUBRY. *

AUBRY , (l'un air inquiet. Pardon! je suis à vous... C'est que j'ai là du monde qui attend, pour la bouillotte.

d'arboise.

Moi aussi y Monsieur, j'attends, et depuis longtemps! Corbleu, quel avoué êtes-vous donc ? Denuis ce matin je me promène dans votre étude sans pouvoir vous rencontrer !

AVBRT souriant.

Vous n'êtes pas le seul, monsieur! mais si c'est pour la séparation , il me semble que nous n'avons plus rien à faire : on se rapproche, on s'entend... du moins à ce que vient de ni'annoncer le maiû de Madame. d'arboise .

Du tout, Monsieur, on ne se rapproche pas.

CLARISSE

Le ciel m'en préserve!

aubry .

Ah ! vous voulez poursuivre ?. .

* Delpliinc, Aubry, iVArboise, Clarisse.

d' ARDOISE.

AbsoÏBriient. J'ai là des preuves ddciiives.

AUBRY , d sa femme.

Ma foi, puisque fautre y renonce, je ne vois pas pourquoi je refuserais un bon procès.

DELPHINE bas.

Prenez garde !

AtBRY,

Il m'en faut un en déJomioagemeut du premier. (Haut.) Décide'ment vous voulez pl.uder?

d'aRBOîISE ,

J'y raangprai plutôt ma f©rtu*ie.

AtiBRY , lui tejxdant la main.

Touchez l.'i ! je suis ivotre ho*n>me. Ainsi, vous avez des preuves ?. . .

IJELPaiRB.

Encore faul-il SHvovr d« quelle Tratrttre. . .

AITBRY.

Ah! c'est jtiste. (A d*Arboîse ) Sonl-ce des preuves morales?

D ARBOISE .

Morales !. . . morales!. . . jusqu'à uu certain point. (Baissant ta voix.) Ce sont des lettres , une coiTesppndance... -,..>. wi, 40I/:

ÀTJ'BRY.

•Ahl diable I

DELPHINE , plus inquiète.

Qu'est-ce que cela dit?

d'arboi^.

Qu'il avait une liaison criminelle.

CLARISSE

Je n'en ai jamais doute' I

ACBRY .

Avant son mariage ?

d'arboise.

Et qui a continué après. . . du mioins je le crois.

DE l'àVOVÊ. ^1

ACBRY.

Hë! lié! ce «l'i'il inc '"On finit tantôt d'un ancien attiichement . . .

CLABissE d Delphine.

Tu Kentendh I

DELPHINE

Un peu de calme.

d'ardoise , ks rcuecmUant, autour de lui. Du reste, naiis cii sauroijs Uovanlag-e. Yoiçi kt f<iji^ 'c'est un portefeuille cou.l*rri.r p(fu$ée« . .

DELPiijxfi d part.

O ciel:

D'AKJBOiSE^

Qui a souvent «excité les soiipçûoscie nja nièce, cl <|ii'il cachait ;ivrc un soin . . .

DELPHINE d part.

Cest celui qui renferme me's lettres !

AUBBY, se frottant les mains.

Çu commence ài devenir intéressaat ! Un portefeuille couleur pensée!- • . c'est trèi-seutimeataL DELPKIKB, mec impoitience.

Mais, Monsieur Aubry, qu'est-ce que vous faites donc là ?

At'BRY , les mains derrière, le doiS„ Moi , ma bonne? je fais qjou état, j'étudie la cause.

DELPHINE

Au lieu d'aller faire les honneurs. . .

Aunv. Bah ! ils dansent comme des perdus j ils n'ont pas besoin de moi. D*aiUeurs , je ne puis pas quitter ma cliente; (bas) et puis ça nVamuse.

DELPHINE dpari.

Quel supplice! . .

AVBRY.

Enfin , ce poriefetiiUe. • •

d'abroisr.

Il est rntrc mes mains.

DELPHINE dpart.

Ah ! grand Dieu!

d'akboisb d Aubry,

C'est Julie, sa femme de chambre, qui a découvert. . .

CLAaiSSE.

Bonne Julie!

d'arboise d Delphine.

Il n'y a rien comme les femmes de chambre pour tout apprendre et loul rapporter.

AUBRY

C'est vrai.

DELPHINE avee humeur et d mi-voix.

On ne devrait jamais en avoir!

d'arboise.

Cette brave fille, qui connaissait nos soupçons, était chargée d'épier les moindres indices. Il paraît que, depuis notre départ, elle s'était aperçue que la clé de la toilette de Madame, ouvrait le secrétaire de Monsieur; elle a voulu ranger, mettre en ordre , et dans un tiroir à secret, que le hazard a fait jouer , elle a trouvé ce fameux portefeuille.

ATJBRY enchanté.

Et elle vous l'a envoyé ?

d'aeboise.

Sur-le-champ! Je l'apporte, pour joindre 7^3^ dossier (1/ cherche dans ses poches ). '

DELPHINE dpart.

C'est fait de moi!

CLARISSE vivement.

Je vais donc connaître enfin celle qui m'a causé tant de chagrins.

d*arboise cherchant sur lui.

Eh ! bien , esl-ce que je l'ai perdu?

DELPHINE dpart.

Plût au ciel !

d'arboise, la main sur sa poche,

Non , non !.. le voici !

Dt T.' AVOUÉ. 53

CLARISSE avec joie.

Ah!..

DELPHINE, vivement.

Monsieur d'Hervilly!. .

AUBRY

Le mari ?. .

CLA&ISSE.

Silence !..

d'arboise remettant la main dans sa poche. Ne disons rien ( // 5e tient d l'écart ).

SCÈlNE XXI.

Les Mêmes , VICTOR ( sortant de la salle de bal ) VICTOR d Clarisse*.

Mille pardons ! Madame ' vous devez m'en vouloir. ^ oilà une heure que je vous cherche dans le Lai , pour vous l\iire mes excuses.

Air : L'amnur (ju' lldmonJ.

Far le i>laisir trop enivre d'aTance ,

J'oubliais un engagement. . .

L't-pouse helas ! d'un nouveau ])air de France

Qui me re'clame hautement!

EUle est fort laide , et pourtant l'obligeance

Me contraint à ce devoir-là j

Mais par bonheur j'ai l'espérance Qu'une autre ici m'en re'compensera.

( Souriant } Ce sera donc pour la contredanse suivante, si vous le permettez.

CLARISSE froidement , et se contraignant. Ni celle-là , ni une autre, Monsieur.

VICTOR surpris.

Comment . . ?

d'arboise à part.

Très-bien! je reconnais mon sang.

CLARISSE

Je m'dtonne que dans notre position , vous ayez pensé. .

* Delphine , Aubry, Victor, Clarisse ,d'Arboise ( à l'écart ).

S/t LA F EU ME

VICTOR pLus étonné.

Toiit-à-l'heiire cependant, vous m'aviez promiis^.'. .

CLARISSE

Vous vous Irompez, Monsieur^ j'ai pu ne pas répondre avec aigreur à vos folies , sans que pour cela mes résolutions aient changé.

viCTOB. confondu .

Quoi ! JMadanie. . . {se tournant vers Delphine ) Conce» vez-vous un caprice pareil ?

DELPHINE , d'un ton composé.

Apparemment que madame a des raisons. .

A.rBRY, du même ton.

Ou paut-êUe des motifs. . .

VICTOR les regardant.

Vous aussi I que veulent dire ces visages contraints?

i apercevant d'Ar boise qui s'est approché de Clarisse.) Ah! *ardon!... je devineî je n'avais pas vu monsieur d'Arboise [le saluant) Cet excellent oncle !. . partout où je le rencontre , je dois m'attendre à des préventions injustes ! • . f regardant autour de lui. ) Le bon Monsieur Faustin n'est-il pas aussi caché dans quelque coin? d'aiboise gravement.

Monsieur! il me semble que dans tout ceci , vous ne devez vous en prendre qu'à vous seul. VICTOR vivement.

Non, Monsieur, c'est vous que j'accuse! tout à l'heure, Madame était bonne, indulgente : vous paraissez, et je suis accablé de dédains. . . il faut vous expliquer enfin , il faut me déclarer. . . LEFÈVRE en dehors.

Monsieur d'Hervilly! Monsieur d'Hervilly !

(Musique derrière le tiiéâtre. L'orchestre exécute en sourdine une contredanse nouvelle jusqu'à la sortie de Victor. )

Qu'est-ce donc ?

AUBRY regardant.

Eh! parbleu I votre dame qui vous attend ! la contredanse est commencée.

l)E L AVOr K. 00

VICTOR

Il 8'agil bien île cela.

AtfBUX.

Allez tionc vite! tenez , la chaîiie anglaise. VICTOR arec impatience.

Eh 1 coinnient voulez-vous que Ton danse, quand on est furieux. . fd Clarisse) Oarisfo ! je vous en conjure , daignez au moins me dire. . • ( remarquant son air froid et dédaigneux) Quoi!. . pas un mot! pas un regard! . . {^vivement ) Eh ! bien , Madame , puisque vous me repoussez, puisque vous me re'duisez au désespoir, je ne demande plus rien, je pars , je m'dloigne; vous ne me reverrez de la vie , et quand vous aurez reconnu votre erreur , il ne sera pltts temps de me rappeler! Adieu ! . .

(11 rentre flans la salle de bal. J-.aporte se referme. On n'cntcn»! plus lafnaBiqne. )

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