‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 176 sur 403 · LA MARQUISE, MARIE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, MARIE

MARIE

Ah! il fait bien de s'en aller... quand il est là, je ne puis pas l'aimer à mon aise... [S'arrêtanl toute confuse) Ah! pardon, maman^ je vous parlais comme à mes bonnesamies du couvent.

LA MARQUISE

Ne te reprends pis!., tout ce qui me prouve ta tendresse, iTie rend si heureuse.

MARIE

Vrai! Vous permettez?... ah! tant mieux!., carde l'autre manière , il me semble que je t'aime moins, et cela me fait de la peine.

LA MARQUISE, l'attirant d elle , et l'accablant de caresses. Chère enfant! Mais vient donc ici... que -Je te voie, que je l'admire !.. Que tu es bien! comme tu es embellie! MARIE, ingénument.

Tu trouves?... cela me fait plaisir.

LA MARQUISE

Et pourquoi?

MARIE , un peu embarrassée.

Ah! d'abord, parceque c'est toujours agréable... et puis... i'ai bien des ciioses à te dire.., oh! mais des choses îérieuses.

tA MABQUisE, souriant de son air important et s'asseyant. Vraiment!., je l'écoute.

MARIE, lui baisant la main.

Que tu es bonne! Tu le rcoppelles la dern'ère fois que tu es venue nie voir... tu étais triste, émue... tu me dis , en me serrant dans le* bras : « Chère enfant, pourvu que je vive asst'Z » pour le voir heureuse ».

LA MARQDiKE, vivcment.

Ah! le ciel m'est témoin que c'est là mon feul vœu, mon seul dé.>«ir... Cette ambition que j'avais autrefois pour moimême; ce besoin d'hommages, d'honneurs, de distinctions, c'est pour loi que je l'éprouve maintenant; et mon rêve de tous les jours, de tous les inslans, c'est de te voir au premier rang, de le donner uu mari, une grande fortune.

MARIE

Eh ! bien , je crois que j'en ai trouvé la moitié.

LA MARQUISE , Se levant.

La fortune ?

MARIE

Non, le mari... Je ne sais pas s'il est riche; je n'ai jamais pensé à le lui demander, mais il est si bon, si aimable!.. Figure-toi , un jeune homme qui venait presque tous les jours voir sa tante, là-bas, au parloir... Il n'arrivait jamais qu'à l'heure où j'y étais... tout en causant avec sa tante , il ne regardait que moi... et moi, sans m'en douter , je le regardais aussi. .. car il eA très-bien... Enfin, je ne sais comment cela s'est fait... mais à force de nous regarder, il s'est trouvé que nous nous a'mions.

LA MARQUISE

Et il t'a parlé de mariage?

MARIE

oh! très-souvent... un jounriême, il est arrivé bien triste... parce que son père, qui tienl bcaMcoup à l'argent, lui avait proposé un parti de 5oo,ooo livres qu'il avait refusé... mais il craignait que ce ne fût un obstacle... Oh! Monsieur Henri , lui ai-je dit, ne vous désolez pas... j'aurai bien plus que cela, moi... ainsi , Monsieur votre père n'aura aucun prétexte. (Mouvement de la Marquise.) J'ai bien fait de lui dire cù... n'est-ce pas, maman ?

LA MARQUISE , troublée.

Sans doute... mais qui a pu l'apprendre?..

M/vBIE.

Mon ODCÎe, le Baron d'.\ubray, d.tus sadernicreleUre.

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