SCENE V
Les mêmes, LE COMTE DE GUICHF, pâle, les habits en désordre, et suivi de plusieurs valets iîe la Marquise.
LE COMTE , d'une voix étouffée.
Sauvez-moi, sauvez-moi !
LA MARQOISE.
Le Comte de Guiche !
MARIE , courant à sa mère.
C'est lui, maman... c'est lui, dont je te parlais.
LE COMTE
Madame la Marquise!.. Marie!., ah! pardon... j'ignorais... je me suis jette dans la première maison qui s'est offerte à moi.
Quel est donc le danger qui vous menace ?
LE COMTE
Le plus grand de tous... Le peuple égaré, furieux, me poursuit, et a juré ma mort.
MARIE
O citl!
tE COMTE, chancelant.
Pardon..- mais la force m'abandonne.
MARIE, et LA MARQUISE, le Soutenant.
Attendez!..
On approche un fauteuil sur lequel il tombe épuisé.
LE COMTE
Une erreur fatale... Dans leur aveuglement, ils m'ont pris pour un de ces misérables qui sèment partout l'effroi et le poison,
LA MARQrisE , frappée.
Que dites-vous? [A part.) Et c'est chez moi qu'il se réfugie!..
MARIE, éperdue.
Le soupçonner!., lui, le plus généreux des hommes!
LE COMTE
Au milieu du tumulte , j'ai pu leur échapper... mais s'ils m'ont vu entrer ici, c'est fait de moi... Je crois entendre... LA MARQUISE, regardant à lafenêlre , et à mi-voix.
Attendez...
MARIE, au Comte.
Je tremble.
LA MARQUISE, de même.
Ils s'arrêtent... non , non , les voilà qui s'éloignent. .. ils se montrent une autre maison... ils courent à l'autre bout de la rue.
MARIE
Il est sauvé.
LE COMTE
Pas encore; caria moidrc indiscrétion...
LA MARQUISE
Je réponds de mes gens. {Aux laquais.) Lambert, vous m'entendez; fermez toutes les portes, mettez-vous en sentinelles, si l'on essayait d'entrer, sur votre tête et quoi qu'il airive, n'ouvrez à personne.
MARIE , courant à sa mère.
Ah! mamau.
Les valets sortent.