‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 181 sur 403 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les Mêmes, DESGRAIS, PITHOU, LARIOLLE, suivis des gens du peuple armés , et repoussant les valets qui veulent les arrête'»'.

TotJS , avec fureur.

Il Cil ici , vous dis- je!

SAINTE- CROIX

Arrêtez!..

MARIE , les mains étendues.

Ecoutez-nous.

Mes amis!

DFSGRAis, montrant le Comte.

C'est lui, le voilà! l'empoisonneur! le scélérat!-.

TOUS

A mort !

MAR^E

Oh! non., tuez-moi d'abord.

DESGRAis, s' élançant pour le saisir.

Rien ne peut le sauver.

LA MARQUISE, se précipitant au milieu d'eux. Que faites-vous?,, chez moi...

DESGRAis, s'arrêtant.

C'est madame la Marquise!..

TOUS , de même.

Midame de Brinvilliers.

DESGRÀIS , Cunf'S.

Ah! pardon, pardon, Madame la Marquise... nous ignorions que c'était votre hûlel... sans cela, bien sûr, nous ne nous serions p:is permis d'entrer., sans non* Hiire annoncer !.. Mais Madame la Marquise est trop juste , trop bonne pour le peuple , pour donner asile à un misérable qui a voulu nous empoisonner.

SAINTE-CROIX, avrc il'Ollif.

Tous, à la fois!., c'est un perfectionnement.

DESCBAIS.

Oui, mon gentilhomme ; il a commencé par une pauvre femme...

Vous vous êtes trompés, mes enfans! c'est le Comte do Guiche...

DESCRAIS.

Je ne dis pas, Madame la Marquise, mais...

LA MABQflSE.

Un digne et brave jeune homme , d'une illustre famille...

DESGRAIS

C'est possible...

LA MAUQT'ISE.

Un des premiers officiers de celte bonne Henriette, que tou» odorez tous, et qui vous fait tant de bien.

DESGRAIS

Je ne dis pas. Madame la Marquise, mais les meilleur» maîtres peuvent avoir de mauvais domestiques.

Le Comte fait un inmivement d'indignatioa; il est contenu par Marie.

PITHOB.

Puisqu'on l'a vu !

DESGRAIS

Qu'on l'a pris sur le fait.

LA MARQCiSE, vîiement.

Vous vous trompez, vous dis-je... Je conçois que dans ce» temps de m:iiheurs, le moindre soupçon vous fasse voir partout le poison et la mort! . mais celui que votis poursuivez n'est pas coupable, il ne peut Fûtre, je vous le jure... je connais son honneur, sa loyauté...

TOCS , murmurant, et voulant le saisir. Cependant...

LA MARQUISE , élevant la voix , et avec fierté. Ah ! j'espère que chez moi , personne n'osera douter de me»

oo

paroles!.. FaïU-il vous ilire plus? c'est mon gendre! {rnouxeïnmf.J il va épouser ma fille , ma fille unique... Croyez-vous que je confierais son bonheur h un homme que je n'estimerais pas, et qui aurait perdu ses droit à vos respects! LE COMTE, avec joie.

Qu'entends-je!.. elle consent !.. "

TOCS , atec respect.

"Votre gendre !

SAINTE-CROIX, à pari.

Le moyen n'est pas maladroit!

DESGRAIS

Ah! c'est différent!., ce mot seul le juslifio... Le gendre de Madame la Marquise... l'honneur, la vertu même... ça ne peut C'ire qu'un honnête homme. [A ceux qui L'entourent.) Et le premier qui voudrait lui ôter un cheveu aurait à faire à moi.

Il en repousse deux ou Irois qui ne faisaient aucun mouvemeut. MARIE , ave un cri de joie.

Ah ! mon ami!

DESGRAIS, confus.

Certainement , ma belle demoiselle, {yi ceux qui l'entourent.) Ah! ça, qu'est-ce que vous êtes donc venu me chanter, vous autres, avec vos histoires... Je l'ai vu... Il a fait ci... Il a fait çà. Vils calomniateurs!... {A la Marquise.) Mille pardons, Madame la Marquise, de vous avoir effrayée, d'avoir dérangé... les portes de l'hôtel... {S' avançant près d'elle en confidence, et niontrant ses camarades.) J' vas vous débarrasser de tous ces drôIes-là... Mai? si c'était un effet de voire part... Tirant un papier de sa poche.) J'ai demandé une petite place à Monsieur le Lieutenant de Police, qui est votre allié à ce qu'on dit... La mercerie va si mal à présent... et si Madame la Marquise était assez bonne pour me recommander, je serais bien sûr d'être nommé.

LA MARQUISE, avcc empressement.

Volontiers... volontiers...

Elle prend une plume , et ajoute quelques mois au papier que Desgrais lui donne.

[A part.) Pour m'en débarrasser.

DESGRAIS

Dieu vous en récompensera! V'ià que nous nous relirons, Madame la Marquise, mais ce ne sera pas sans vous bénir, vous et vos chers enfans.

TOUS

Oui , oui

dl

DESGRAI!*.

Que le Ciel vous rende aussi heureuse que vous le niérilcr. !. et vos enfans aussi !..

To us .

Oui oui.

SAiSTE-CBOix , bas à la Marquise.

N'oubliez pas que votre frère...

lA MARQUISE , baS.

Ce soir, au pavillon du jardin... Je vous attends.

Sainte-Croix et ia Marciuisc sont an milieu du théâti'e ; le Comte et .Marie d'un côté , baisent la main de la Marquise; Desgrais et le peuple groupés de l'antre côté, semblent appeler sur elle la bénédiction du Ciel.

TOrs.

Vive Madame la Marquise!

Le lideau tombe.

Fin du premier acte.

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