SCENE IX
LA MARQUISE, SCulc.
C'est elle ! ( Elle fait un /ms pour les suivre, et s'arrête , comme tffrayre W elle-même, ) Je n'ose les suivre; car, malgré le respect que ce lieu doit m'inspirer... je ne sais ce dont je serais capable. (Après un moment de silence.) La voil<^ donc!., je la connais enfin , celle qui m'enlève le fruit de tant de sacrifices!., celle qui condamne ma pauvre Marie à un lualheur éternel!., et je l'épargnerais !... (Elle porte la main au flacon de Sainte-Croix^ tjuelte a conservé , et qui est caché dans son sein. ) Ce flacon de Sainte-Croix, j'espérais ne plus m'en servir!. Mais quand il n'y a plus qu'un seul obstacle... un seul, si faible... si facile ù renverser!.. (Elle s'arrête.) Mais wn enfant... une jeune fille!., la compagne de Marie... qni ne m'a jamais ofTensée... qui ne m'a fait aucun mal... [Avec amertume.) Aucun mal!... et ma fille qu'elle lue... quelle assassine... devant moi!... car je ne saurais en douter.. Marie en mourra!., à son ûge... un premier amour trompé, est un poison plus sûr et plus rapide que tous les nôtres... et je n'oserais la défendre !.. je n'oserais sauver le seul bien qui me reste !.. (D'une voix sourde et terrible.) Ah ! malheur à toi, fiancée du comte de Guiche... malheur à toi!.. {S' arrêtant encore. ) Mais ici... quel moyen ?.. au inilieu d'une fêle... en présence <'e la cour ! et cependant, si je perds celte DCcasion... qui sait quand je pourrai l'approcher? qui sait si je la reverrai jamais ? et ce mariage fatal... {Revenant à elle , et changeant d^idce. ) Ce mariage?., mais il ne se fera pas ; !e Comte a pu céder d'abord aux désirs de son père... aux vœux 4c la princesse; mais son amour nous lo ramènera,., je l'ai
vil... j« l'ai vu , hier, à ses regards, à la douleur qui se pei- {juait dans tous ses Irait»! il était ému, agité... oui, oui, il aime IMarie, il l'aime réelleiiieiit... qu'il la revoie, et il reviendra bien vile à ses pieds.