‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 212 sur 403 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les mêmes, L\ MARQUISE, MARIE.

MARIE

Mes Sœur»... Ah! pardon Madame la Supérieure... vous êtes occupée.

LA supérieure.

Venez, venez ma fille!. {A Desgrais.) C'est mademoiselle Dun oyer.

marie.

Je vous amenais maman, qui est toujours bien triste et bien souffrante.

desgrais , se levant.

Madame Dunoyer!.. je vais lui faire compliment.. {^Reculant vivement.) K\\\.^ c'est elle ! et La Voisin aussi !.. à merveille!

LA MARQUISE

Un étranger! (Elle fait un mouvement comme pour sortir.)

LA sui-ÉRiEURE, la retenant.

Restez, Madame, restez donc... nous étions avec Monsieur l'Abbé, nous causions de vous...

DESGRAIS , à part.

Pourvu qu'elle ne me reconnaisse pas!... oh! non.... un homme perdu dans la foule!., et puis cet habit... Celte tête évangélique!..

LA SUPÉRIEURE

Il a bien voulu acceplor quelques-uns de ces biscuits délicieux....

DESGRAIS, à part.

Hein !... ah! mon Dieu ! c'est elle ! je suis empoisonné!

LA SUPÉRIEURE

Qu'ave/.-vous donc, Monsieur l'Abbé ?

DESGKAis , iCun air piteux.

Kien... rien.! [À part. ) Il me semble que je sens d<'jà quelque chose...

LA MARQUISE, Ic regardant.

Monsieur l'Abbé halnle Liège ?

DKSCRAl':.

Tas habituellement... (À part) Scélérate, va !

LA SUPÉRIEURE

Il arrive de Cologne — et est chargé d'une mission.... Lb ! mais, j'y songe, Monsieur l'Abbé., c'esl sans doule relatif aux aflaires de France !

LA MARQUISE, troublte.

De France?..

LA SUPÉRIEURE

Oui... à ces empoisonnemens, aux poursuites exercées... .

DESGRAIS

Aux empoisonnemens ? {A une Sœur qui lui offre des biscuit.^.) Merci... merci., je ne prendr.ii plus rien! ( A part,) c'est bien assez !..

LA SUPÉRIEURE

Comme nous sommes sur la frontière, il parait que plusieurs de ces malheureux se sont réliigiés à Liège et la Franre exige...

DESGRAIS

La France exige !.. la France exige... cl de quel droit ?

LA SUPÉRIEURE

Il y a surtout une femme que l'on tient à découvrir La

Marquise de Brinvilliers...

LA MARQUISE , très-iroublée.

La Marquise....

MAi;iE , lui serrant la main d la dérobée. Miiman !... {Aux Religieuses qui s^ approchent ) C'tst qu'elle a passé une nuit alTreuses!.. si lu rentrais...

LA MARQUISE, se remettant.

Merci, mon enfant... cela va beaucouj» mieux !

DESGRAIS

La Marquise de Brinvilliers!.. Je ne connais pas!., ah! si, attendez donc... une femme très- intéiessante... très pieuse., que l'on accuse sur des oui dires... des enfantillages, des bêtises! MARIE , vivement.

Oui! oui, Monsieur l'Abbé, d'infâmes colomnies!.. cnr jamais son tœur n'a pu concevoir ces horreur.s !.. on nie l'a dit <lu moioî... elle est si bonne , elle aime laut sa ûlle!..

BESCRAIS.

Cerlainement... certainement!., du leste, la France sera bien attrapée... car ou assure qu'elle s'est réfugiée en Espagne.

LA MA'RQ^TJISE.

En Espagne!..

LA SUPÉRIEURE

Tant mieux !.. car si elle était de nos côtés... cela pourrait nous exposer à des persécutions.

DESGRAIS

Vous croyez que votre Conseil se laisserait intimiiler.. mais ce serait affj'eux !.. trahir la cause du malheur, de l'innocence! laisser visiter cette terre hospitalière !.. un couvent peut-être! LA SUPÉRIEURE, avec fcrmeic.

Non pas le nôtre.

Page 1