SCÈNE IV
Les M£Mes, MICHEL VEVxR]'^ , entrant par le fond.
Ouf !,.. cent deux marches tout d'une haleine... ça n'est pas mal, à mon âge.. . Et ce cocher qui me demandait pour boire !... comme je lui ai dit : « Citoyen cocher, mon cher » ami... la plus belle fille ne peut donner que... » ( Donnant une poignée de main à Bernard.) Bonjour, mes enfans ! bonjour, Bernard.
BERNARD (l).
Salut , cit03"en Perrin.
MICHEL PERRIN, emlrassant Thérèse.
Et toi , ma petite Thérèse!... {La regardant at^ec attendrissement) je ne t'ai pas vue d'aujourd'hui, et si lu savais quel plaisir j'ai à te regarder... {A Bermard.) C'est qu'elle ressemble à sa mère, à ma jjonnc J\L'idelcinc...
( I ) Tbéf è»e , Perrin , Ci-rnard.
ACTi: I , scii.si: i\. 9
Air : rie Teniers.
Oui , jilus je vois ma Thérèse chérie , Plus je crois revoir dans ses Iraits,
Ceux d'une sœur, ceux d'une amie
Oui , c'est elle que j'adorais 1 ( La regardant avec émotion. )
Dans ses yeux sa bonté respire
C'est son regard pour me charmer .
C'est sa bouche pour me sourire
THÉRÈSE , tendrement.
Et c'est son cœur pour vous aimer.
PERRIN
El sn polilc moue, quand elle me grondail... parce qu'il fjiit voiis (.lire qu'étant jeune , je n'av.iis jnniais le son.
lîER.vAP. n, à part.
II me seniltli' qu à |ircsenf ce<t absolument l.i même cliose.
PERRi.v , toujours attendri.
Et c'élail Madeleine qui me glissait la pièce blauclie, pour telourncr au séminaire... Pauvre sœur!... et dire qtie je suis ai rive trop lard !
thérkse , cci^ec tendresse.
Allons 5 mou oncle, ne parlons pas de cela.
i^ERRix j se remettant.
Tu as raison... il ne fanl pas s'attendrir , <{uaud ou a des allaires!... Mais c'est égal , je ne mourrai content que lorsque je l'aurai vue heureuse, mariée à un honnête garçon de ma connaissance... (Il regarde Bernard de loin.)
THÉRÈSE , à paît.
Cher oncle !
PERRIN, allant à Bernard qui est à l'autre bout du théâtre et lui montrant T/ieièiC, (pd ^a auprès de la chemine'e.
Dis donc, Ijcriiard , j'ai trouve le cadeau que je veu\' lui faire h' jour de vos no.e^., uno dcmi-doii/iine de co iverfs
10 MICHEL PERMN.
traigent... Ne dis rien !... J'ai iléjà vu l'orfèvre!... c'est lo picmièrc chose que j'achèterai... dès que je serai en fonds.
BERNARD , à part.
Qu'est-ce qui ne se mettrait pas en quatre pour un brave homme d'oncle comme ça !...
PHRRiN , haut.
Ah ! ça ! Bernard , tu venais nous demander à déjeuner?
BERNARD
Moi?... Oh! non...
PERRIN
Ne vas-tu pas faire des façons?... Thérèse, dis-lui donc que c'est ridicule.
THÉRÈSE , près de la cheminée.
Certainement, monsieur Bernard ! j'ai compté sur vous,
BERNARD
Ah! si VOUS avez compté.... c'est différent. {Il passe à droite du théâtre. ")
PERRIN, se frottant les mains.
Et tiens- toi bien, mon enfant. Si Bernard est comme moi , ton déjeuner trouvera à qui parler ! Le grand air... la salisfaction...
BERNARD, vi^>ement.
Vous avez donc réussi?
THÉRÈSE, venant auprès de son oncle (i). Comment, mon oncle?
PERRIN , d'un air triomphant.
Ali 1 vous ne vous y attendiez pas... toi , surtout , Thérèse, qui me répétais sans cesse que je n'en viendrais jamais à bout...
THÉRÈSE
Vous avez une place ! . . .
(i) Bernard, Perrin , Thérèse,