ACTE ï, SCÈNE IV. n
l'ERUIN.
Que ne (Icmaiulcs-lu tout de siiile si je ne suis pas sccoiul consul?... Ça ne inaiclie pas si vite , mes enfans!... mais les choses sont en l)i)ii trait).
TIIÉRtSE.
Vous avec dune trouvé vos anciens camarades de .ïuilly ?
PERRIN
Précisément.
BERNARD, regardnn t Thérèse.
C'est-il heureux !
THÉRt;SE.
Contez-nous donc cela , mon oncle.
PERRI.V.
J'ai d'abord été chez Camus... tu sais , lepelit Camus... Oh ! non , tu ne sais pas ! un ancien camarade... I! venait il être nomme directeur de renregistiemeni des Bouches -du-Uliône, et il était parti
THÉRLSIi:,
Parti !...
PERRIN
Ensuite, chez le gros Brigonnet... un tapageur !. fl est colonel à l'armée du Danube.
THÉRÈSE
Ainsi, vous ne l'avez pas vu non plus?..,
PERRIN
Ne voulais-tu pas qu'il quittât le Drinube pour me recevoir? Mais le troisième n'était pas parti, lui !
BERNARD
Ah!
PERRIN
Un inspecteur-général des vivres!.... j'avais son adresse: f;iuboiug du lîuiilo, n". 8^. Et jugez de mon bonheur !... c'était son jour tl'audience !
THÉRÈSE
En (in!
PEr.niN,
Il n'y .ivail (jii'iine chose <]iii me Jéplaisail.., l<Mileii marchant, je me disais : Un jour d'aiidience.., c'e^l iiKliscrel!... Il y aura une foule.,, et puis , le plaisir de me voir... il va housculer ses allaircs... renvoyer tout le monde !
BÏRNARU, soiiiiaul.
Oh 1 il n'y avait pas de danger !...
PERHIiV.
Enfin , j'allais toujours... Quand je crois être arrivé , je lève le nez pour chercher mou n°. 87... faubourg du Koule... et je lis au coin d'un mur : « Place de la Bastille !... »
BERNARD
Comment?...
PERRIN
Ah! ah ! je dis : ce n'est pas encore là!... J'entre chez un cordonnier pour savoir un pou dans quel pays je me trouvais. ( liinnt.) Juste ! ;\ l'autre bout de l*.iris!... Il paraît qu'au lieu de tourner à gauche , j'avais pris à droite I
THÉRÈSE
Là !... voyez donc!,., s'exténuer ainsi !...
PERRIN
J'en ai été bien dédommagé!... {à Thérèse) imagine que la femme du cordonnier était du pays... une brave Normande Nous avons causé de nos amis , de mes bons paroissiens!.. £t si tu avais vu quel ménage uni !... des enfans charmans!... Je leur ai donné une leçon de lecture, tout eu me reposant... ça me faisait un plaisir!... ça me rappelait le bon temps... quand j'étais entouré de mes marmots, et qu^après la leçon , le les faisais danser avec mon violon,
BERNARD
Vous les faisiez danser,., un curé?
PERRIN
Eh bien ! le grand mal !.. {Vimitn/d.) Vous Its faisiez dan-
VCTE I. SCÈNE IV. ,3
>ci? Un ciiië ! Oii'csl-cc (|ii'il y ;i «lotie h\ ilc ^i loi ril»lo :'... Ali! <l.ini î je n'étais pas tonjouis à i^nomler, à sciiiioiifr !... cl j'.iv.ii-> iiion système , <jiii en v;il,iil liicii im aiilie.
Air : de Paris il le village.
D'uiimalnde, fli>li; mutin , Quand je ionl;it;eai.s |;i souffiancr 1 Ouiind je ponyais S44ul<i^*>< un voisin , Tendre la main à l'indigrncc 1....
Dans un tnrudge quand la paix
Par mes soins était ramenée
En bon curé , moi je rroyais Avoir bien rempli ma journée !
THÉRÈSE
Enfin , vous êtes retourné chez votre inspecteur des vivres...
PERRIN
Ah ! bien ouil... l'heure de l'audience était passée.,, jcn'eu pouvais plus !... IMais je me suis dit : Voilà les choses en hou tiain , je puis me donner le plaisir de revenir eu voiture.
THÉRÈSE
Vous avez bien fail. {Souriant.) Mais gaf^cons , mon oncle , que vous avez été enchanté de vous êlre lionipé?
PERRIN
Comment?... celle petite voudrait me faire croire (jue j";u peur de luesancieui amis...
THÉRÈSE, le menaçant du doigt, en rinnl.
Hum!...
\)\\ \Qw\..,\^Bas , à Bernard.') C'est que c'est l,i véiiu! ( liant. ) J'irai ilemain.
THÉRÈSE
Ce ne sera plus jour d'audience; vous ne le trouverez pas,
PERRIN
Alors ce ne sera plus ma faute; j'aurai fait humainemeul tout ce que je pouvais : je lui écrirai...
i4 MICHEL PERRIN.
THÉRÈSE
AuiouiJ'liui ?
rKRRIN,
Viaiulcni ina bonne Thcrèse, tu es sans jMtlé ! Tu vois ce pauvre Bernard (jui tombe d'inanition...
BERNARD
Oh! ce n'est pas pour moi, citoyen Perrin.
PEBRm.
C'est pour toi comme... pour les autres. ( A Tliérèse. ) Et ta crème qui s'en va !...
THÉRÈSE , courant à la ehemînée.
Voilà , voilà , mon oncle !...
BERNARD , à part.
Je vois que le mariage n'est guère plus avancé. (7/ va prendre une petite table qui est auprès de la croisée , et la place au milieu du théâtre. )
PERRIN , s' asseyant à un, bout de la table.
A propos, Eernard, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a parlé de toi...
BERNARD , trOublc'.
Un Jeune homme en cadenettes?
PERRIN
Qu'est-ce qui te parle d'un jeune homme en cadenettes?... Du tout, c'est ton maître menuisier , qui t'a remis, à ce qu'il m'a dit, un journal pour moi.
BERNARD, le i'raut de sa poche.
Ah ! c'est juste... le journal des frères Chaigneau , que vous aviez demandé.
PERRIN, assis.
Je lirai cela après déjeuner. Mets-le là, sur la table. ( De'signant celle oii sont ses papiers ^ {A lui-même.) Cette arniée de réserve qui file sur Genève occupe tout Paris... on ne peut pasileviner >a destination.