‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 312 sur 403 · I.ÉOX, interdit · texte numérisé non relu

I.ÉOX, interdit

D'elle '

DHIESML.

Qu'elle m'a glissée en secret... Je ne l'ai pas encore ouverte, parce que ma tante ne nous a pas quittés. (D'un ton compose.) Tu peux la lire, mon ami , et voir si je me suis trompé... c'est possible !

LÉOX, Couvrant en tremblant.

Grand Dieu! Ainsi donc, ses regards , son émotion que j'interprétais en ma faveur. ., [Lisant (C une voix émue et entrecoupée.) « CAxev co\\si\\...\> [A lui-même.) CViQV couûn. {Lisant.) c Ce »que je fais est bien mal sans doute, mais le danger qui me «menace, l'amitié qui nous unit depuis l'enfance... vous seul xmc témoignez quelque compassion, et c'est à vous seul aussi »que je puis faire un aveu que je n'oserais jamais risquer de «vive voix. » {Accablé.) Ah!

DUMESXIL.

Pauvre petite ! je ne m'en doutais pas du tout.

LÉOX, lisant avec hésitation.

« Il est vrai, il est quelqu'un (jue j'ai distingué. DUMESXIL, répétant avec complaisance.

Il est quoiqu'un que j'ai distingué...

LÉOX, continuant.

>( C'est un jeune officier...

DUMESXIL , surpris.

Hein?

hÉO'X, lisant et avec Joie.

« Un jeune officier, que j'ai vu à Paris, chez mon oncle.» {Avec agitation et continuant à lire des yeux.) C'est moi. DUIESXIL.

Pas possible !

LÉOX.

Toutes les circonstances qu'elle rappelle... {Lisant.) «J'ai cru »un moment qu'il m'aimait : mais puisque je me suis trom-

Les Duels. 5

»pée, obtenez du moins de ma mère que je ne me marie ja- »mais.» {Couvrant la lettre de baisers.) O bonheur!., mon ami! mon cher Dumesnil!

Lui sautant au cou.

Air : Vaudeville de la Robe et les Boites.

Je suis aimé... j'ai su lui plaire Je suis certain de triomplier.

Bt.MESNiL, étourdi.

Ce nVst pas un motif, j'espère , Pour Tenir ici m'étouffer.

(Uef,'ardant la lettre.)

Comment diable , c'est un peu rude , Ai-je donc pu m'y tromper ce matin ?

LÉON , gaîment.

Oh! vous avez tellement l'habitude De lire dans le cœur humain !

DUMESNIL

C'est ça... moque-toi de moi, par-dessus le marché !..(iîtanf aux éclats.) Au fait!., c'est très drôle... Eh! bien... au fond... je n'en suis pas fâché... cela m'aurait brouillé avec trop de monde; et pour te prouver que je n'ai pas de rancune, je ne demanderais pas mieux que de te servir... mais malheureusement tu n'en es pas plus avancé.

DUMESIVIL.

Agathe se marie demain.

LÉON

Demain !

DLMESNIL.

C'est l'oncle Selmar qui a arrangé cela ; il était bien sûr de gagner le pari.

LÉON , vivement.

Et je le lui ferai perdre!.. Maintenant que je suis aimé, il n'y a pas de puissance au monde qui m'arrête ; j'empêcherai ce mariage, je le romprai.

DUMESNIL

Je t'aiderai... ça m'amusera; et puis, je déteste le futur, comme s'il était mon rival ; et je serais enchanté de trouver l'occasion de le vexer, de le mystifier : cherchons quelque moyen.

LÉON

Oui... cherchons; voyons, as-tu trouvé?

DUMESNIL

Donne-moi donc le temps.

'" LÉON

" Comment! toi, un ancien avocat.

Air : Comme il m'aimait.

A la mère

Si tu parlais !..

DUMBSNIL.

Elle est esclave de suii l'iére !..

LÉON

Peut-filrctu l'attendrirais, L'éloquence a tant de secrets !

Di'MKSRiL, souriant.

Je le veux bien , Mais tu t'exposes...

Moi qui perdais toutes mes causes.

LÉON, vivement.

Ne lui dis rien , bis.

Alors , mon cher, ne lui dis rien.

DUMESNIL

D'ailleurs il faut quelque chose de prompt.

LÉON, viveyneut.

J'y suis!., un enlèvement... j'enlève ta cousine.

DUMESNIL

Et comme substitut, je suis obligé de te poursuivre pour rapt , de te faire condamner.

LÉON

Diable !.. Ce rival, quel homme est-ce?

DUMESNIL

Un sot.

LÉON

Un vieillard ?

Non !.. de ces figures qui n'ont pas d'âge... de trente à... cinquante ans; comme on veut!

LÉON

Brave ?

DUMESNIL

Il le dit.

LÉON

Tant mieux! je le provoque et je le tue.

DUMESNIL

C'est ça, tu es obligé de te sauver et tu ne peux plus épouser ma cousine.

LÉON

Me sauver?..

DUMESNIL

Hé sans doute... Le commandant de la place vient de publier les mesures les plus sévères, pour empêcher les duels entre les officiers et les bourgeois.

LÉON

Des duels pour opinion 1'

DUMESIVIL.

Oui. à cause d'une première clianteuse qui doit être à roulades selon le militaire, et sans roulades selon le civil.

LÉON

Quelle plaisanterie !

Du tout... le commandant ne plaisante pas, et il les poursuit avec une rigueur... Le connais-tu?

LÉON

Je l'ai vu en arrivant, pour lui remettre ces dépêches ; il m'a même invité à déjeuner demain.

DUMESNIL

Alors, il a ton signalement ; et si tu as le malheur de tuer ton homme, te voilà forcé de fuir, de passer la frontière... ou il te fait jeter dans la citadelle.

LÉON, hors de lui.

Miséricorde!., mais c'est un labyrinthe sans issue, un abîme sans fond!., si du moins je pouvais voir ta cousine, sa présence m'inspirerait peut-être.

DUMESNIL , regardant de côté.

Eh! bien, mon ami, inspire-toi... la voici. LÉON, tratisporté.

Agathe !

DUMESNIL, C arrêtant et le masquant.

Prends garde de l'effrayer.

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