‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 313 sur 403 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, AGATHE. Elle s'avance timidement et regarde souvent derrière elle pour voir si elle 71'est pas suivie. Le jour commence à baisser.

AGATHE, d demi-voix.* Vous êtes-là, mon cousin?.* je me suis échappée un moment, mais ce n'est pas sans peine; ce M. Beauchan est toujours sur mes pas.

LÉON , bas.

DUMESNIL, bas.

C'est le futur!

AGATHE

J'étais si impatiente. {Timidement. ) Eh bien ! mon cousin, V6u^ avez lu ma lettre.

' LOon , Dnmesnil , Agathe.

DLMESNIL.

Oui, pclitc (•(•usine, et voilà ma rt'ponse.

Il lui présente Léon qu'il fait passer auprès d'elle. •

AGATHE, avec un cri.

Que vois-je?.. M. Léon...

LÉON, s'étançant près d'elle.

Moi-même, cliarmante Agathe!.. Grand Dieu! elle chancelle. [A Dumesnil en la soutenant.) Que le diable t'emporte avec tes surprise».

AGATHE, d Dumesnil avec un ion de reproche. Ah ! mon cousin , c'est bien mal.

DUMESNIL

C'est ça, grOndez-moi... quand je vous épargne l'embarras des explications 5 des déclarations, des suffocations.

AGATHE

Comment, monsieur a lu ma lettre?

LÉON, près d\4gathe.

Ah! ne le regrettez pas, elle m'a rendu si heureux.

AGATHE, bas à Dumesnil.

Vous aviez donc deviné que c'était lui ?

DUMESNIL, bas.

Parbleu ! nous autres magistrats, nous avons une telle habitude...

LÉON, avec feu.

Et maintenant, chère Agathe, que je suis sûr de votre amour, rien ne pourra m'effrayer; je suis prêt à tout entreprendre, à tout braver pour méritf>r cette préférence... que ma vie entière passée à vous servir finira peut-être par justifier. DUMESNIL, l'écoutant comme un avocat.

Très bien !.. tu aurais dû te faire substitut. Mais maintenant, qu'allons-nous faire ?

LÉON

Comment nous débarrasser de ce futur.

AGATHE

Impossible!., le mariage est pour demain.

LÉON, frappé d'une idée.

Attendez... une idée lumineuse.

AGATHE

Je ne consens à rien de ce qui pourrait affliger ma mère, d'abord.

* Duinesail , L(JuQ , Agathe.

LÉON

Cela ne peut lui causer aucune peine, et M. Beauchan sera forcé de partir celte nuit même.

DUMESNIL

Comment ?

LÉON, d Dumesnil et à mi-voix.

Je le provoque toujours, mais je ne le tue pas, c'est lui qui me tuera !

■<.'r,ir.' j 'ï DUMESNIL.

Hein?., qu'est-ce que tu dis. ..

LÉOli, à Agathe.

Vous verrez , c'est immanquable. {Bas à Dumesnil.) Tu ne comprends pas; nous choisissons le pistolet, tu escamotes les balles, il tire, je feins de tomber, Jje suis mort; les lois sur le duel, l'ordre du jour; il est obligé de se sauver sur-le-champ, et il n'épouse plus.

DUMESNIL

Pas trop mal.

AGATHE

Mais expliquez-moi.

DUMESNIL, àas.

Justement, je l'aperçois qui se glisse entre les arbres.

LÉON , remontant le théâtre.

,Je vais l'insulter.

DUMESNIL, 6rt5.

Quel moyen.

LÉON, bas.

' Le premier venu , eh ! parbleu. {Se jetant brusquement aux pieds d'Agathe, y Ov\, charmante Agathe!., croyez aux sentimens.

AGATHE , étonnée.

Qu'est-ce qui lui prend donc ?

* '' LÉON, bas.

Ne vous effrayez pas.

DUMESNIL, d part.

Le voilà.

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