‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 314 sur 403 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, BEAUCHAN, arrivant de côté et regardant à

travers les branchages.

BEAUCHAN, d part.

Ce dialïle de Champagne m'a un peu ébloui... mais je Ci'ois * Dumesnil, Agathe, Léon.

bien avoir entrevu la robe blanche <le relie que j'aime!., que voi.s-j<;!.. un homme à ses genoux!

LÉON, bas.

Regardez-moi bien lemlrcnient, e'est essentiel. {Très haut.) Ah ! jamais je n'oublirui un aveu si doux.

11 lui liaisK !a niaiii .'i plusieurs repri.scs.

nEAUCII.W, à part.

Il recommence le malheuicux!

DLMESML, à part.

Ah! ça, je ne peux pas rester les bras croisés. {Haut à Léon avec colère.) Monsieur, c'est une conduite Indigne. LÉON, s' échauffant.

Monsieur...

AGATHE, les regardant d'un air étonne.

Est-ce qu'ils perdent la tête, tous les deux...

DUMESNIL, s'animant.

A la veille d'un mariage.

LÉON, de même.

Je ne la laisserai pas sacrifier à un imbécile.

BEAUCHAN, sortant de sa cachette.

L'n imbécile I

AGATHE, rapercevant et se sauvant en poussant un cri. Ahï!

Elle s'échappe ; Léon remonte la scène un moment comme pour l'arrêter. DivRiesni) court à UeaucLian.

SCÈi\E XI.

DUMESNIL, BEAUCHAN, LÉON.

DUMESNIL , d Beauchan.

Quoi, mon ami, vous étiez là?

BEAUCHAN.

Depuis un quart-d'heure! et je vous remercie, cousin, delà part que vous preniez... A\':,i>n'ni'

DUMESNIL

Pourquoi ne pas vous montrer?

BEAUCHAN.

J'étais pétrifié... Qu'est-ce que c'est que ce monsieur? DUUESNIL.

Je n'en sais rien, un inconnu, une espèce de fou, tmi s'est introduit...

BEAUCHAN. .

Ub amoureux ! je m'en vais lui parler.

DUMESIVIL, bas.

Et ne le ménagez pas.

BEAUCIIAN, bas.

Vous allez voir., .avec ça que le Champagne m'a mis en verve!.. {Avec aplomb, et d Léon qui revient.) Monsieur...

LÉON

C'est vous qui êtes cause qu'elle s'est sauvée... vous pouviez bien passer votre chemin.

BEWJCllMK, à Duînesnil.

Il est charmant ! Ne dirait-on pas que je suis étranger à la question... Passer votre chemin ! {Elevant la voix.) Vous ignorez, Monsieur, que c'est de moi que vous parliez tout-à-l'heure?

Quand j'ai dit : un imbécile ?

BEAUCHAN.

Il est inutile de répéter, l'expression est peu parlementaire. \Ao^, doucement. .\'.i\< cl ■'

Ne vous emportez pas., si j'avais su...

BEAUCHAN, élevant le ton.

Monsieur, il fallait tâcher de savoir.

LÉON

Mon intention n'était pas.. .

BEAUCHAN, bas.

Votre intention, votre intention. {A part. ) 11 ne m'a pas l'air bien méchant, et je crois que... {Haut.) Tant il y a, monsieur, que je me trouve blessé... cette jeune personne m'intéresse.

LÉON

Moi aussi, monsieur, et je pourrais me plaindre...

BEAUCHAN.

Vous plaindre!., de ce que je vous trouve à ses pieds? de ce que vous lui baisiez la main?

LÉON

Oui, monsieur, c'est d'une indiscrétion.

lîÉ^UCHAN.

Par exemple ! Qu'est-ce que vous dites de cela, mon cher substitut?

DUMESNIL, bas. '

Je dis que c'est un impertinent, et que vous n'avez pas à hésiter.

N'est-ce pas? Allons nous-en...

•i u-.'i iul ai/; Il veutsorlic.

DLMESML, hns , et le retenant.

Y penspz-vous?. . Je vous admire!., vous qui ave?, ou quatorze afTaircs.

P.EAICIIAX.

C'est à cause de cela... une (luinzirmc n'ajoutera pas ça à ma réputation. (// porte foni^le à la dent supérieure.) J'ai pitié de lui... ainsi...

II veut sortir.

LÉOX, le retenant avec force.

Non, monsieur, vous ne vous en irez pas, vous me ferez <les excuses.

BEAUCIIAN , se récriant.

Il faut que je lui fasse des excuses à présent.

DU.MESXIL, 6a£.

Il veut entamer despourparlers, c'est un poltron. BEAICIIAIV , bas et d'un air de mépris. Ça m'en a l'air ; laissons-lcpour ce qu'il vaut!

LÉOîV, Carrelant toujours.

Non, vous dis-je?

BEAUCHAN, en colère.

Abîmais, vous commencez à m'échaufler les oreilles... ([uand c'est moi, qui suis l'insulté, qui devrais vous demander raison de ces impertinences... je trouve drôle même... (^df Damemil.) Venez, mon ch(îr...

LÉOX , l'arrêtant.

Ln moment, monsieur... vous avez laissé échapper les mots (['impertinent, de drôle... c'est moi qui suis l'offensé maintenant.

BEAUCHAN, dDumesnil.

Allons, c'est lui qui est l'offensé à présent ! il m'embrouille tout ça.

LÉOIV.

Et si vous ne renoncez pas à mademoiselle de Bracy...

BEAUCHAN.

Pour que le colonel me demande raison à son tour, d'un pareil affront.

LÉON , d haute xoix.

Eh bien, monsieur ?

BEAUCHAN, à haute voix.

Eh bien, monsieur, je ne renonce pas à mademoiselle de Bracy, et je ne vous ferai pas d'e\cuses... ah !...

DUMESXIL, bas.

Bien!..

LÉON

Vous ne me ferez pas d'excuses?

Les Duels, 4

DUMESNIL, bas d Beauchan.

Il a peur.

BEAUCHAN.

Non, monsieur.. .

LÉON, lui prenant ta main.

Touchez là... c'est un duel.. .et je vous en remerciet

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