SCÈNE X
Les Mêmes, BEAUCHAN, arrivant de côté et regardant à
travers les branchages.
BEAUCHAN, d part.
Ce dialïle de Champagne m'a un peu ébloui... mais je Ci'ois * Dumesnil, Agathe, Léon.
bien avoir entrevu la robe blanche <le relie que j'aime!., que voi.s-j<;!.. un homme à ses genoux!
LÉON, bas.
Regardez-moi bien lemlrcnient, e'est essentiel. {Très haut.) Ah ! jamais je n'oublirui un aveu si doux.
11 lui liaisK !a niaiii .'i plusieurs repri.scs.
nEAUCII.W, à part.
Il recommence le malheuicux!
DLMESML, à part.
Ah! ça, je ne peux pas rester les bras croisés. {Haut à Léon avec colère.) Monsieur, c'est une conduite Indigne. LÉON, s' échauffant.
Monsieur...
AGATHE, les regardant d'un air étonne.
Est-ce qu'ils perdent la tête, tous les deux...
DUMESNIL, s'animant.
A la veille d'un mariage.
LÉON, de même.
Je ne la laisserai pas sacrifier à un imbécile.
BEAUCHAN, sortant de sa cachette.
L'n imbécile I
AGATHE, rapercevant et se sauvant en poussant un cri. Ahï!
Elle s'échappe ; Léon remonte la scène un moment comme pour l'arrêter. DivRiesni) court à UeaucLian.
SCÈi\E XI.
DUMESNIL, BEAUCHAN, LÉON.
DUMESNIL , d Beauchan.
Quoi, mon ami, vous étiez là?
BEAUCHAN.
Depuis un quart-d'heure! et je vous remercie, cousin, delà part que vous preniez... A\':,i>n'ni'
DUMESNIL
Pourquoi ne pas vous montrer?
BEAUCHAN.
J'étais pétrifié... Qu'est-ce que c'est que ce monsieur? DUUESNIL.
Je n'en sais rien, un inconnu, une espèce de fou, tmi s'est introduit...
BEAUCHAN. .
Ub amoureux ! je m'en vais lui parler.
DUMESIVIL, bas.
Et ne le ménagez pas.
BEAUCIIAN, bas.
Vous allez voir., .avec ça que le Champagne m'a mis en verve!.. {Avec aplomb, et d Léon qui revient.) Monsieur...
LÉON
C'est vous qui êtes cause qu'elle s'est sauvée... vous pouviez bien passer votre chemin.
BEWJCllMK, à Duînesnil.
Il est charmant ! Ne dirait-on pas que je suis étranger à la question... Passer votre chemin ! {Elevant la voix.) Vous ignorez, Monsieur, que c'est de moi que vous parliez tout-à-l'heure?
Quand j'ai dit : un imbécile ?
BEAUCHAN.
Il est inutile de répéter, l'expression est peu parlementaire. \Ao^, doucement. .\'.i\< cl ■'
Ne vous emportez pas., si j'avais su...
BEAUCHAN, élevant le ton.
Monsieur, il fallait tâcher de savoir.
LÉON
Mon intention n'était pas.. .
BEAUCHAN, bas.
Votre intention, votre intention. {A part. ) 11 ne m'a pas l'air bien méchant, et je crois que... {Haut.) Tant il y a, monsieur, que je me trouve blessé... cette jeune personne m'intéresse.
LÉON
Moi aussi, monsieur, et je pourrais me plaindre...
BEAUCHAN.
Vous plaindre!., de ce que je vous trouve à ses pieds? de ce que vous lui baisiez la main?
LÉON
Oui, monsieur, c'est d'une indiscrétion.
lîÉ^UCHAN.
Par exemple ! Qu'est-ce que vous dites de cela, mon cher substitut?
DUMESNIL, bas. '
Je dis que c'est un impertinent, et que vous n'avez pas à hésiter.
N'est-ce pas? Allons nous-en...
•i u-.'i iul ai/; Il veutsorlic.
DLMESML, hns , et le retenant.
Y penspz-vous?. . Je vous admire!., vous qui ave?, ou quatorze afTaircs.
P.EAICIIAX.
C'est à cause de cela... une (luinzirmc n'ajoutera pas ça à ma réputation. (// porte foni^le à la dent supérieure.) J'ai pitié de lui... ainsi...
II veut sortir.
LÉOX, le retenant avec force.
Non, monsieur, vous ne vous en irez pas, vous me ferez <les excuses.
BEAUCIIAN , se récriant.
Il faut que je lui fasse des excuses à présent.
DU.MESXIL, 6a£.
Il veut entamer despourparlers, c'est un poltron. BEAICIIAIV , bas et d'un air de mépris. Ça m'en a l'air ; laissons-lcpour ce qu'il vaut!
LÉOîV, Carrelant toujours.
Non, vous dis-je?
BEAUCHAN, en colère.
Abîmais, vous commencez à m'échaufler les oreilles... ([uand c'est moi, qui suis l'insulté, qui devrais vous demander raison de ces impertinences... je trouve drôle même... (^df Damemil.) Venez, mon ch(îr...
LÉOX , l'arrêtant.
Ln moment, monsieur... vous avez laissé échapper les mots (['impertinent, de drôle... c'est moi qui suis l'offensé maintenant.
BEAUCHAN, dDumesnil.
Allons, c'est lui qui est l'offensé à présent ! il m'embrouille tout ça.
LÉOIV.
Et si vous ne renoncez pas à mademoiselle de Bracy...
BEAUCHAN.
Pour que le colonel me demande raison à son tour, d'un pareil affront.
LÉON , d haute xoix.
Eh bien, monsieur ?
BEAUCHAN, à haute voix.
Eh bien, monsieur, je ne renonce pas à mademoiselle de Bracy, et je ne vous ferai pas d'e\cuses... ah !...
DUMESXIL, bas.
Bien!..
LÉON
Vous ne me ferez pas d'excuses?
Les Duels, 4
DUMESNIL, bas d Beauchan.
Il a peur.
BEAUCHAN.
Non, monsieur.. .
LÉON, lui prenant ta main.
Touchez là... c'est un duel.. .et je vous en remerciet