SCÈNE IX
LÉON, BEÀLCHAN.
Sur les derniers mois du monologtic précédent, la porte du cabinet s'est Les Duels. ^.
nuveite doucement, et Léon reparaît... Beauchan en se retournant l'aperçoit et fait un soubr»;ssaut,
BEAUCHAN.
Là! le voilà encore!..
LÉON, se croyant seul.
Je n'entends plus rien... Je puis m'esquiver.
BAUCHAN^ tremblant et lui barrant le passage. Halte-là, monsieur!...
LÉON, d part.
Toujours cet imbécile...
BEAUCHAN, le regardant d'un air indécis. C'est une vision, une horrible fascination; mais qu'il soit ce qu'il voudra.... je ne le lûche plus!.. [A Léon qui veut sortir) Un moment, vous dis-jel..
LÉON
Hé, monsieur, j'ai bien d'autres affaires!
BEAUCHAN.
Je n'en doute pas... Et des affaires très louches.... mais vous m'expliquei'ez comment vous vous trouvez ici, ce que signifie ce nom sur ce contrat ?
LÉON, impatienté.
Hé, morbleu!..
BEAUCHAN.
Ce nom, monsieur, mis à la place du mien...
LÉON
Eh bienî puisque vous voulez le savoir, ce nom est celui de mon frère.
BEAUCHAN, reculant. Son frère!..
LÉON
Un officier, un jeune homme charmant, qui adore mademoiselle de Bracy, qui en est aimé, et que je veux à tout prix lui faire épouser.
BEAUCHAN.
Son frère! tout s'explique; cette ressemblance! j'aime mieux cela... {Le prenant par la main et d'un air peiné.) Quoi! monsieur, vous vouliez la lui faire épouser?.. LÉON, vivement.
Malgré vous, malgré toute la terre.
BEAUCHAN, le retenant toujours.
Infortuné, vous ne le pouvez plus.
LÉON- C'est ce que nous verrons.
BEAUGII^N.
Y a-t-il long-ttnips que vous n'avez vu M. votre frèif ?
LÉOX.
Hier, et je lui ai jure de tout cntreprendrjo pour lui l'iurc obtenir celle qu'il aime.
BEAUCHAN.
Impossible !
LÉOX.
Il l'épousera.
BEAUCHAX.
Il ne l'épousera pas!
LÉON
11 l'épousera.
BEAUGHAN , avec force. Malheureux, que voulez-vous faire; ? un mariage posthume.
Comment !..
BEAUCHAN.
Votre frère est mort.
LÉON
Mort!
BEAUCHAN.
Complètement. Une affaire malheureuse, un duel...
LÉOM.
Et c'est vous qui me l'apprenez? c'est donc vous qui l'avez tué?
BEAUCUAN.
Je ne dis pas cela.