‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 342 sur 403 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

PIERRE, PAUL, puis GARNIER.

PIERRE. Maintenant , arrive ce marquis de Longetoiir quand

il voudra... [A percevant Garnier.) Eh! Dieu me pardonne ! c'est notre \ieux Garnier, notre chirurgien major.

GARNIER.* Lui-même, mon cher ami... Bonjour, lieutenant... Bonjour, mon petit Paul.

PAUL, lai secouant la main. Salut, docteur!.. PIERRE. Nous t'avons cru mort!..

GARNIER. Parbleu!., je l'ai cru aussi... * PAUL, riant. Et il s'y connaît!..

PIERRE. Trois mois à terre!., un médecin qui reste malade si long-temps!..

PAUL. Dam !.. s'il se traitait lui-même !

GARNIER, le menaçant en riant. Espiègle... prends garde de tomber entre mes mains !.. (^ Pierre.) Le fait est que j'ai cru couler bas!., mais, Dieu mercil le venta changé; et me voilà!..

PIERRE Et tu reviens pour recevoir noh'e nouveau capitaine ?..

GARNIER. Ce qui me vexe énormément !

PAUL. Bah!..

PIERRE. Pourquoi donc?..

GARNIER, hésitant. Ah!., parce que... vous allez me rire au nez... mais il faut que la bombe éclate!., parce que je suis amoureux !..

PIERRE, riant. Toi!..

PAUL, riant aux éclats. Vraiment !. .

GARNIER. Qu'est-ce que je disais... les voilà partis !.. PIERRE. Et tu veux te marier ?

GARNIER. Tout de suite...

PAUL. Est-il pressé !..

GARNIER. Comme quand il faut se faire couper une jambe... PIERRE. Il ne faut pas s'amuser à réfléchir! PAUL, riant. C'est par amour pour la science!.. Il veut laisser, en partant, quelque petit étudiant en médecine.

GARNIER. Du tout, monsieur le goguenard... je veux lai.sser mon nom... et le peu que je possède... ùun ange... à qui je dois peut-être les jours que j'ai encore à vivre ! Si vous saviez quels soins !.. Pendant ma convalescence , elle habitait avec cette excellente famille qui m'avait recueilli chez elle ; et il se trouve qu'elle était la fille de mon plus ancien camarade de collège, un pauvre diable... mort dans mes bras!., ça m'attachait doublement à elle ! . .

'Pierre, Garnier, Paul.

Air : Léger comme le Papillon.

La famille voyait cela

Kt chacun me disait sans cesse :

« Allons, nionclicr, épousez-la...

• Donnez un fjuido i\ sa jeunesse !..

• Elle fera par sa douceur

• Une épouse sage et sévère...

dEIIc fera votre bonheur... »

En souriant. IMa foi , je vais la laisser faire ! Elle doit faire mon bonheur , Ma foi, je vais la laisser faire.

PIERRE. Et elle t'adore?..

GARIVIER. Oh!., elle ne me l'a pas dit précisément!., mais... PIERRE, gabnent. Vieux fat!..

PAUL. Ah!., ça... je serai le premier garçon de noce?.. GARXIER. C'est convenu!.. Est-ce que le nouveau capitaine arrive ce malin?..

PIERRE. Sans doute...

GARXIER. Tant pis!..

PIERRE. Pourquoi?..

GARXIER. C'est que ma future meurt d'envie de voir un bfitiment armé en guerre : je l'avais engagée à venir aujourd'hui visiter notre corvette.

PIERRE. Laisse-la venir; les dames sont toujours bien reçues.

PxVlJL, à part, regardant toujours par la fenêtre. Encore celle robe blanche! oh ! pour le coup...

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