‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 103 sur 132 · CONSIDÉRATIONS SUR LES MOYENS DE DÉFENSE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LES MOYENS DE DÉFENSE

3* Enfin contre les diverses maladies spéciales à la Vigne, et parmi lesquelles on peut citer surtout la Chlorose^ il a été signalé, pour les éviter, quelques mesures de précaution, qui seront examinées avec toute Tattention qu'elles méritent.

Dans la reconstitution des vignobles par les Vignes américaines, il est aussi plusieurs questions, Mies que celle de V Adaptation au sol et au climat^ qui préoccupent aujourd'hui tous les viticulteurs. Il sera donc nécessaire également d'en dire quelques mots.

Ce programme est bien vaste, et chacune de ses plus importantes divisions exigerait, à elle seule, un volume entier pour être examinée convenablement. Aussi, le cadre nécessairement restreint de cette étude, d'un caractère plus général, ne permettra pas d'entrer dans de trop grands développements. Il faudra se borner à esquisser les grandes lignes, 60 résumant ensuite les faits principaux, ceux seulement qui semblent réellement acquis et qui peu* vent, de la sorte, être mis en pratique par les viticulteurs.

Il ne sera donc pas possible d'entrer dans de grands développements sur chacun de ces moyens de défense. Ce n'était pas l'objet spécial de cette étude, dans laquelle j'avais surtout pour but de traiter la question du greffage. Je me bornerai donc à en dire quelques mots, en m'étendant un peu plus longuement sur les questions de la Résistance

au Phylloxéra et de l'Adaptation au solj qui intéresseront plus particulièrement les créateurs de nouveaux vignobles.

LA LUTTE POUR l'eXISTENCE.

Dans les diverses questions que soulève la reconstitution de nos vignobles, de même qu*à l'égard des moyens de défense mis en usage pour sauver de la destruction les vignes européennes qui subsistent encore, la loi définie par Darwin trouve, ainsi que partout ailleurs, son application constante. Comme il Ta si bien dit, et avec tant de raison : « Dans réternelle lutte pour l'existence, ce sont toujours les mieux doués qui survivent». Ici comme en toutes choses, suivant les conditions dans lesquelles un vignoble se trouvera placé, la lutte pourra changer de nature et les moyens de défense pourront varier ; mais, quel que soit le milieu déterminé dans lequel se produira la défense, celle-ci sera d'autant plus énergique que les conditions naturelles de résistance dans ce même milieu seront plus grandes.

C'est ainsi que, dans leur lutte contre le Phylloxéra, nos divers cépages européens se sont défendus plus ou moins longtemps, d'abord selon la puissance de leur végétation, ensuite selon le déve-

LUTTB POUR LBXISTBNCE. 569

loppement plus ou moins grand de leur charpente arboresœnte, et enfin, selon la nature plus ou moins sablonneuse du sol dans lequel ils se trouvaient placés. Il en est de môme pour les vignes américaines : chacune d'elles se défendra plus ou moins bien, selon les dispositions particulières dont elle est douée pour résister au Phylloxéra, et pour résister aussi à la nature du sol ainsi qu'aux influences du climat de la contrée dans laquelle elle sera placée. En viticulture, comme d'ailleurs dans toutes les questions agricoles, si l'on considère chaque fait d'une manière absolue, on n'examine qu'un seul côté de la question et on n'envisage pas celle-ci sous les divers aspects qu'elle peut présenter. Il faut toujours, au contraire, observer comparativement, en tenant compte de Tinfluence du milieu dans lequel le fait s'est produit. Tous les phénomènes qui se présentent à la sagacité de l'observateur doivent être examinés d'une manière relative, et il faut toujours avoir soin de ne pas négliger les conditions dans lesquelles les faits observés se sont manifestés, parce que ces conditions peuvent varier à Tinfini et modifier sensiblement les effets produits par les causes premières. Sans cette précaution préalable, toujours bonne à prendre en matière d'expérimentation, on s'exposerait, à peu près sûrement, à faire fausse route, en n'employant pas à propos, ni dans de bonnes conditions de succès, les moyens de défense qui pourraient être les plus efficaces.

Sahut, 3« édit. 37

C'est ainsi que dans la question de la recoostitution de nos vignobles par les vignes américaines, si Ton considère seulement la condition de résistance au Pliylloxera, on se heurte à tout instant contre de nouvelles difficultés résultant de la différence du climat, de la nature du sol et du sous-sol, de la fertilité du cépage ou de sa facilité plus ou moins grande à recevoir la greffe, du mode de taille et de formation arborescente, des conditions économiques dans lesquelles on opère, etc., etc., auxquelles viendront s'ajouter bientôt d'autres questions non moins importantes, telles que, par exemple, la résistance au Mildew, etc.

Il en a été à peu près de même des divers moyens de défense employés pour sauver nos vignes européennes : subtuersions, plantations dans les sables, irrigations de fond en hiver, irrigations d'été, sulfure de carbone, sulfocarbonales, sulfure de potassium, etc. Ces divers procédés se sont toujours montrés plus ou moins efficaces, selon les conditions du milieu dans lequel on a opéré.

DE l'origine du PHYLLOXERA.

Le Phylloxéra vastatrix a été découvert, comme on lésait, le 15 juillet 1868. Avant celte date, les dégâts produits par ce qu'on appelait alors la wwto-

ORIGINE DU PHYLLOXBRA. 571

die de la Vigne ^ et dont la cause était jusque-là incon^ oue, n'avaient pas encore beaucoup d'importance. C'est seulement en 1869 qu'ils commencèrent h devenir réellement désastreux pour les vignobles environnant Saint-Martin- de-Crau ( Bouches-du- Rhône), Sérignan (Yaucluse) et Pujault(6ard.) Il serait inutile de rappeler Thistorique de cette découverte et des conséquences qui en résultèrent. On trouvera sous ce rapport toutes les explications nécessaires, aux pages 27 et suivantes, et Ton pourra y recourir sans qu'il soit nécessaire de les répéter encore.

D*ailleurs, comme je Tai déjà dit, il n'y a eu aucun mérite à faire cette découverte : c'est en effet le hasard qui Ta amenée, puisque je trouvai un insecte là où je cherchais un cryptogame» et qu'ensuite elle n'a pas été réellement d'une grande utilité pratique. Que nous importe, en effet, que le mal soit produit par un parasite végétal ou animal, si nous n'avons pu, jusqu'à ces derniers temps, trouver le moyen de le combattre efficacement, et que nous ayons perdu déjà d'immenses surfaces de vignobles. Voilà, en effet, dix-huitans que Tinsecle est découvert, et, malgré les études qui en ont été faites avec le plus grand dévouement par les savants autorisés qui s'en sont occupést on était eacore, il y a quelques années à peine, à la recherche du point réellement vulnérable, par lequel on pouvait l'attaquer et le vaincre avec certitude. Les admirables travaux de M. Bal-

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biani nous ont fait connaître beaucoup de détails intéressants sur les mœurs du Phylloxéra, ainsi que sur sa reproduction ; ils nous ont mis sur la voie, et il faut espérer que les nombreuses expériences en cours d'exécution affirmeront encore davantage les puissants effets produits par les insecticides, en permettant de sauver d'une ruine, sans cela certaine, les vignobles qui ne sont pas encore atteints.

J'inclinerais fort à croire qu'il y a tout avantage à procéder avec soin à la destruction des galles pbylloxériques au fur et à mesure qu'elles se montrent. Elles ont été partout très abondantes cette année, indiquant par là que les essaimages avaient dû être nombreux Tannée dernière.

L'étude de toutes les questions qui peuvent encore présenter quelques obscurités est en bonnes mains ; la lumière se fera bientôt, absolument complète, et alors nous serons probablement bien près de connaître les moyens absolument efficaces pour préserver les vignobles survivants du grave danger de disparaître à leur tour.

L'origine américaine du Phylloxéra est aujourd'hui admise à peu près par tout le monde. J'ai raconté, dans une édition précédente, les objections soulevées à ce propos par un viticulteur américain très versé dans la question pour en avoir fait Tobjet de ses études favorites. Je disais que j'avais été frappé de la force des arguments qu'il m'avait développés à l'appui de ses idées, et dont la plupart me

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