CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES MOYENS DE DEFENSE
Notre pauvre viticulture est vraiment bien éprouvée. Il y a trente ans, rOïjdium était venu Tatteindre daos sa production, en menaçant de réduire à néant les efforts de nos vignerons et en arrêtant dès ses débuts l'extension considérable qui était déjà donnée à la culture de la Vigne. C'est au point que la récolte totale du vignoble français, qui attteignait 54,000,000 d'hectolit. avant l'invasion de rOïdium, descendit à moins de 11,000,000 en 1854. C'était, comme on le voit, un véritable désastre produit par ce terrible cryptogame.
Mais, le soufre ayant eu raison de cet ennemi, notre viticulture se releva promptement, en jouissant pendant vingt années d'une prospérité jusquelà sans exemple. En. 1869, c'est-à-dire au début
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de la crise phylloxérique, celle production alteignitle chiffre de 71 millions d'hectolitres.
Malgré les premiers ravages produits par le Phylloxéra, ravages qui augmentèrent progressivement, et qui augmentent encore d'année en année, l'importance des récoltes continua néanmoins à s'accrottre pendant quelque temps. Le déficit, de ce chef, était largement compensé par l'accroissement considérable que donnaient les vastes plantations de nouveaux vignobles qui se créaient alors et qui ont continué longtemps encore à se créer un peu partout.
Le maximum fut atteint en 1875 ; la quantité totale de vin récolté en France dépassa alors le chiffre prodigieux, et qui n'avait jamais été obtenu jusque-là, de 83 millions d'hectolitres.
C'était le chant du cygne de nos fertiles vignobles méridionaux. Depuis lors, en effet, cette production est allée en diminuant constamment, et le déficit augmente d'année en année, malgré tous les efforts qui sont faits pour en atténuer l'importance.
Les viticulteurs avaient donc la perspective d'assister à la destruction successive de tous les vignobles par le Phylloxéra. C'était déjà assez malheureux comme cela, et pourtant de nouveaux ennemis sont venus encore leur disputer les dernières récoltes dont ils pouvaient espérer tirer quelque parti. Le Mildew surtout s'est abattu sur nos
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pauvres vignes, en anéantissant chaque fois les légitimes espérances du vigneron après toute une année de labeurs incessants.
Aussi, de tous les côtés, des hommes dévoués, comme on en trouve en foule parmi nos viticulteurs, se sont-ils mis avec ardeur à rechercher les moyens de se défendre contre tant d'ennemis acharnés. De toutes parts on a entrepris courageusement des expériences et fait tous les efforts possibles pour obtenir un résultat favorable . Ces efforts n'auront pas été perdus, et on peut entrevoir aujourd'hui dans l'avenir, qui par sa nature est toujours incertain, un adoucissement considérable à nos maux existants. Il faut espérer qu'il ne viendra pas s'ajouter encore de nouvelles épreuves à celles que nous avons déjà subies ou que nous subissons en ce moment.
On peut voir néanmoins un peu partout, dans les diverses régions viticoles, un spectacle bien consolant et de nature à nous encourager : c'est que la persévérance de nos viticulteurs ne s'est jamais démentie, malgré les cruelles épreuves qu'ils ont eu à subir. Il serait bien temps que leurs efforts ne restassent pas infructueux, et qu'ils fussent enfin dédommagés de toutes leurs peines.
Les moyens de défense mis en usage pour proléger nos vignobles contre leurs nombreux ennemis sont de plusieurs natures. On peut les ranger cependant en trois catégories distinctes :
l«Geux qui ont pour but de défendre la Vigne contre le Phylloxéra ;
2"" Ceux qui ont à combattre tous les autres parasites ;
3* Ceux qui peuvent permettre à la Vigne de résister aux diverses maladies qui Tattaquent.
Si nous examinons attentivement chacune de ces trois catégories de moyens de défense, nous voyons que:
1** Contre le Phylloxéra, quatre principaux moyens ont été mis en usage. On a essayé de se défendre par les insecticides , par la submersion et firriga' tion, par la plantation dans les sables^ et enfin par les racines résistantes des vignes américaines.
Parmi les traitements par les insecticides nous citerons particulièrement le sulfure de carbone^ les sulfocarbonates, le badigeonnage^ le sulfure de potassium^ etc., etc.* qui seront examinés successivement.
Puis viendront immédiatement après, la submersion, rirrigation et la plantation dans les sables, qui feront l'objet de chapitres spéciaux.
Quant aux Vignes américaines, il leur a été déjà consacré la plus grande partie de cette étude, dont les résultats seront encore résumés un peu plus loin.
2^ Contre le Mildew et les autres parasites, tels que VAnthracnose^ le Black-Rot^ etc., etc., il a été employé des moyens divers, et il sera utile de signaler ceux dont on a constaté les bons effets.