‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 107 sur 132 · RÉ8I8TANGB AU PHYLLOXERA · texte numérisé non relu

RÉ8I8TANGB AU PHYLLOXERA

Les treilles, avecleur charpente arborescente très développée, avaient aussi une charpente souter* raine de racines qui correspondait à ce développement ; c'est ce qui explique comment on a pu voir un peu partout les treilles résister à peu près complètement dans des régions où pourtant tous les vi* gnobles avaient disparu.

Aussi, quand j'admirais, en parcourant Tltalie, ces nombreuses guirlandes de Vigne qui, s'élançant duD arbre à l'autre et se croisant dans tous les sens, formaient au-dessus de nos têtes un ciel de verdure qui nous abritait presque complètement contre les rayons d'un soleil ardent ; quand je voyais cette multitude de formes très variées en grande arborescence qu'on rencontre un peu partout dans les vignobles italiens, je me disais que, lorsque le Phylloxéra atteindrait à leur tour ces beaux et eurieux vignobles, il en aurait moins facilement raison que de nos vignes à souche basse du Languedoc et de la Provence. Et, sans sortir de notre France, les vignes en grande arborescence, selon qu'elles seront formées en chaînes traînantes ou chaintres comme à Chissay, en hautains comme dans le Méconnais, sur des arbres commedans les Pyrénées, en treilles et treillons comme dans la Savoie, mais surtout palissées sur de grandes crosses comme dans le canton d'Évian, devront nécessairement se défendre pendant plus longtemps, et peut-être même résister complètement aux attaques du Phylloxéra.

Od peut donc dire que, étant donnés des vignobles établis dans une nature de terrain déterminée, rintensité de la résistance au Phylloxéra sera toujours en raison directe du développement de la charpente extérieure, et par conséquent du développement correspondant de la charpente souterraine.

Le climat exerce aussi une certaine influence sur la résistance des mêmes cépages, en facilitant plus ou moins la rapidité de la multiplication du Phylloxéra. C'est ainsi, par exemple, que dans une région plus froide, dont les étés sont moins longs, la multiplication sera moins active et, comme conséquence naturelle, ses effets seront moins accentués.

L'abondance des pluies pendant Tété, c'est-à-dire pendant la saison plus spéciale de multiplication de l'insecte, exercera aussi son influence, soit en gênant cette multiplication, soit en facilitant la reconstitution des racines. Sous ce rapport, les contrées dans lesquelles la sécheresse est très grande pendant l'été seront nécessairement beaucoup plus exposées.

On sait très bien aujourd'hui que les conditions de la nature physique et de la composition chimique du sol, indispensables pour permettre la résistance absolue au Phylloxéra de notre Vigne européenne, ne se trouvent que dans les sables ; elles résident par conséquent dans l'action combinée de l'extrême abondance de la silice et de l'excessive perméabilité du sol. Elles sont aidées peut-être

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