RÉ8I8TANCB AU PHYLLOXERA
daicnt aussi dans toutes les directions et prenaient une force considérable, en envahissant la place des souches voisines. Quand le Phylloxéra est venu attaquer le vignoble, les Aramon et les Grenache étaient déjà morts, que les Clairette et les Coulom* beau résistaient quelquefois plusieurs années après que tous leurs voisins avaient été arrachés. Ces deux derniers cépages jouissaient donc d'une résistance relative plus grande que les autres ; mais cette résistance, considérée d'une manière absolue, diminuait beaucoup quand on faisait des plantations entières de chacun d'eux.
C'est qu'en effet, dans le premier cas, la charpente de la souche était très développée et, comme conséquence, la charpente souterraine prenait aussi un développement considérable, au détriment des souches voisines moins vigoureuses ; la plante se trouvait donc dans de meilleures conditions pour résister au Phylloxéra. C'était, comme partout, Tétepnelle lutte pour l'existence, dans laquelle les plus forts résistent alors que les plus faibles succombent. Dans le second cas, au contraire, chaque souche, ayant une vigueur égale, était obligée de se contenter de la part qui lui était faite, car ses voisines, aussi fortes qu'elle, Tempêchaient d'empiéter sur la place qui leur était destinée. Les forces étaient ainsi équilibrées, tandis que, dans l'autre cas, cet équilibre était rompu au détriment des plus faibles et tout à l'avantage des plus forts.
Un fait analogue s'est produit avec un autre cépage peu connu, mais qui était cultivé dans quelques vignobles de la Provence sous le nom à^Estacasaouma, et que M. Faucon nous a fait connaître lors d'une visite à son intéressant vignoble. Celui connu dans TÂude sous les noms de Catalan et de Rigolboyer est également apprécié, dans Tarroodissèment de Limoux, pour sa résistance relative au Phylloxéra. M. Joacbim Monset, viticulteur intelligent d'Âlaigne (Aude), en me signalant ce fait, m'a envoyé des feuilles et donné des renseignements sur ce cépage qui me permettent à peu près sûrement de le rapporter au Coulombeau de la Provence.
M. Dezeimeris m'a montré aussi un cépage cultivé dans les vignobles de Loupiac (Gironde) sous le nom de Taupier, et qui présente une résistance relative assez considérable.
Des observations analogues ont été faites un peu partout sur quelques autres cépages qui offrent cette même particularité ; mais, d'une manière générale, ce sont généralement des variétés de Vigne peu fertiles et d'une végétation vigoureuse qui doivent probablement à cette double circonslance l'immunité relative dont elles jouissent. Cette immunité en effet est bien loin d'être absolue, et si elle n'est pas aidée par d'autres conditions favorables, elle n'a d'autre effet que de retarder d'une ou de plusieurs années la mort de la plante, dont le Phylloxéra finit le plus souvent par avoir raison.