‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 112 sur 132 · ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION DES MOYENS DE DEFENSE · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION DES MOYENS DE DEFENSE

Depuis bientôt une quinzaine d'années qu'on a commencé à faire des efforts énergiques pour défendre les vignobles contre la destruction dont ils sont menacés, les viticulteurs les plus intelligents et les plus dévoués de nos régions méridionales, si cruellement éprouvées, ont fait des efforts très louables pour se garantir contre ce terrible ennemi. On peut leur rendre cette justice que, s'ils n'ont pas toujours réussi aussi complètement qu'ils l'eussent désiré, la plupart ont fait du moins tout le possible et déployé une activité incroyable pour préserver leurs vignobles d*une ruine presque certaine.

Il en est de môme pour ceux qui ont cherché à reconstituer les vignobles, soit par les plantations dans les sables, soit par les submersions, soit enfin par le moyen des cépages américains. Les uns et les autres de ces laborieux autant que patients viticulteurs commencent à recueillir les fruits d'une aussi louable persévérance. Certainement tout n'a pas toujours marché à souhait, et, surtout avec les vignes américaines, il y a eu parfois quelques déceptions. Il a fallu plus d'une fois reprendre sur

de nouvelles bases le travail déjà commencé, et d'assez nombreux écbecs sont venus attrister nos courageux vignerons, qui avaient consacré souvent toutes leurs économies dans un essai resté infructueux. Mais dans Tensemble pourtant on voit aujourd'hui, en maints endroits, des plantations qui ont bien marché et qui se sont même quelquefois admirablement développées, en promettant par la suite les plus belles espérances.

Nous avons pu voir, un peu partout aux environs de Montpellier, pendant le mois de septembre dernier, les tombereaux de vendange, chargés des produits de la récolte des vignobles reconstitués, circuler dans nos chemins ou stationner devant les bureaux d'octroi. Ce spectacle consolant, dont nous avions perdu rhabitude depuis déjà longtemps, nous a été donné à nouveau pendant ces trois dernières années, mais plus particulièrement encore en 1884 et en 1886 : on sait, en effet, que la récolte de 1885 a été en grande partie perdue par suite des dégâts produits par le Mildew. Le résultat obtenu, là surtout où Ton a opéré avec toute la prudence voulue, sans se lancer dans de fausses manœuvres aussi improductives que ruineuses, est bien de nature à nous inspirer quelque confiance dans l'avenir.

Au cours de cette étude, en examinant les diverses phases par lesquelles était passée la question de la reconstitution de nos vignobles, je les avais classées en périodes successives, et j'avais terminé leur énu-

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mération en manifestant l'espoir que la période dans laquelle nous allons entrer pourrait s'appeler bientôt Période de succès définitif. Ne pourrait-on pas voir, dans le fait que je viens de mentionner, les premières lueurs de l'aurore annonçant le commencement do cette période ? Je le désire ardemment, et je n'ai pas besoin d'ajouter que tous les viticulteurs méridionaux n'auront pas de peine à se joindre à moi pour manifester le môme souhait, dans Tintérét de l'avenir de notre région si cruellement déshéritée.

J'avais visité le vignoble, devenu classique, de M. Faucon, d'abord en 1868 et ensuite en 1869, par conséquent avant qu'il fût soumis à la submersion, et il était alors tellement affaibli que je le considérais comme à peu près perdu. Néanmoins, grâce h la submersion par les eaux limoneuses de la Durance , grâce aussi aux engrais employés, la vigueur revint peu à peu, et comme je continuai à visiter ce vignoble pendant les cinq ou six années qui suivirent, je pouvais dire, sans exagération, que j'avais assisté à une véritable résurrection.

Une fois les effets de la submersion bien démontrés, on n'a pas tardé à faire entrer dans la pratique

ce moyen de défense. La Provence, mieux partagée que le Languedoc, possède des canaux dérivés de la Durance qui ont permis d'établir de nombreux vignobles disposés pour la submersion. Les riverains du Vidourle, dans les environs de Marsillargues et de Saint-Laurent d'Aigouze, ceux du Lez, de l'Hérault et de TOrb, se sont aussi empressés d'établir à grands frais de nouvelles plantations de vignes, comme le font maintenant les riverains de TAude, dans des terrains préalablement nivelés, divisés par compartiments et entourés de bourrelets suffisants pour maintenir Teau de chacun de ces compartiments à un niveau assez élevé pendant quarante ou cinquante jours.

Souvent Teau ne pouvait pas arriver dans le vignoble par sa pente naturelle, et alors il fallait avoir recours à des pompes énergiques actionnées par des machines à vapeur (voir flg. 69), ou bien à un siphon ingénieusement disposé, comme chezM.Espitalier, au mas de Roy en Camargue, pour permettre à l'eau du Rhône de franchir une digue élevée.

La submersion ne produit pas la totalité de ses bons effets dans tous les terrains indistinctement. Dans les uns qui sont trop perméables, Teau, passant comme à travers un crible dans un sous sol composé uniquement de gros gravier, va inonder quelquefois les champs situés en contre-bas et souvent à plusieurs kilomètres de distance. Dans d'autres terrains et pour des causes différentes, c'est la Vigne

elle-même qui est atteinte dans sa dur^e, et on la voit quelquefois dépérir après dix ou douze années

HlOiEN

Fig. 69. — Pompe pour élever l'eau dans la submersion d'un vignoble.

de submersion. Fort heureusement que ces deux cas sont des exceptions et que, d'une manière générale, quand le sol des compartiments est bien nivelé, quand les bourrelets sont suffisants et que l'eau est maintenue pendant quarante ou cinquante jours à un niveau de 30 à 40 centim. au-dessus du sol, il est rare qu'on ait à signaler de véritables échecs.

Les insuccès sont encore moins à craindre quand la Vigne est soutenue par des engrais bien appropriés, c'est-à-dire étudiés avec soin, selon iesexigen-

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ces de la nature du terrain sur lequel on opèrQ. Il est nécessaire que les fumures ou les engrais employés fournissent au sol les éléments qui peuvent lui manquer ou qui s'épuisent trop rapidement.

Sous ce rapport, la composition chimique des eaux employées pour la submersion me paraît exercer selon les cas une grande influence, parce que je vois un peu partout, toutes les autres conditions restant égales, une assez grande différence dans les résultats obtenus. On réussira les submersions d'autant mieux qu'on emploiera des eaux suscep* tibles de fournir au sol une partie des éléments qui sont les plus nécessaires à la Vigne.

Beaucoup de viticulteurs ont eu la pensée d'irriguer leurs vignobles en été ; ils réussissent souvent, grâce à des fumures abondantes et quand surtout le terrain le permet, à prolonger considérablement la durée de leurs vignes.

Enfin, M. Jules Maistre, de Yilleneuvette, a eu ridée fort ingénieuse de pratiquer des irrigations d'été et même d'hiver, qu'il appelle Irrigations de fond^ parce qu'en effet Teau est emmagasinée dans des trous profonds qu'il fait creuser entre les souches. De cette manière, la surface n'est pas recouverte, mais le sol est pendant fort longtemps tenu détrempé dans sa profondeur. Ce procédé lui a jusqu'à présent donné d'excellents résultats qui ont été constatés oflBciellement, et il pourra rendre des services là où l'on ne peut disposer d'une quan-

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tilé d'eau suflBsante pour opérer la submersion, et là surtout où la déclivité trop grande du sol rendra la submersion absolument impraticable. J'ai vu chez lui des plantations de 1 5 et 16 ans traitées par son système d'irrigation de fond, qui se sont conservées jusqu'à présent en très bel état de végétation et qui ont produit en 1886 à raison de 140 hectolitres à l'hectare. D'autres vignes de 60 ans, que M . Maistre avait commencé à traiter alors qu'elles étaient déjà fortement affaiblies par le Phylloxéra, se sont relevées et donnent aujourd'hui une production convenable.

Le procédé de M. Maistre consiste à creuser entre quatre souches et par rangées alternantes, des trous de 80 centim. de long sur 40 centim. de large et 25 à 30 centim. de profondeur, qui se remplissent lentement en se communiquant par une rigole de l'un à l'autre.

Dans son sol, de perméabilité moyenne, les trous absorbent chacun et pour chaque arrosage environ 80 à 100 litres d'eau.

Chaque année les trous sont changés de place et sont utilisés pour recevoir la fumure, qui n'est ainsi jamais placée comme dans le Languedoc, c'est-àdire qu'on ne la met pas au pied de la souche préalablement déchaussée.

Ces arrosages sont renouvelés deux ou trois fois par mois pendant l'été, et une ou deux fois par mois pendant chacun des mois d automne, d'hiver et de

printemps, excepté quand une pluie assez abondante peut en tenir lieu, soit en moyenne quinze à vingt arrosages pour toute Tannée.

M. Maistre a réussi par ce moyen à relever des vignes très fatiguées, qui se sont reconstituées admirablement; elles se conservent maintenant tout aussi bien que celles placées tout à côté^ et qui sont soumises à la submersion hivernale telle qu'on la pratique un peu partout.

Mais, qu'il s'agisse de submersion, d'irrigation d'été ou d'irrigation de fond en hiver, les moyens d'action sont fort limités, parce que, dans notre région méditerranéenne, où la sécheresse persiste souvent pendant trop longtemps, les cours d'eau sont rares, leur débit peu abondant, et môme il n'a rien été fait ou à peu près rien encore pour utiliser les ressources qu'ils pourraient nous offrir. Et pourtant nous avons à deux pas de nous un immense fleuve, le Rhône au cours majestueux, ce Nil français, comme on l'a appelé avec juste raison, qui entraîne chaque jour à la mer, sans aucun profit pour l'agriculture, des millions de mètres cubes d'eaux limoneuses qui suffiraient pour colmater ou fertiliser d'immenses plaines improductives. L'utilisation de ces eaux ramènerait la prospérité et môme la richesse làoù régnent en maîtres, aujourd'hui, la sécheresse et la stérilité, qui engendrent bientôt la misère et Tappauvrissement général du pays, comme c'est le cas maintenant pour notre

région méridionale, si cruellement dévastée par le Phylloxéra.

Il faut vraiment que nos législateurs se soucient peu de la prospérité générale du pays pour négliger à ce point des éléments de richesse qu'on laisse perdre ainsi depuis fort longtemps, sans aucun profit pour personne. Et qu'on ne vienne pas, dans cette question, comme on le fait quelquefois sans aucune raison sérieuse, mettre en opposition les intérêts du Nord avec ceux du Midi. Dans un pays comme la France, dont les institutions tendent malheureusement vers une centralisation qu'on peut qualifier d'exagérée, il existe une solidarité étroite entre les diverses régions : si l'une d'elles, accidentellement appauvrie, ne peut plus fournir à l'État son contingent d'impôts, il faut bien que les autres comblent le déficit pour parfaire la différence.

Quand les vignobles de l'Hérault étaient en pleine prospérité, c'est-à-dire pendant les six années qui ont précédé l'envahissement du Phylloxéra, la production oscillait entre 12 et 15 millions d'hectolitres. Cette production a successivement diminué, et elle n'était plus que de 2,575,000 hectolitres en 1884, pour descendre encore à 2,148,000 hectolitres en

C'est donc, pour le département de l'Hérault seulement, un déficit annuel d'au moins 1 0 à 1 2 millions d'hectolitres. Or, on sait que le fisc perçoit sous diverses formes : droits de circulation et d'entrée,

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impôt sur les traosports, etc. , etc. « un total s'élevant en moyenne pour notre région à 12 où 15 fr. par hectolitre de vin produit, qu'il soit consommé sur place ou expédié du lieu de production jusqu'au lieu de consommation. Gela représente annuellement de 1 20 à 1 60 millions que le fisc perçoit en moins, par le fait de la perte d'une partie des vignobles d'on seul département. Si Ton y ajoutait le déficit résultant aussi de la perte des vignobles du Gard, qui auraient profité en partie, eux aussi, des bienfaits des canaux d'irrigation, on arriverait à un chiffre bien autrement important.

Ensuite le développement considérable da la richesse publique par l'augmentation toujours croissante de la production de nos vignobles se traduisait par une augmentation correspondante de la consommation de beaucoup de denrées qui payaient des droits élevési et, de ce chef, le Phylloxéra a atteint encore indirectement le produit des impôts. Il y aurait donc lieu d'augmenter de beaucoup le chiffre indiqué ci-dessus. .

Groit-on, d'après cela, que TÉtat aurait fait une mauvaise spéculation en consacrant un capital de 200, serait-ce de 300 millions, pour construire un canal ou des canaux qui, par T accroissement de revenus de toute sorte que la plus value d'impôts sous toutes les formes lui aurait bientôt procuré, n'aurait pas tardé à constituer pour lui un placement à 50^/o ?

Si Ton examine attentivement Thistoire de tou9

les peuples, il est facile de se convaincre que partout la prospérité d'une nation a toujours été en raison directe de la prospérité de son Agriculture. Partout aussi la décadence d'une nation a eu pour premier signe caractéristique la décadence de son Agriculture. L'Italie a su le comprendre en s'imposantde lourds sacrifices pour créer de grands canaux d'irrigation qui enrichissent les contrées qu'ils traversent, et le magnifique canal Gavour est une création toute moderne démontrant que, de nos jours, les Italiens savent apprécier les avantages de rabondance de l'eau pour augmenter la fertilité de leurs terres.

Ce n'est pas seulement de nos jours qu'on a compris les bienfaits des canaux d'irrigation. Les anciens les appréciaient peut-être mieux que nous et ne craignaient pas de s'imposer de lourds sacrifices pour les obtenir. Il est pénible de constater que sous ce rapport, pourtant essentiel, le progrès de notre agriculture marche à reculons.

Les Maures, pendant leur domination, avaient doté l'Espagne, il y a déjà huit ou neuf siècles, de canaux d'arrosage fertilisant encore aujourd'hui de grandes plaines qui seraient sans cela stérilisées par la sécheresse. En remontant plus haut encore, il y a quarante siècles, l'Egypte était sillonnée en tous sens par de nombreux canaux d'irrigation dérivés du Nil, au nombre de plus de dix mille, qui allaient porter les riches éléments de fertilisation

sur toutes les parties de ses immenses plaines brûlées auparavant par un soleil ardent. Quelques-uns de ces canaux, recreusés par nos soldats français à la Qn du dernier siècle, subsistent encore de nos jours.

Aussi la fertilité excessive de T Egypte était-elle proverbiale, et elle est encore très grande à notre époque; mais, il n'y a pas à en douter, du jour où les canaux d'arrosage auront disparu, cette fertilité disparaîtra avec eux, et cette contrée si riche jusqu'à présent ne tardera pas à devenir un désert aride et absolument stérile. Il en a été ainsi de la Mésopotamie, qui était autrefois d'une fertilité sans égale, à l'époque où les Assyriens avaient, eux aussi, construit à grands frais tout un réseau de canaux d'irrigation qui avaient amené dans ce pays une très grande prospérité remplacée de nos jours par la stérilité complète d'un désert abandonné.

Il est pénible pour notre amour-propre national d'être obligés de reconnaître que, dans notre dixneuvième siècle, qui se targue pourtant d'être un siècle de progrès, nous soyons obligés d'en venir à envier pour l'agriculture, malheureusement si délaissée, de notre belle France, les améliorations agricoles telles que savaient les comprendre les Maures d'Espagne ou les Pharaons d'Egypte. Cependant, il est triste de le dire, nous en sommes là ou peu s'en faut. Depuis quinze ans que le Midi réclame à grands cris l'exécution des canaux dérivés du

Rhône qu'on lui a si souvent promise, nos populâ-» lions, qui souffrent de plus en plus dû manque d'eau, voient la réalisation de ce projet s'éloigner toujours comme un mirage^ trompeur, au fur et à mesure qua les années s'ajoutent aux années.

On pourrait en dire autant des canaux de dérivation de Gignac dans THéraulti d'Âlaric et de Ganet dans l'Aude, du Tech et de la Tet dans les Pyrénées - Orientales, et d'une manière générale de tous les départements où il est possible d'utiliser pour l'irrigation les cours d'eau qui les traversent.

Pendant qu'on perdait ainsi et qu'on perd encore un temps précieux, le Phylloxéra poursuit toujours son œuvre dévastatrice en détruisant nos vignobles; dont une partie aurait pu être conservée si nos viticulteurs avaient eu de Teau à leur disposition.

L'étendue des vignobles soumis à la submersion augmente d'année en année: c'est ainsi que dansle département de l'Hérault, la surface des vignes submergées, qui était de 3,612 hectares en 1884, s'est élevée à 3,990 hectares en 1885. Elle à atteint 4,349 hectares à la fin de 1886, dont 2,887 pour l'arrondissement de Béziers et 1,371 seulement pour celui de Montpellier.

Les surfaces traitées par l'irrigation n'ont pas suivi la même marche ascendante. De 2,284 hectares en

1884, elles n'étaient plus que de 2,2 13 hectares en

1885. Cette année le chiffre s'est réduit et n'est plus, àlafln de 1886, que de 2,172 hectares, dont 1,851,

Sahdt, 3« édit. 41

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c*est-à-dir6 la presque totalité» dans rarroDdissement de Béziers, et 94 seulement dans rarrondissemeot de Montpellier.

D'après M. Faudrin, 4,674 hectares de vignobles seraient soumis à la' submersion dans le département des Bouches-du«Rhône, mieux partagé que l'Hérault sous ce rapport, en ce qu'il possède des canaux dérivés de la Durance ou du Rhône et les terrains du Delta de la Camargue qui sont en grande partie facilement submersibles.

La surface de vignobles submergés dans la Gironde s'élève, d après M. Vassillière, à 7,508 bectares, ce qui est probablement le chiffre le plus élevé de tous les départements français.

Les riverains du Vidourle et du canal de Beaucaire submergent aussi dans le Gard pas mal de vignobles. Dans le département de l'Aude, les rivières ainsi que le canal du Midi fournissent les eaux nécessaires à d'assez grandes surfaces submergées. Il en est de même dans plusieurs autres départe- H^ents, mais je n'ai pas sous la main des documents statistiques suffisants pour en indiquer les chiffres exacts.

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