SULFURE DE POTASSIUM
La Commission ministérielle du Phylloxéra, qui fonctionne à Montpellier depuis 1868, ayant établi son champ d'expérience au mas de Las-Sorres, es« saya comparativement plus de douze cents procédés par les soins attentifs de MM. Durand et Jeannenot, professeurs à l'École d'Agriculture et secrétaires de ladite Commission.
Parmi les carrés en expérience, celui traité par le sulfure de potassium fourni par M. Hugounenq, de Lodève, a été Tun de ceux qui se sont le mieux reconstitués. Les 25 pieds de Vigne presque mourants qui avaient été soumis à ce traitement insecticide se reconstituèrent peu à peu et redevinrent, après quelques années, d'assez bonnes souches fournissant convenablement du bois et du fruit. M. Michel Fermaud, propriétaire du sol du champ
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d'expérience, frappé de ce résultat, eut l'idée d'appliquer à la totalité de son vignoble ce moyen curatif, et il a pu ainsi conserver ses vignes jusqu'à présent en assez bon état, quoique après des alternatives d'affaiblissement passager et de relèvement relatif. Son beau-frère, au contraire, qui avait eu en partage une autre partie du vignoble de la même propriété située tout à côté et dans un sol de nature analogue, mais qui n'employait pas le même procédé, avait été obligé d'arracher ses vignes il y a déjà plus de dix ans.
On voit, d'après cela, que bon nombre de vignobles placés dans des conditions similaires auraient pu, de la même manière, nous être conservés jusqu'à présent si on les avait traités par le sulfure de potassium.
BADIGEONNAGKS.
M. Boiteau et M. Balbiani ont recommandé l'un et l'autre le badigeonnage des souches pour la des. truction de l'œuf d'hiver du Phylloxéra. Los expériences faites sur plusieurs points ont donné sous ce rapport d'excellents résultats. Il en est de même de celles que M. Prosper de Lafitte a poursuivies de son côté dans l'Agénais, d'après les indications de
M. Balbiani. Elles démontrent que le badigeonnage est un moyen efficace pour préserver les vignobles encore sains des attaques futures du redoutable aphidien.
D'autre part, les recherches de MM. Balbiaoi, Henneguy et Valéry Mayet, ainsi que les expériences de La Paille et de Nérac prouvent que les galles phylloxériques ont pour origine Tœuf d'hiver. Elles indiquent qu'il y aurait avantage à détruire ces galles au fur et à mesure qu'elles se montrent. Par cette suppression, on empêcherait, de plus, les insectes sortant de ces galles d'être emportés par le vent, et Ton restreindrait ainsi les inconvénieols de ce moyen d'invasion à distance.
Dans Tétat actuel de la question, le badigeonnage peut être considéré comme un moyen préveotif dont Tefficacité est aujourd'hui reconnue. On ne saurait trop le recommander aux viticulteurs des déparlements qui commencent à être atteints ou qui sont voisins d'arrondissements déjà infestés. S'ils veulent avoir des notions exactes sur le badigeonnage, ils pourront recourir aux rapports très précis de M. Balbiani et de M. Henneguy, qui contiennent des instructions pratiques sur la manière d'opérer. Ils trouveront aussi des détails fort intéressants dans les publications de M. Prosper de Laâtte, et particulièrement dans le BulleHn de 1886 du Comité central d'études et de vigilance du département de Lot-et-Garonne.