RECONSTITUTION DES VIGNOBLES
de revendiquer la plus large pari dans les recherches qui ont été poursuivies avec une très grande persévérance.
C'est d'abord à M. Laliman, de Bordeaux, que revient l'honneur d'avoir le premier, au Congrès vinicole de Beaune, c'est-à-dire dès 1869, appelé Tattention sur la résistance au Phylloxéra des vignes américaines. Puis, un peu plus tard, un savant éminent, M. Planchon, dont la compétence fait autorité, avait reçu du Gouvernement et de la Société centrale d'Agriculture de l'Hérault la difficile mission d'aller étudier sur place cette question très compliquée, dans les vignobles des États-Unis. A son retour, il rendit compte de tout ce qu'il avait observé, émettant ses plus judicieux avis et fournissant des indications précieuses qui ont servi de guide dans les recherches à faire, en montrant la voie dans laquelle il a été bientôt suivi. Les principaux viticulteurs de notre région se sont immédiatement mis à l'œuvre, et ont entrepris la plantation et la culture de quelques-uns des cépages recommandés alors comme les plus estimés dans les vignobles des États-Unis d'Amérique.
De nombreux faits intéressants résultent de cette expérience longuement poursuivie, et on est aujourd'hui à peu près fixé sur quelques points importants.
Mais, on peut le dire, il est à craindre que, dans le commencement de l'étude de cette question, d'une importance pourtant capitale pour notre pays,
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on n'ait pas suivi une méthode suffisamment rationnelle d'expérimentation. Il n'en est pas de même de nos jours, je me hâte de le reconnaître : on peut trouver actuellement, soit à l'École d'Agriculture, soit au mas de Las-Sorres, soit encore chez quelques propriétaires intelligents, des expériences souvent établies avec beaucoup de soin, qui sont déjà fortinstructivesetqui le deviendront encore davantage par la suite.
Je suis heureux de saisir cette occasion pour rendre justice à Tintelligente initiative de M. Foêx, le zélé et très actif directeur de notre École d'Agriculture de la Gaillarde, qui a été bien secondé par quelques-uns de ses plus dévoués collaborateurs. Grâce à la louable persévérance avec laquelle cette étude a été poursuivie, il a été disposé à TÉcole d'Agriculture une collection nombreuse de cépages qui a déjà fourni un enseignement précieux et dont on retirera certainement, par la suite, des résultats pratiques fort intéressants. Il en est de même des collections de vignes américaines établies au mas de Las-Sorres, et à TAiguelongue, l'une et Tautre près de Montpellier, ; elles ont été installées sur ces deux points par la Commission départementale du Phylloxéra grâce aux soins intelligents et dévoués de ses secrétaires, MM. les professeurs Durand et Jeannenot, deux des membres les plus actifs de cette Commission.
Au commencement, pendant les premières an-