TAYLOR ET HARTFORD
qualités d'an excellent porle-greffe, ainsi que l'avait coostalé M. Foëx dans les Réunions viticoles, et ainsi que j'ai pu m'en rendre compte moimême.
On a cité souvent aussi, comme très remarquables, les plantations de Taylor efFecluées en 1873 chez M. JuUian, à Villeneuve -les-Maguelone, et greffées peu de temps après en Chasselas de Fontainebleau, en Aramon et en Cinsaut, qui se sont conservées jusqu'à présent en parfait état de végétation. C'est également le Taylor qui a été surtout adopté par M"** la duchesse de Fitz-James dans les plantations de son immense dopiaine de Saint- Bénézet, où cette intelligente et intrépide novatrice a créé le plus vaste vignoble de cépages américains qui existe aujourd'hui dans le monde entier.
On avait observé que, sur beaucoup de points, le Taylor s'était montré sensible aux attaques du Phylloxéra, et à une époque où l'on se préoccupait aniquement de la résistance à ce redoutable Aphidien, ce fait, une fois constaté, était de nature à nuire beaucoup à la propagation de ce cépage. Aujourd'hui qu'on est revenu, sur cette question, à des idées plus exactes, on reprendra probablement les expériences interrompues. On retrouvera dans le Taylor, au moins pour les terrains où il prospère convenablement, un porte-greffe qui en vaut bien nn autre, et qui s'est montré moins difficile que le Hiparia sur la nature du sol. Pourtant on a signalé
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quelques exemples dans lesquels la fructification laisserait à désirer, et d'autres aussi dans lesquels la greffe ne se conserverait pas longtemps et dépérirait au bout de quelques années.
Quant à Y Hartford' s Prolific^ son règne n'a pas été de longue durée. Recommandé d'abord comme résistant, ce cépage, dont la végétation était très vigoureuse, n'a pas répondu à Tattente de ses propagateurs, et son nom n'a pas même été prononcé dans les séances des derniers Congrès viticoles.
Il appartenait au groupe desJLabrusca, comme le Catatuba, dont les viticulteurs des États-Unis obtenaient un vin mousseux comparable, disaient-ils, à nos meilleurs vins de Champagne, et comme aussi VIsabellaj qui était répandu dans tous nos jardins d'Europe et même dans la plupart des vignobles où Ton avait essayé un peu partout sa culture, à Tépoque de VOïdinm. Vlsabella était très fertile et sa végétation très vigoureuse ; ce cépage avait de plus le mérite de prospérer dans presque tous les terrains, mais son vin présentait ce goût j foxé, auquel on avait de la peine à s'habituer.
Je n'avais jamais pu réussir à faire aucune boisson réellement potable avec les raisins (ïlsabella que je récoltais sur les pieds de ma collection. Le vin de ce cépage récolté à Aresquiés, et que m'avait fait déguster mon excellent ami Gazalis-Allut, il y a déjà fort longtemps de cela, présentait bien toujours ce goût framboise généralement peu apprécié,