TAYLOR ET HARTFORD* S PROLIPIC
Hais s'il est un cépage discuté par excellence, c'est certainement le Taylor^ appelé aussi BullU par les Américains. Recommandé comme une variété ou forme du Vitis cordifolia^ se rapprochant par certains de ses caractères de la forme décrite sous le nom de vais riparia^ le Taylor a été trouvé à l'état indigène, d'après le D"" FuUer, le long delà chaîne des monts AUeghany, depuis l'extrémité sud de l'État de New- York jusque dans TAlabama. Ce cépage a paru d'abord, à certains égards, préférable au Clintony dont il offre quelques-uns des caractères essentiels.On avait remarqué qu'il était généralement plus rustique que ce dernier, qu'il était surtout moins difficile sur la nature du terrain et que son bois, étant plus gros, offrait plus d'avantages pour être bouturé, comme aussi pour être greffé ; de plus, son feuillage, plus ample, était moins exposé à se griller, et les rameaux, par conséquent, moins enclins à se défeuiller.
Maison reconnut bientôt que le Taylor se montrait sujet à la coulure et que, par suite, sa fertilité laissait beaucoup à désirer. Gomme, de plus, le vin produit par ce cépage était peu abondant et même de médiocre qualité, on dut renoncer à sa culture comme
producteur direct^et on pensa devoir Tutiliser comme porte-greflTe. D'ailleurs le Taylor présente peut-être à un plus haut degré encore le défaut déjà signalé chez le Clinton. A l'état de franc de pied, il nourrit de très nombreuses galles phylloxériques, et il y aurait inconvénient sous ce rapport à le cultiver pour la production directe.
Le Taylor a montré généralement une aptitude particulière à recevoir la greffe ; on peut voir un peu partout des exemples remarquables de réussite dans son greffage et surtout, ce qui est plus important, dans la conservation du greffon pendant longtemps en bon état de végétation et de fructiâcation. Chez M. Alfred Bouscaren, au Terrai; chezM.Ghampin, de la Drôme ; chez M. E. Courty, à Saint-Georgesd'Orques, et dans un assez grand notnbra d'autres vignobles, on voit des plantations bien réussies dans lesquelles le Taylor ^ greffé en cépages européens, s'est admirablement bien comporté et a donné d'excellents résultats.
Dans les expériences comparatives de greffages établies avec beaucoup de soin au mas de Las- Sorres, le Taylor s'est montré un des meilleurs porte-greffes parmi tous les cépages américains. Par l'examen très attentif que j'en ai fait, ce cépage me paraît devoir, comme mérite, être classé sous ce rapport à l'un des premiers rangs, et se comporte là beaucoup mieux que le Riparia. A l'École d'Agriculture, le Taylor a montré aussi toutes les