CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
da plant ancioD et la reconstitution du vignoble par la plantation du cépage nouveau. Elle réussissait généralement très bien, même quand on l'opérait sur des souches très vieilles, souvent peu saines et dont la tige était quelquefois désorganisée presque entièrement par la décomposition de la partie interne du tronc ; quelquefois même les pieds n'avaient plus guère de vivant que l'écorce et une mince couche de bois.
On greffait un peu en contre-bas du sol, comme rindique la âg. 6.
Souvent le greffon s'affranchissait, et on ne s'en préoccupait pas beaucoup, les racines qu'il émettait aidant à augmenter sa vigueur ; on ne voyait guère, malgré cela, se produire les accidents constatés récemment sur le greffage des Riparia en cépages européens^ et attribués, sans trop de raison apparente, à l'imprudence qu'on aurait commise en laissant développer les racines sur le greffon. Il y a quelques années à peine, alors qu'on greffait les vignes américaines sur nos vignes européennes dans le but de les multiplier plus rapidement, on laissait à dessein le greffon s'affranchir et on provoquait même cet affranchissement ; néanmoins l'opération réussissait tout de même, et le greffon ne paraissait pas trop s'en ressentir.
Il en a été de môme quand on a commencé à greffer nos cépages européens sur vignes américaines. Généralement, on ne s'était guère préoccupé non
plus d'enlever les jeunes racines qui se développaient à la base du greffon ; aujourd'hui on n'eu admire pas moins, un peu partout, de très belles souches américaines transformées par le grefiEage et qui ne s'en portent pas plus mal.
Mais s'il n est pas démontré que les accidents signalés dans le greffage ne sont pas dus à Toubli de cette mesure de précaution, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'on ne fasse pas bien en supprimant pendant Télé et l'automne, même à plusieurs reprises quand le besoin s'en fait sentir, les jeunes racines que le greffon peut avoir émises. Quoi qu'il en ait été dans le passé, et comme on ne doit négliger aucun moyen d'aider à la bonne réussite des greffes, je n'en considère pas moins comme une chose recommandable de pratiquer ce détail de l'opération du greffage, qui constitue un réel perfectionnement, d'une utilité incontestable.
Actuellement qu'il s'agit de reconstituer nos vignobles disparus, l'opération du greffage consiste à prendre pour sujets porte-greffes les espèces américaines reconnues comme résistantes aux atteintes du Phylloxéra ; nos viticulteurs utilisent ainsi cette résistance des racines pour faire développer et fructifier nos cépages européens, qui ne tarderaient pas à dépérir s'ils étaient obligés de se contenter de leurs propres racines, attaquées bientôt par le Phylloxéra.
Il serait inutile d'insister sur une chose que tous
COIfSIDÈRATIONS GÉIfÉRALBS. 185
nosyigneroQS connaissent aujourd'hui parfaitement, de même qu'il n'est pas nécessaire de décrire ici les nombreux procédés de greffage plus ou moins usités dans nos vignobles.
Pour ceux qui désireraient avoir de plus amples renseignements sur la pratique générale du greffage, je ne saurais mieux faire que de les renvoyer à la 3™ édition de VArt de greffer, publiée par M. Charles Baltet. J'ai rendu compte de cet ouvrage très remarquable dans un rapport dont la rédaction m'avait été confiée par la Société centrale d'Agricoltare de l'Hérault, et j'ai appelé plus particulièrement l'attention sur la partie qui traite du greffage de la Vigne au point de vue de la reconstitution de nos vignobles.
Quant à ceux, et c'est évidemment le plus grand nombre, qui désireront étudier la question du greffage particulier de nos variétés européennes sur les vignes américaines, ils trouveront des notions très exactes sur ce sujet, d'abord dans l'excellent Manuel duGreffeur de Vignes, par M. Victor PuUiat, professeur de Viticulture à rinstitul agronomique ; ensuite dans le Petit Manuel à l'usage des Viticulteurs, qu'a publié le Comice agricole de Béziers ; enfin dans l'instructive Notice sur le greffage des Vignes amé^ ^icaines^ dont le jeune auteur, M. G. Gazeaux-Gazalel, propriétaire à Loupiac et secrétaire du Gomice agricole de Cadillac (Gironde) , est déjà fort compétent dans la question du greffage parce qu'il en a fait lob-
SàHUT, 3« édit. 13
jet d'une étude très approfondie. Ils pourront aussi consulter avec profit une intéressante brochure que M. Joseph Daurel, le sympathique Président de la Société d'Horticulture de la Gironde, a publiée sous ce titre : Quelques mots sur les Vignes américaines, leur greffage, etc., ainsi que le Traité théorique et pratique du greffage de la Vigne. Le spirituel auteur de ce dernier ouvrage, M. Aimé Ghampin, est un spécialiste des plus compétents dans tout ce qui a rapport aux vignes américaines, et sa parole autant que ses écrits font aujourd'hui autorité dans cette question. Ils trouveront enfin des renseignements très utiles dans la brochure qui rend compte des Conférences pratiques sur le greffage des vignes américaines faites à V amphithéâtre de V École d* Agriculture les 3 et 4 mar^ 1879, ainsi que dans le /ït?sumé des leçons pratiques sur le greffage des vignes américaines organisées à V École d'Agriculture lesS^ 9 et 10 war^ 1880.
Ces deux dernières brochures, qui traitent cette question d'une manière très complète, ont été publiées par les soins de la Société centrale d'Agriculture do l'Hérault ; elles fournissent toutes les indications pratiques les plus utiles pour effectuer dans de bonnes conditions l'opération du greffage sur vignes américaines.
On pourrait également consulter avec non moins de profit les comptes rendus des autres réunions viticoles tenues pendant ces dernières années, soit à