LEUR CULTURE
apprendre,parce qu'on ne les connaissait pas encore, l'expérience ne l'a que trop bien démontré. Puis venait, avec tout son cortège de conséquences, la question encore plus compliquée du greffage ; elle ne manquait pas, celle«là aussi, de fournir de nombreux points d'interrogation, dont quelques-uns, il est vrai, ont trouvé déjà leur réponse, mais qui laisse encore beaucoup de détails importants à élucider, et nous ménage peut-être, par la suite, quel* ques autres surprises désagréables*
On voit déjà, par ce rapide exposé, que cette question était moins simple au fond qu'elle n'en avait l'apparence tout d'abord, et aujourd'hui qu'il faut compter avec les difficultés de cette entreprise, on n'a pas de peine à reconnaître qu'elle est pleine de complications auxquelles on n'avait pas songe et dont on ne se doutait môme pas. En se lançant imprudemment dans des plantations en grand sans les avoir fait précéder par des expériences préalables, on allait un peu à l'aventure, commençant par où l'on aurait dû finir et s' exposant ainsi à finir par où l'on aurait dû commencer.
En agissant ainsi, on procédait, qu'on me pardonne la comparaison, comme un architecte qui ferait édifier une maison sans plan arrêté d'avance, sans même avoir songé à l'alignement, et qui s'apercevrait après coup, avec stupéfaction , qu'il est obligé de remanier son ouvrage, peut-être même de le reconstruire entièrement.
16 VlGNEt; AMKaiGAlN£S.
Mais nous n^en sommes pas oocore tout à fait là, et s*il y a malheureusement à regretter de trop nombreuses fausses manœuvres et beaucoup de temps perdu, alors que le temps dans des entreprises de cette importance se traduit par une perte d'argent considérable, les expériences, très coûteuses parce qu'elles ont été faites trop en grand, dont nous commençons à constater les résultats, permettent d'espérer, dans l'avenir, une solution satisfaisante. Il se dégage, en efiFet, des observations déjà recueillies, beaucoup de faits acquis, permettant de se guider en déblayant un peu le terrain au fur et à mesure qu'on avance dans l'étude de cette question.
On peut entrevoir déjà que les nombreux autres points non encore éclaircis ne tarderont pas à sortir du domaine de Texpérimentation pour entrer dans celui de la pratique, grâce aux expériences en cours, qui se font un peu partout et qui sont aujourd'hui en bonnes mains.
Il n'y a donc pas à se décourager, même en présence des insuccès partiels qui ont été constatés jusqu'ici, ces insuccès deviendraient-ils encore plus nombreux ; mais on ne saurait par cela môme agir avec trop de prudence, dans les nouvelles plantations à faire, pour éviter de retomber dans les mômes fautes.
Il restera certainement encore beaucoup de choses à apprendre et un plus grand nombre de diffi-