AFFINITÉ DANS LE GREFFAGE
meot, en fournissant une abondante fructification. C'est que, dans ces variétés, le sujet porte-greflFe et le greffon appartenaient Tun et l'autre au Vitis vini^ fera^ c'est-à-dire à la môme espèce botanique. Il y a là UD fait absolument acquis, car il est constaté par des expériences ayant aujourd'hui une durée presque séculaire, qui peuvent en témoigner sans laisser le moindre doute à cet égard.
2* Par contre, et toujours d'une manière générale:
Quand le sujet et le greffon appartiennent à des Espèces différentes^ Vopération du greffage peut souvent réussir tout de même mais^ n'offre pas toujours au garanties absolues de conservation et de durée.
On rencontre quelquefois en eflFet des espèces appartenant au même Genre botanique, qui ne peu* vent néanmoins se comporter longtemps ensemble quâud elles sont greffées l'une sur l'autre. Ainsi, par exemple, le greffage du Cerisier de Sainte-Lucie [Çerasus Mahaleb Mill.) ne réussit sur aucune autre espèce de Cerisier ; il en est de même du Pommier [fyrus malus L.), qui ne reprend pas quand on le greffe sur le Poirier {Pyrus communis L.). Pourtant ces deux espèces appartiennent botaniquement l'une et l'autre au même Genre Pyrus, et on pourrait citer quelques autres exemples de même nature.
En appliquant à la Vigne cet autre principe général, on s'aperçoit bien vite qu'on ne saurait avoir la même certitude dans le succès et l'avenir de l*opération, maintenant qu'il s'agit de greffer nos
198 GRUPFAOE.
cépages européens sur les vignes américaines. Ici, en effet, le sujet et le greffon n'appartiennent pas à la mémo espèce botanique, car, le greffon étant toujours pris sur les variétés du Vitis vinifera^ le sujet, au contraire, appartiendra à Tune des espèces américaines : Vitis riparia^ V. xsiivalis^ \. rupestris, V. Sohnis, K. cordifolia^ F. candicans^ V. monticola, ou toute autre encore.
Le greffage, dans ce cas, ne présente pas, au moins théoriquement, les mêmes garanties de réussite et surtout de durée. Les chances de Topération peuvent donc par ce fait être diminuées ; le greffage se produit alors entre espèces différentes ne pouvant avoir entre elles les mêmes affinités qu'avaient les uns pour les autres nos cépages européens quand ils étaient greffés entre eux.
Il arrive parfois qu'en intervertissant la position du sujet et du greffon, le greffage est alors possible. Ainsi, pour ne citer que les deux espèces ci-dessus indiquées, nos variétés de Cerisier {Cerasits avium DG.) et de Griottier (Cerasus vulgaris Mill.) réussissent très bien sur Cerisier de Sainte-Lucie ; nos nombreuses variétés de Poirier reprennent également par la greffe sur le Pommier. Dans chacun de ces cas, le résultat est donc absolument différent, selon que la même espèce est prise pour sujet ou pour greffon.
Il y a là une bizarrerie physiologique qu'il serait intéressant d'étudier avec attention ; elle constitue