AFFINITÉ DANS LB GREFFAGE
n'est pas suffisante pour assurer à la greffe une dorée convenable ; chez celles-ci pourtant, l'opération du greffage par elle-même réussit admirablement, mais ses effets ne se conservent pas longtemps. Il sera utile d'en citer quelques exemples intéressants.
Le greffage de la Bignone de Virginie (Tecoma radicans Juss.), de la famille des BignoniacéeSj cette jolie plante grimpante à fleurs rouges qui se trouve dans la plupart de nos jardins, réussit très bien quand on Topère sur le Catalpa commun [Ca^ UUpa bignonioldes Walt.), une autre espèce de la même Famille, mais appartenant à un Genre très Yoisin. LfOS greffes se comportent admirablement pendant une, quelquefois deux ou trois années, et durent rarement davantage; leur végétation, d'abord très remarquable, s'affaiblit peu à peu, et les greffons ne tardent pas à dépérir.
Le résultat est à peu près le même dans le greffage du Châtaignier commun [Castanea vulgaris Lamark) sur le Chêne rouvre de nos bois {Quercus smiliflora Sm.), qui appartiennent Tun et l'autre à la même Famille botanique, celle des Cupulifères. On comprend facilement combien il eût été avantageux de pouvoir transformer nos Chênes communs, qui se développent si bien dans nos terrains calcaires, en Châtaigniers, qui exigent, comme on lésait, pour prospérer convenablement, la présence dans le sol d'une forte proportion de silice. Dans
Sahut, 3«é<iil. 14
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les nombreux essais de cette sorte de greffage, h soudure s'opérait toujours très bien; la végétation du greffon se montrait même très vigoureuse, ai] point que je n'ai jamais vu sur des Châtaigniers francs de pied des feuilles aussi grandes que celles des sujets greffés sur Chêne. Mais ces greffes ne durent généralement pas longtemps. Celles faites à Lattes et à plusieurs reprises sur tous les Chênes communs ainsi transformés en Châtaigniers, ont d'abord végété vigoureusement ; elles n'ont pas cependant tardé à dépérir quelquefois après la première année, souvent après la seconde, et se sont conservées rarement jusqu'à la troisième ou la quatrième année du greffage. On pouvait encore voir à Lattes, il y a quelques mois, un Chêne greffé en Châtaignier depuis cinq ans sur plusieurs de ses branches, dont les greffons avaient d'abord poussé de plus de l^jSO, et qui avait même fructifié la deuxième année après le greffage. La végétation de cet arbre, qui s'était affaiblie depuis quelque temps, n'augurait rien de bon pour l'avenir, malgré les incisions pratiquées au-dessus et au-dessous du point de soudure, ainsi que sur le bourrelet; cellesci n'avaient pu réussir à lui ramener un peu plus de vigueur. J'ai pourtant observé au Jardin botanique de Dijon un bel exemple de réussite complète dans ce même greffage de Châtaignier sur Chêne commun.
On sait que les vignes cultivées appartiennent au