SOINS APRÈS LE GREFFAGE
faire grossir et mieux nourir la base de ee même rameau, qui est destiné à former Tanûée suivante la tige elle-même du sujet.
L'opération du pincement, bonne par elle-même, n'est pas absolument indispensable, mais on fera bien néanmoins de la pratiquer, car il ne faut rien négliger de ce qui doit aider au développement faUir ainsi qu'à la bonne formation de la tige et de la charpente des pieds greffés. Elle n'entraîne pas d'ailleurs de grands frais, car un homme, en une journée, pourra probablement suffire à opérer ce pincement sur un ou même plusieurs hectares de vignes greffées. Il faudra y revenir à deux fois, car tous les pieds n'arriveront pas en même temps à la hauteur indiquée où doit se pratiquer le pincement.
Suppression des rejets et racines. — Le
greffon ne pouvant tout d'abord recevoir la totalité de la sève que fournit le sujet, si le greffage est pratique en avril ou mai, celui-ci ne tardera pas à déve* lopper des bourgeons au-dessous de la greffe; on les verra bientôt traverser la terre de la butte et apparaître tout autourde celle-ci. Il faudra tout d'abord, aufaretà mesure qu'ils se montreront, se contenter de les couper au niveau de la terre du buttage pour ne pas déranger celle-ci, ou bien aller les chercher un peu plus profondément au moyen d'uu couteau effilé, comme celui dont on se sert pour la cueillette des asperges. Il y a quelque in-
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coûvénient à arracher les rejets à la maio, en lèâ tirant à soi, parce qu'im pourrait de la sorte ébranler le greffon et déranger la soudure, qui à ce moment commence à peine à se constituer.
Le greffon étant suffisamment développé en rameau et assujetti solidement^ une preàiière'fois, au piquet-tutéùr, oti pourra découvrir la butte d'an côté, pour raccourcir de nouveau les rejets, et enlever à la main les racines encore tendres qai comiiiencerôbt à sid développer à la base du greftm, surtout si le sol est fertile et suffisamment frais. En remettant les terres en place, le buttage peut alors, sans inconvénient, ôlre réduit de moitié.
Il convient d'attendre, pour supprimer complètement le buttage jusqu'au niveau de la greffe, que le rameau développé par le greffon soit fixé par un second lien au sommet du piquet^ mais jamais avant la fin du mois d'août. A ce moment, on^fera bien d'enlever une seconde fois les racines qui pourraient se montrer encore à la base du greffon, et de couper ras tous les rejets qu'on aura seulement raccourcis jusque-là. La soudure étant alors complète, il y a tout avantage à ce que les tissus qui la composent durcissent un peu sous l'influence de l'air, en achevant de se mûrir, de manière à se trouver dans d'excellentes conditions pour supporter les froids de l'hiver suivant.
Ces diverses opérations seraient infiniment plus difficiles à exécuter, elles exigeraient beaucoup
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plus de précautions encore, si Ton n'avait pas eu le soin de placer des piquets-tuteurs au pied de chaque sujet.
Il est facile de comprendre que Taffranchissement du greffon, par l'émission des jeunes racines qui se développeront à sa base, sera beaucoup facilité par un greffage trop profond ou par une soudure imparfaite, de même que par la nature sablonneuse du sol, et surtout par les pluies qui pourront survenir au printemps et en été. L'insuffi^ce de TafiSuité spéciale pour le greffage entre le sujet et le greffon, étant un obstacle à la libre circulation de la sève à travers la soudure, favorisera aussi par cela même Taffranchissement du greffon*
On pourra se borner à enlever les racines en même temps que les buttes, dans les sols naturellement secs, et dans toutes les autres conditions où les racines ne se développent guère sur le greffon, ce dont il sera facile de s'assurer. Il en sera de même avec les porte-greffes, qui favorisent moins ce développement. Dans chacun de ces cas, on pourra pratiquer cette opération vers la fin d'août ouïe commencement de septembre, quand les effets de la sécheresse sont beaucoup moins à craindre que pendant les mois précédents.
Déchaussage et fumure. — Il serait peut-être plus sage d'attendre la deuxième année après le greffage pour déchausser et fumer les plants greffés.
Sahut, 3« é<lit. Î5
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Le aéchauifsage se pratique aprèè l«t tailto, tmisai le fait habituellement d'une dittieùsioû beaucoup plus grande que celle indiquée par la -flg.l9 (voir
'Fig, 19 — Pieds de vi^e du Languedoc taillés et déchaussés.
aussi la fig. 17, pag. 357). Si néanmoins on se décidait à le faire Tbiver qui suit le greffage, il serait toujours prudent de ne pas effectuer cette opération pendant les gelées.
Il faudra prendre soin aussi de déchausser la sou* che avec précaution pour ne pas ébranler le greffon, de placer le fumier immédiatement après, et dô remettre de suite les terres en place, en faisant un buttage partiel qui recouvre tout au moins le point de soudure. On devra profiter de cette circonstance pour faire les incisions dont il sera parlé plus loin et enlever les racines qui auraient pu se développer encore sur le greffon.
Différence de diamètre. — Sur un certain nombre de pieds greffés, mais pas sur tous également, on remarque une différence de diamètre en-
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tre le sujet et le grefibti ; chez les Riparia anrtout, eeUddifféreoce «st souvent assez accentuée, et après deux ou trois ans de greffe le sujet se montre sen* siblément plus faible que le greffon développé. Notts avons essayé d'expliquer précédemment les eoDditions physiologiques dans lesquelles se produisent les feits de cette nature, dont on s'est Ifféoecupé avec juste raison, comme d'un incon* Yéoient assez grave pour la bonne durée des greffes.
On pourrait essayer* pour corriger ou même prévenir ce défaut, de l'un des moyens suivants :
i* Faire avec la pointe d'une serpette et tout anloar du tronc du sujet » dans la partie comprise entre les racines et la greffe, des incisions longitodmales rapprochées les unes des autres, et pénétrant à travers Técorce jusqu'aux premières couches du bois, c'e3t-*à-dire en appuyant légèrement avec la main sur Tinstrument, qui ne pénétrera pas ainsi plus profondément qu'il ne faut.
Cette opération a généralement pour effet, en favorisant le développement du tissu cellulaire le long de chacune dé ces incisions, de faciliter sur ce point le transport descendant de la sève, et par conséquent d'obtenir l'effet désiré en provoquant le grossissement de la partie opérée.
2* On peut arriver d'une autre manière à obtenir un résultat analogue, en laissant développer nn rejet immédiatement au-dessous de la greffe. Il retiendra tme partie de la sève, dont profitera le
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sujet au détriment du greffon , et tendra ainsi à ramener l'uniformité entre le diamètre de chacon d'eux.
3* On peut obtenir encore plus sûrement le même résultat, si Ton s'en préoccupe au moment de la plantation, en opérant de la manière suivante : au lieu de planter telle quelle la bouture de Riparia^ on enlève avec un couteau les yeux de la partie de la bouture qui doit être mise en terre. Cette ablation doit se faire avant la plantation, et elle a pour effet, comme on le sait, de même que les incisions avec la pointe d'une serpette ou Tenlèvement de l'épiderme à la base de la bouture, de favoriser le développement des racines.
Le plus bas des yeux ainsi conservés devra être placé, en plantant, au niveau même du sol, et on le laissera se développer en même temps que celui ou ceux qui seront au-dessus. L'hiver d'après, on ne se préoccupera pas autrement des rameaux développés par les yeux supérieurs, mais seulement de celui obtenu par l'œil inférieur, qui se trouvera placé, ainsi que nous venons de l'expliquer, à la surface du sol. Il faudra que ce rameau soit taillé court, presque ras, de manière à ce que les yeux de sa base puissent donner naissance à un ou deux bourgeons au printemps suivant, et on greffera immédiatement au-dessus de son point d'insertion sur la tige. Après le greffage, on laissera développer sur le sujet et de ce même point, comme il vient